Il y a d’abord eu la sortie de Dead Rising 2, précédée d’un chapitre inédit à télécharger sur consoles. Puis, le comic en ligne tiré de Left 4 Dead qui annonce la prochaine extension du jeu. Notons au passage qu’il est dessiné par l’excellent Michael Oeming (Powers édité en France pas Panini Comics). Enfin, on a encore sur nos tables de chevet Zombillenium, l’édition reliée parue chez Dupuis de la dernière BD d’Arthur de Pin.

Le constat est sans appel. Cette année, certains iront chasser le sanglier. Pour d’autres, ce sera la saison du zombie. Car la pandémie s’étend à tous les domaines culturels : actualité jeux vidéo mais aussi ciné, comics, et télé. Et cette icône de la culture pop nerdy, autrefois réservée au cinéma de genre et aux jeux ultra sanglants n’appartient plus qu’aux geeks. Aujourd’hui, tout le monde veut sa part du cadavre.

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Illustration tirée de Tokyo Zombie, de Yusaku Hanakuma


// Arty (et un peu trash aussi)

Heureusement cet amour vivace pour le pas-vraiment-mort permet aussi l’édition d’œuvres originales. Et mon coup de cœur de la semaine, c’est Tokyo Zombie, un manga de la fin des 90′s enfin édité en France par les talentueuses éditions IMHO. Après un inédit de Junko Mizuno (Pilou l’Apprenti Gigolo) et un album pour enfants par 326, graphic designer de Guitaroo Man (Kû et Kaï, Deux Vrais Héros), la maison d’édition s’attaque à l’horreur à la japonaise. Tokyo Zombie aborde le mythe avec un humour tout nippon. On suit Fujio et Mitsuo, deux garagistes experts en jiu-jitsu qui vont enterrer le cadavre de leur patron dans une montagne de déchets radioactif. Manque de pot, la pollution entraîne la naissance d’une armée de zombies affamés… L’œuvre fourmille de clins d’œils à la culture zombie et de gags plutôt barrés, à l’image de cette femme qui se débarrasse de sa belle-mère en la décapitant. Le trait, hérité d’un style faussement maladroit très apprécié au Japon (heta uma), confère à l’ensemble un parfum très pulp : potache, extrêmement cru et parfois poétique.

// Calendrier de l’avant-pocalypse

Et puis de la cervelle crue, on va en bouffer surtout dans les semaines à venir. Le mois d’octobre sera putride ou ne sera pas. On débutera donc avec un peu d’art. Du 5 au 31 octobre l’expo Zombies !, du collectif d’artistes CFSL se tiendra à l’espace culturel Les Furieux, à Paris. Suivra la Zombie Walk parisienne, le 16 octobre. Prévoyez maquillage sanguinolent, herbes à chat et spray de soin, les rues de la capitale seront infestées d’enthousiastes morts-vivants. Le 31 octobre débutera aux Etats-Unis la très attendue série The Walking Dead d’après le comics éponyme. Courant 2011, on attend avec une impatience modérée l’adaptation d’Orgueil et Préjugés et Zombies, produite par Nathalie Portman (qui incarnera aussi l’héroïne). Pour finir, je vous conseille de taper « zombie » dans le moteur de recherche d’Amazon, rubrique « books in english », juste pour rigoler. Mon coup de cœur va au livre de cuisine  Zombies Cupcakes ; la star de la pâtisserie anglo saxonne popularisé par la série Sex and the City fait ici les yeux doux à notre symbole mort de la société de consommation décérébrée. Une jolie conclusion, non ?

// Flash info (« Décapitez-les ! »)

On apprend à l’instant que Tokyo Zombie est repoussé au mois d’octobre. Pour patienter, et toujours dans la veine arty, je vous conseille un bouquin plus tout jeune qui m’avait été recommandé par un master geek : Joe Madureira. Une rencontre qui m’a fait couiner comme un cageot de quinze ans à un concert de Justin Bieber. Bref, ça s’appelle Zombie Haïku. Comme son nom l’indique, c’est un recueil de poèmes japonais qui suit le code ancestral (par le pouvoir du crâne…) des trois vers de cinq, sept et cinq syllabes. Ces Zombie Haiku sont rédigés par un homme infecté. On suit la déliquescence de son humanité à travers une journée d’apocalypse zombiesque : drôle et gore. J’adore particulièrement le passage avec sa maman…