On a longtemps pensé que les séries fantastiques péchues, les super-héros vraiment charismatiques et les conspirations bien prise de tête étaient réservés aux séries américaines. Bah oui, eux, ils ont X-Files (plus parano tu meurs), Battlestar Galactica (plus épique tu piques), et tout récemment l’excellent The Walking Dead (plus gore… là je ne vois pas). Et nous ? Franchement, à part Mimie Mathy en ange gardien – ça, ça fait vraiment flipper – on n’a pas grand-chose à se mettre sous la dent. Mais consolons-nous, déjà parce que The Walking Dead saison 1 ne dure que six épisodes. Dans un mois, les américains sevrés seront aussi frustrés que nous et on n’en parlera plus. Et surtout parce qu’au pays du camembert aussi, on sait faire de bons shows. Nerdz, la Flander’s Company, Le Visiteur du Futur, ces mini-séries chargées en références cultes et en rayons gamma affichent une identité unique, en marge d’un paysage télévisuel français pas toujours folichon.

series culutureG Culture G(eek) : Mini séries, elles ont tout des grandes !


Si ces mini-séries apparaissent petites par leur durée – chaque épisode excède rarement les dix minutes – elles sont bien plus grandes par leur actualité. Le 19 novembre prochain seront diffusés sur Nolife et sur Ankama les deux premiers épisodes de la quatrième – et dernière – saison de Nerdz, la sitcom qui égratigne férocement les « nolife », mais aussi les gens normaux. La toute jeune série de Science-Fiction Le Visiteur du Futur quant à elle, démarrait sa deuxième saison la semaine dernière sur Nolife et Dailymotion. Enfin, les super-vilains de la Flander’s Company se font attendre. Alors que le tournage de la quatrième saison est tout juste commencé, les anciens épisodes sont rediffusés sur la chaîne Kaze TV et toujours disponible sur Wat.

// Do It Yourself

Pas de pétrole mais beaucoup d’idées, c’est un peu ce qui caractérise ces créateurs biberonnés à la culture geek. A l’origine un constat simple : si les ricains peuvent parler de tout ce qui leur plait, et en faire un succès, pourquoi pas les frenchies ? Le format court et comique est une conséquence directe de budgets limités. Mais cette contrainte de temps et de ton devient rapidement la force de ces courts programmes. Nerdz fait dans la tranche de vie grinçante et l’auto-dérision : ses créateurs complètement barrés, Davy Mourier, Didier Richard et Monsieur Poulpe sont des geeks avérés qui reprennent tous les codes d’une communauté pour mieux s’en moquer. Ils narrent le quotidien de quatre colocataires à peu près normaux : un intello anarchiste, une nunuche sexy, un gamer post-adolescent et son meilleur pote attardé. Flander’s Company joue la carte de la parodie en imaginant l’envers du décors des comics. Cette entreprise imaginée par Ruddy Pomarede fournit des super-vilains pour les héros du monde entier, et les nombreux entretiens d’embauche qui y ont lieu servent de prétexte aux premiers épisodes. Très vite, la série gagne en envergure et dès la deuxième saison étoffe son intrigue en y introduisant toutes les notions essentielles de la culture comics : une Némésis, des combats… Une évolution que l’on observe aussi dans Le Visiteur du Futur. Pour limiter les coûts, François Descraques décide de créer une série de SF dans laquelle le héros viendrait du futur. Pas de sabre laser ni de voiture volante donc, les premiers sketches reposaient uniquement sur le comique de situation. C’est l’engouement des internautes à vite encouragé ses créateurs à… Sauver la Terre de sa destruction (plusieurs fois par jour de préférence) !

//Success Story

Et pourtant, ces histoires créées avec trois bouts de ficelle et beaucoup de passion (et pas mal de post prod…) rencontrent un succès inattendu. Sorties en DVD chez Kaze pour Flander’s Company et Nerdz, séances de dédicaces lors de salons ou d’événements dédiés, projections en avant-première et hordes de fans parfois déguisés… C ’est à se demander si l’absence parfois criante de moyen et une diffusion d’abord confidentielle ne leur ont pas finalement rendu service. Car qui dit argent, dit pression. Or, les créateurs de ces feuilletons auto-produits ont clairement eu carte blanche. On n’imagine pas une seconde France Télévision valider l’épisode le moins trash de Nerdz : la série est totalement no-limit, les répliques crues et cul annonçant des situations parfois carrément glauques. Même refus du politiquement correct chez Flander’s Company, où la violence fait partie d’un quotidien sanglant mâtiné de références crypto-gay totalement assumées. La liberté de ton, c’est ce qui caractérise ces nouvelles petites productions. La proximité aussi, pour des raisons évidentes : les fans se sentent plus proches de ces acteurs parfois amateurs qui leur ressemblent bien plus que des stars américaines. Finalement, ces mini-séries ultra générationnelles, ce sont un peu celles qu’on aurait tous aimé faire, mais dont on a seulement rêvé. Jusqu’à ce que quelque fous d’imaginaires décident de donner vie à leurs fantasmes de nerds, et exaucent ainsi nos vœux.

Pour regarder les Teaser de chaque série, c’est par ici :
NerdZ – Teaser Saison 4
Flander’s Company – Teaser DVD Saison 3
Le Visiteur du Futur – Teaser Saison 2