Présenté comme le compact à objectif interchangeable avec flash le plus petit du monde par Panasonic, certains ne seront pas forcément d’accord, surtout depuis le NEX-5 de Sony. Dans tous les cas, voici le successeur du Lumix GF1, le Lumix GF2. Le GF1 avait marqué les esprits en étant le premier compact hybride avec un capteur Micro4/3 et des contrôles dignes des réflex. Le capteur est certes plus petit qu’un capteur APS-C mais c’est tout de même mieux que les capteurs de compacts.

Panasonic a donc choisi de remettre au goût du jour son GF1 avec un GF2 qui se retrouve beaucoup plus orienté grand public. Les succès de ses concurrents directs, les NEX-5 de Sony, E-PL1 d’Olympus ne sont sans doute pas étranger à ce virage pris par Panasonic. Les professionnels regretteront sans doute les contrôles du GF1 mais pour le grand public, il va sans dire que la nouvelle orientation de la marque japonaise devrait plaire aux plus grand nombre.


Attention, ce test n’est pas un test technique, c’est surtout et avant tout un test utilisateur.

Pour le physique

Au niveau du boîtier, alors que le GF1 était déjà assez compact, le GF2 s’offre le luxe de l’être encore plus et ce, même par rapport à la concurrence directe chez Olympus. Par rapport à un NEX-5, si le boîtier nu est plus gros, avec le pancake 14mm F2.5, il devient plus compact. Certes, on parle de millimètres et personne ne verra vraiment la différence à l’oeil nu mais soyons précis. On notera de plus que le GF2 propose un flash intégré, ce qui n’est pas le cas du NEX-5. Pour ce qui est de la finition, le boîtier est en métal et bien fini, le tout respire la solidité. Petit bémol concernant la position de la vis pour le trépied, il vous faudra retirer l’appareil si vous voulez récupérer l’accès à la carte mémoire ou à la batterie, dommage.

L’écran tactile

J’avais un doute concernant l’écran tactile et bien après l’avoir utilisé en tant qu’APN principal lors de mes récents déplacements comme au MWC 2011, il ne m’a pas tant gêné que ça. L’écran tactile pour faire la mise au point couplé à la réactivité de l’autofocus est très appréciable. Evidemment, il y a une question d’habitude à prendre et vous êtes en droit de douter de l’efficacité d’un écran tactile mais très honnêtement, le mélange boutons physiques et écran tactile fonctionne trèd bien, je m’y suis habitué assez rapidement en fait. La taille de 3″ pour l’écran n’est pas négligeable non plus, surtout pour revoir les photos parce qu’au niveau du menu, c’est un peu grossier. J’aurais peut-être aimé qu’il soit inclinable comme le NEX-5 mais bon, cela aurait sans doute impacté sur les dimensions du GF2.
Pour prendre des photos sur le vif, on touche là où on veut faire la mise au point et hop, c’est dans la boîte. Panasonic s’offre même le luxe de proposer des menus plutôt bien optimisés pour l’écran tactile, surtout quant on le compare à ce que proposait le G2 par exemple.
Alors oui, les puristes n’apprécieront pas forcément cet écran tactile ainsi que la perte de la molette du GF1, mais il ne faut pas oublier que Panasonic vise le grand public avec ce boîtier. D’ailleurs, pour ces derniers, je pense que ça ne sera que du positif.

Un peu de technique

Pour ce qui est du capteur, c’est le même que le GF1, on retrouve donc un capteur Micro4/3 de 12,1 Mégapixels. Pas de grand changement donc puisque les fichiers RAW donneront les mêmes résultats. Avec le nouveau processeur Venus Engine FHD, Panasonic a opéré quelques changements pour la génération des JPEG avec un résultat un peu plus flatteur et moins plat, je trouve, par rapport au GF1. Par contre, on est encore loin des résultats de ses homonymes chez Olympus.
Au niveau de la vidéo, on passe du 720p à du 1080i avec en bonus un micro stéréo. Bon, on passe du progressif à de l’entrelacé donc finalement, la résolution vidéo n’a pas changé et j’aurais tendance à conseiller un enregistrement vidéo en 720p avec éventuellement de la post-production si besoin pour du Full HD.
Pour moi, le Full HD 1080i de ce GF2 est plus marketing qu’autre chose quoique cohérent avec la cible que vise Panasonic. Sinon, pour la vidéo en elle-même, inutile de vous dire que le GF2 s’en sort très bien, la mise au point est un peu lente mais ça donne une sensation de fluidité quand vous passez d’un plan à un autre, ce qui n’est pas plus mal. On notera que la partie sonore a été améliorée avec ce micro stéréo et on l’a senti dans nos vidéos du MWC 2011 par exemple. Très honnêtement, c’est uniquement parce qu’on avait le GF1 en même temps qu’on a pu faire la comparaison. Je pense qu’on serait passer à côté si on n’avait pas les deux en même temps.
Dans tous les cas, quasiment toutes nos vidéos du MWC 2011 sur notre compte Youtube ont été prises avec le GF2, ce qui vous donnera une idée de la qualité vidéo et sonore. Et si nos vidéos ne vous suffisent pas, ce qui peut être comprehensible, il vous reste aussi cette vidéo ICI, certes commandée par Panasonic et réalisée par un professionnel de la vidéo mais avec un GF2 tout de même.

Une histoire de vitesse

Comme le reste de la gamme, l’autofocus fonctionne par détection de contraste et il faut le reconnaître, c’est très rapide ! Avec en plus de nouveaux objectifs silencieux, le tout est très agréable à l’utilisation. Je me suis souvent retrouvé à continuer d’appuyer sur le déclencheur attendant la mise au point alors que cette dernière était déjà faite. J’adore. Par contre, je n’ai pas trouvé le moyen de verrouiller l’autofocus au niveau de l’écran tactile. Du coup, si vous appuyez par inadvertance sur l’écran, la mise au point sera déplacé. Je reviens rapidement sur l’écran qui est lumineux et contrasté, ce qui n’est pas pour me déplaire. Je regrette quand même un angle de vision moindre par rapport à son prédécesseur, ce qui vous obligera à faire attention à l’exposition. Pour ce qui est du viseur électronique en option, passez votre chemin, il est mauvais mais mauvais. Pourquoi Panasonic n’a pas encore sorti l’équivalent de celui d’Olympus.

Les objectifs

Au niveau des objectifs, le GF2 est livré avec le 14-42mm ou le 14mmF2.5 ou les deux. Le 14-42mm donc l’équivalent d’un 28-84mm en 35mm et vous propose la stabilisation optique intégrée mais sans interrupteur, du coup, si vous voulez désactiver la stabilisation, il va falloir passer par le menu, dommage. J’aimais bien l’ancien 14-45mm pour cela justement. Le 14mmF2.5 donne l’équivalent d’un 28mm, ce que je trouve un chouilla trop grand angle pour la photo de rue (j’ai une préférence pour une focale de 35mm à 50mm) et pas assez grand angle pour du paysage (je préfère au moins un 24mm).
Je vous rappelle qu’Olympus utilise aussi le format Micro4/3, du coup, vous aurez une offre d’objectifs plus appréciable. Je vous conseille par exemple les 20mmF1.7 de Panasonic et le 40-150mm (Panasonic ou Olympus), ce qui vous permettra de couvrir quasiment tous vos besoins, sans compter tous les adapteurs pour les autres montures. En testant des adaptateurs pour des objectifs Leica M, j’ai trouvé que c’était plus plaisant d’utiliser un objectif à mise au point manuel sur un GF2 qu’un NEX de Sony par exemple.
Petite note sur l’objectif 3D qui donne l’équivalent d’un 65mm en 35mm et qui génère des fichiers MPO. Ces derniers ne seront visibles correctement que sur un écran 3D et oui, vous ne pourrez même pas voir vos photos 3D sur l’écran du GF2 sur lequel ces dernières paraitront floues. La résolution de 2,2 Mégapixels peut paraître faible mais ça sera largement suffisant pour les écrans 3D qui vous proposent une résolution de 1920×1080… Dommage qu’on ne puisse pas prendre de vidéos en 3D avec.

Les photos

Les photos sont propres et contrastées, le 14mm donne des résultats nets avec un bokeh passable. D’un autre côté, ce n’est pas avec un grand angle qu’on aura le meilleur bokeh, quelque soit la marque. On regrettera juste une distance de mise au point de 18cm minimum, ce qui est un peu long un peu long pour du grand angle. Comme je l’ai déjà spécifié un peu plus haut, les fichiers JPEG sont dans la lignée de ce que propose Panasonic sur ces appareils photos numériques. C’est assez subjectif en soi mais je préfère largement les algorithmes d’Olympus qui vous donne des résultats en JPEG assez irréprochables. Evidemment, en RAW, l’avantage d’Olympus s’estompe et vous pourrez tirer un maximum du capteur.
Pour ce qui est de la sensibilité, le capteur vous donnera de bons résultats jusqu’à 400 ISO, à 800 ISO, on peut commencer à voir du grain mais rien de problématique, des résultats corrects à 1600 ISO mais passée cette valeur, ça sera réservé pour de petits tirages uniquement. Je ne vous parlerai même pas du nouveau seuil de 6400 ISO… Evidemment, avec des objectifs qui ouvrent comme le 20mmF1.7, on gagne de précieuses vitesses qui compenseront cette limitation en terme de sensibilité. D’un autre côté, comment faisait-on à l’époque argentique où on se limitait à 400 ISO, hein ? Perso, je m’applique à une règle, c’est de ne pas dépasser les 1600 ISO, même quand j’avais mon Nikon D700.

Les liens

Je ne vais pas entrer dans les détails trop techniques parce que d’autres sites le font mieux que moi et perso, je ne pratique pas le « pixel peeping », à savoir regarder au pixel près quel capteur s’en sort le mieux. Je préfère de loin une photo qui me parle et donc réussie artistiquement à une photo réussie techniquement.
Du coup, je vous redirige vers DPReview ICI ou Focus Numérique ICI pour avoir des tests de mires et autres. Pour ce qui est des photos, rien ne vaut un petit tour sur Flickr ICI ou la galerie de DPReview ICI pour vous faire une idée de ce dont est capable le nouveau boîtier de Panasonic.
Alors pourquoi vous rediriger vers d’autres et non vous proposer mes photos ? Parce que d’autres le font très bien pour le côté technique, et pour les photos, je pense qu’on ne peut vraiment se faire une idée d’un boîtier qu’avec des photos de tous les jours et pour ça, Flickr est une mine d’or.

Une conclusion

En conclusion, le Panasonic Lumix GF2 vous propose d’excellents résultats dans sa gamme, le tout dans un boîtier compact, bien fini et design avec une implémentation des plus réussies pour l’écran tactile. On pourra toujours reprocher le moteur JPEG en retrait et les accidents possibles avec l’écran tactile, sans oublier le manque de contrôle ou encore une gestion limitée des sensibilités, mais dans l’ensemble, le GF2 est agréable à l’utilisation et devrait pouvoir satisfaire 95% de vos besoins. Contrairement au GF1 qui était un appareil censé séduire les possesseurs de réflex, le GF2 s’adresse aux utilisateurs de compacts qui souhaiteraient passer à la vitesse supérieure en photo.