Cette semaine, suite au BlackBerry World 2011, on prend un peu d’avance et on quitte le monde merveilleux des smartphones et/ou tablettes sous Android qui inondent le web actuellement pour découvrir une alternative plus qu’intéressante.
On se colle donc à la BlackBerry Playbook, première tablette de RIM qui ne vous propose pas Blackberry OS mais QNX, rebaptisé pour l’occasion Blackberry Tablet OS.

Pour rappel, la PlayBook vous propose un écran tactile de 7″ de type capacitif, un format 16/9 avec une résolution de 1024×600, des bords d’écrans sensitifs, un processeur TI OMAP Dual Core à 1Ghz, de 16Go à 64GO de mémoire interne, 1Go de RAM, un APN de 3 Mégapixels en façade, un APN de 5 Mégapixels dans le dos, la 3G/3G+/4G/Wimax en option d’ici cet été, le Bluetooth 2.1+EDR, le WiFi, le tout dans 194x130x10mm pour 425g.


Le Packaging

Le packaging est est assez classique en soi et vous propose la tablette, une chiffonnette, un câble micro-USB pour la connexion à un ordinateur et la recharge via USB (c’est plutôt long quand même), un chargeur micro-USB, des manuels d’instructions pour une première prise en main et surtout un étui en néoprène, ce qui est une agréable surprise et plutôt rare quand on sait que les constructeurs ont tendance à essayer de faire des économies de pacotilles.
Cette housse est assez classique en soi et protégera votre Playbook dans un sac. Par contre, ce n’est que du néoprène, hein ? En cas de chute, ce n’est pas cette housse qui sauvera votre apprareil.

Le Design

Le Playbook vous propose un design réussi avec des lignes épurées et sans chichi, on aime ou on n’aime pas, mais pour ma part, j’ai apprécié cette simplicité dans le design. On est loin de certains concurrents avec des matériaux brillants ou autres. La tablette est bien finie, le dos est recouvert d’un revêtement anti-dérapant avec au centre le logo de Blackberry, simple et efficace. Sur la face avant, c’est un écran tout ce qu’il y a de plus classique avec les bords noirs et le logo en bas de l’écran en mode paysage. En haut se trouve le capteur de luminosité et l’APN visio. Sur les côtés droit et gauche sont dissimulés les hauts-parleurs. Cela aurait pu passer inaperçu mais pour une fois que ce n’est pas dans le dos, ce n’est pas plus mal parce qu’on sent mieux le son.
Vous ne trouverez rien sur les tranches gauches et droites. Sur la tranche haute se trouvent le bouton de mise sous tension et de veille (plutôt petit), les deux boutons de volumes, un bouton lecture pour le contenu multimédia et la prise jack de 3,5mm. Sur la tranche du bas se trouvent la sortie micro-HDMI, la connectique micro-USB et un connecteur pour la recharge rapide (2x la vitesse via le port micro-USB) via un dock en option.

Pour ce qui est de la taille générale, la tablette est fine et on est content de voir qu’il n’y a pas de partie plus épaisse qu’une autre. Quant au poids de 425g, c’est du tout bon quoique vous pourrez sans doute avoir l’impression d’avoir entre les mains quelque chose de massif alors que c’est quand même bien plus léger que ses concurrentes de 9″/10,1″. A noter que c’est un poil plus lourd que la Samsung Galaxy Tab 7.
Comme vous avez pu le constater, pas de port micro-SD/SDHC, dommage ! De même, je n’ai pas de photos du dock en option mais ce dernier ne contenait pas, à ma connaissance, de sortie micro-HDMI donc si vous voulez sortir sur un écran externe, il faudra vous passer du dock, dommage aussi ! C’est sans doute un choix pour ne pas dénaturer le design général mais RIM aurait pu dans ce cas revoir sa copie du dock !

L’écran et le son

Comme c’est la mode, on a droit à un écran tactile de type capacitif multi-points et LED. La résolution de 1024×600 sur une diagonale de 7″ vous donne une bonne densité au niveau des pixels, permettant ainsi une bonne clarté pour le contenu multimédia. On pourra revenir sur la taille de 7″ mais perso, c’est une taille que j’apprécie énormément parce que ça allie confort et portabilité. Maintenant, je n’ai pas encore testé 8,9″ mais ça pourrait me plaire aussi à condition que les bords ne soient pas trop gros. L’écran est lumineux, les angles de vision correctes et je n’ai pas eu de soucis en pleine lumière excepté pour les reflets bien évidemment, donc si vous pouvez investir sur une protection d’écran anti-reflets, n’hésitez pas.

En plus de l’écran tactile, on notera que les bords sont sensitifs, ce qui permet à Blackberry Tablet OS de proposer des gestes pour la navigation dans l’interface et je vous assure, ça fonctionne très bien. Par exemple, un geste du bord du bas vers l’écran et c’est la page d’accueil qui apparaît, du bord haut vers l’écran et on fait apparaître les options de l’application en cours, du coin en haut à gauche vers l’écran et c’est la barre d’état qui apparaît, etc… C’est tout bête en fait mais diablement efficace. Bon, oui, ce n’est pas sans rappeler WebOS de Palm/HP mais là, ça concerne tous les bords !
Pour ce qui est du son, l’emplacement des haut-parleurs est plutôt bien pensé puisqu’ils sont cachés dans les bords de l’écran. Du coup, on se retrouve avec un son plus fort et donc un meilleur rendement par rapport à ses concurrentes qui propose souvent des haut-parleurs dans le dos. Evidemment, ça ne vaudra jamais de vraies enceintes mais c’est mieux que rien !

Les APNs

Quant on lit les caractéristiques des APN, 3 Mégapixels sur l’avant et 5 Mégapixels, c’est déjà mieux que de nombreux concurrents dont le leader du marché. Vous pourrez enregistrer des vidéos en 720p mais aussi en 1080p que cela soit devant ou derrière, ça peut servir. La dernière mise à jour a apporté une application de vidéochat, dommage que cette dernière ne propose pas une option HD. Sinon, au global, la qualité est digne d’un smartphone de moyen de gamme, ça pourra dépanner mais je ne me vois toujours pas utiliser une tablette pour prendre des photos. A la fin de la galerie se trouvent quelques exemples de photos et là tout de suite des vidéos prises avec la PlayBook.

L’APN de face :

L’APN de dos :

Une vidéo en 720p :

Une vidéo en 1080p :

Ergonomie et en utilisation

Je vous laisse commencer par notre vidéo de test.

Inutile de vous dire que ça donne une impression de déjà-vu quelque part et ce n’est pas sans rappeler WebOS, ce qui n’est pas un mal. L’utilisation dans la vie de tous les jours est très agréable parce que tout répond au doigt et à l’oeil. Je suis impressionné par la rapidité de lancement des applications. Le temps de réponse est rapide et on n’a jamais l’impression de voir l’appareil mouliner dans le vide, ce qui se traduit par une stabilité plutôt impressionnante.
Pour le clavier virtuel, il répond très bien et il n’y a aucune latence. Par contre, j’aurais aimé que RIM l’optimise un peu plus. En effet, pour les accents et les chiffres, il faudra, à chaque fois, passer par un bouton. Je trouve toujours dommage qu’on ait pas droit à l’équivalent d’un vrai clavier physique alors que les écrans le permettent. On notera qu’en mode paysage, pour peu que vous ayez de grandes mains, vous pourrez utiliser les pouces avec le clavier virtuel.

Histoire d’en rajouter, la Playbook pourra accueillir un clavier et une souris Bluetooth et là où RIM a poussé le bouchon plus loin, c’est le clic gauche pour simuler votre doigt et le clic droit pour simuler les bords sensitifs. Du coup, contrairement à l’iPad par exemple où vous devez encore vous servir de l’écran tactile avec votre clavier, vous pouvez ici vous passer complètement du tactile. Un clic droit vers le haut pour faire apparaître le multi-tâches et un geste avec le clic gauche pour naviguer, c’est simple et efficace.

Pour ce qui est du Copier/Coller, on retrouve le classique mode de l’appui long sur le texte, ça fonctionne plutôt bien mais très honnêtement, il y a plus rapide. A côté, la Playbook vous propose le partage réseau de ses fichiers. En effet, la tablette vous permet d’accéder à ses fichiers depuis n’importe quel réseau local, très bonne idée pour simplifier l’échange de fichiers comme la récupération des captures d’écrans par exemple.
Dommage que RIM ne soit pas aller plus loin en permettant d’accéder à des fichiers sur un NAS ou autre par exemple. Peut-être dans une mise à jour future.

Pourquoi le réseau sinon ? Parce que la Playbook ne vous propose pas de stockage de masse, il vous faudra donc Blackberry Desktop Manager (ou Blackberry Device Manager par défaut sur le Playbook) pour installer les drivers et accéder à la tablette comme si c’était un disque réseau. Evidemment, pas de soucis de drivers pour le partage via WiFi. Alors pourquoi ?
Je vous avouerai que je n’ai pas d’explication à vous donner, c’est un choix de RIM, j’aurais juste voulu qu’ils aillent jusqu’au bout !
Je reviens vite fait sur le Desktop Manager qui vous permettra, entre autres, de synchroniser du contenu multimédia depuis iTunes par exemple, comme sur un Blackberry en fait, la Playbook étant toujours considérée comme disque réseau.

Blackberry Bridge

Vient maintenant la polémique autour de la Playbook de RIM, elle ne vous propose pas de client mail, pas d’agenda et pas de gestionnaire de tâches. Pour le grand public, c’est un peu n’importe quoi mais pour RIM, ça peut prendre son sens. Avant de continuer, je veux préciser que ce n’est pas un simple client mail, un agenda ou un gestionnaire de tâches qui risquent de poser problème aux ingénieurs de RIM, ils savent faire.
Il ne faut donc pas oublier que RIM a une connotation entreprise, du coup, sa problématique première, c’est la sécurité des données. Comme vous le savez, tout le système de RIM repose sur ses serveurs BIS, du coup, comment donner accès aux mêmes données que son smartphone Blackberry alors que BIS ne permet qu’un seul accès concurrent. Si vous n’avez jamais eu de Blackberry, sachez que lorsque vous changez de Blackberry, l’ancien ne fonctionne plus avec votre compte. Cela peut paraître fou mais pensez sécurité avant tout !

Ce qui nous permet ainsi de mieux comprendre le fameux mode Bridge qui se connecte en fait à votre Blackberry en Bluetooth et qui vous donne ainsi accès aux mails, calendriers et tâches de votre Blackberry. Comme le Playbook est avant tout une tablette qui vise les possesseurs de Blackberry, ça ne gènera que moyennement et pour des raisons de sécurité, ça fera toujours un appareil de moins à gérer au niveau de la sécurité. J’ai pu discuter avec des professionnels au Blackberry World 2011 et il en est ressorti que ça ne gênait personne au final. Tellement d’ailleurs que certains m’ont avoué que même s’ils avaient un client mail générique, ils continueraient à utiliser Bridge.
Pour ma part, même si le mode Bridge s’en sort pas trop mal, j’aurais aimé qu’il soit plus rapide, il y a un certain temps de latence mais dans l’ensemble, ça fonctionne bien.

Conséquence directe si vous n’avez pas de Blackberry, c’est que vous n’aurez pas de mails, d’agenda ou de tâches. Alors oui, comme ça, c’est plutôt choquant mais rassurez-vous, tout ça arrivera lors d’une mise à jour cet été.

L’autonomie

Pour ce qui est l’autonomie, elle est plutôt bonne avec une bonne moyenne de 8h/9h dans mon utilisation (Bridge + WiFi + Ecran à 50%). Pour exemple avec une vidéo locale en MPEG-4 720p et l’écran à 50%, le tout en boucle, j’ai tenu un peu plus de 7h. C’est donc du tout bon et avec la compatibilité native DivX, Xvid, MPEG-4 et WMV, on se retrouve avec un très bon lecteur multimédia. J’aurais juste aimé la gestion des sous-titres ^^

La sortie HDMI

Voici ci-après une petite vidéo vous présentant la bonne intégration de la sortie HDMI.

Une petite comparaison

Comme on avait en même temps la Motorola Xoom, on en a profité pour faire une petite comparaison entre les Xoom sous Android 3.0, Playbook sous QNX et iPad 2 sous iOS.

Conclusion

La Playbook est la première tablette de RIM et pour un premier essai, je dois avouer que QNX propose une alternative performante aux autres iOS et Android 3.0 Honeycomb, surtout par rapport à ce dernier en fait qui est encore quelque part en Beta. Contrairement à ses concurrentes, le multi-tâches est omniprésent et fonctionne du feu de dieu.
Avec la mise à jour de cet été qui comprend le client mail, l’agenda et le gestionnaire de tâches, RIM se prépare au grand public. Et que dire de la compatibilité Android qui permettra de voir l’AppWorld se garnir d’applications.
Dans l’immédiat, si vous êtes utilisateurs de Blackberry, la Playbook s’inscrit parfaitement dans votre éco-système et vous aurez un duo des plus pratiques.
Pour ceux qui n’auraient pas de Blackberry, je vous conseillerai d’attendre la mise à jour avant de passer le pas, surtout si le client mail est une obligation pour vous. D’un autre côté, si l’utilisation de votre tablette se limite à du web et du contenu multimédia, je serai tenté de vous dire que vous pouvez y aller, la Playbook excelle dans ces domaines.
Reste maintenant les applications, ce n’est encore que le début et forcément, la comparaison avec iTunes fait mal, tout comme sur Android 3.0, mais ça va arriver petit à petit. Pour finir, est-ce que ça va tout chambouler ? Probablement pas, du moins pas encore, mais Blackberry Tablet OS en est encore qu’à ses débuts et a tout pour se faire une place tellement il est plus fini que ses actuels concurrents.

On n’a pas les prix encore mais la BlackBerry Playbook est prévu pour le début de l’été chez nous !