Un héros en 2D, un singe en 3D, une tartine en stop motion et des décors en photos retouchée… Voilà les ingrédient de l’univers de déjanté du nouveau dessin animé de Cartoon Network, Le Monde Incroyable de Gumball. Imaginé et produit en Europe, ce petit bijou d’humour et de technicité a tout pour faire craquer les plus jeunes… Mais aussi les grands geeks. Explications avec le créateur de la série, le frenchy Ben Bocquelet.

Une typo pixelisée, un nom qui rappelle l’enfance, des références aux blockbusters des années 80 ou aux jeux vidéo, Gumball c’est un joyeux fourre-tout de souvenirs et de fantasmes. D’où le parti pris d’une technique de production pour le moins étonnante. La méchante maîtresse prend les traits d’un singe centenaire et acariâtre animé en 3D, la jolie cheerleader est en fait une cacahuète en animation classique, la terreur de la cour de récré une fille tyrannosaure (en stop motion) vexée de son manque de féminité, le bouffon de la classe une banane particulièrement lourde. Et tout ce petit monde bariolé se retrouve dans des décors photographiés.

// Stop-3D-motion

Ben Bocquelet a ressorti de ses placards une flopée de personnages hétéroclites et sympathiques qu’il avait créé précédemment, puis il leur a inventé une histoire sur mesure, piochant son inspiration dans les séries télé, ou dans sa famille. « En fait, je suis un grand fan de sitcom, explique-t-il. J’ai donc naturellement rassemblé mes héros dans un quotidien proche du notre, afin de les faire évoluer dans des cercles connus des téléspectateurs. L’école, les copains, la cellule familiale… ». Le créateur a ensuite distribué les rôles à ses créatures, et l’on retrouve tous les archétypes de ce type de programme… Avec une bonne dose d’humour ! Partir de sources aussi hétérogènes et arriver à un résultat harmonieux est un sacré défis. De fait, la production d’un seul épisode prend neuf mois « comme les bébés , précise Ben, pince-sans-rire. A un moment, on avait plus de cent personnes qui bossaient dessus ! C’est vraiment une grosse production, comparable à celles des américains. » Les différents savoir-faire à l’œuvre sont confiés à des studios spécialisés, puis tous les éléments sont assemblés en post-prod. Une solide direction artistique assure un résultat époustouflant : le monde de Gumball est cohérent, beau, et particulièrement loufoque ! Au premier coup d’œil, la patte graphique fait mouche et nul doute que l’univers créé par Ben Bocquelet se posera rapidement comme une référence de l’animation européenne.

//Gumballs 4 all !

Mais la technique n’est pas le seul argument qui intéressera un public exigent à Gumball. Les histoires, courtes et bien ficelées, font mouche. Si les pitchs s’adressent évidemment aux plus jeunes (une enquête à l’école, une séance de babysitting qui tourne au cauchemar), les nombreux gags visuels, l’absurdité des situation et le rythme de la série séduisent. « Pour chaque épisode d’une quinzaine de minute, on écrit d’abord un scénario assez vague et on le confie aux storyboarders. Ce sont eux qui peaufinent les gags visuels afin qu’on sache immédiatement s’ils fonctionnent ou pas. C’est une autre technique souvent utilisée dans les grosse prod’ américaines. » Ben et son équipe se sont montrés intransigeants sur cet aspect du dessin animé, réécrivant parfois une dizaine de versions différentes avant d’être satisfaits : « Si toute l’équipe ne rit pas à une blague, alors elle n’est pas bonne. » Autre point fort du programme, les nombreuses références à une culture populaire qui parlera aux trentenaires « comme tous les gosses de ma génération, j’ai vu des blockbusters américains, des séries télés, j’ai joué aux jeux vidéo… C’est normal qu’on retrouve toutes ces sources d’inspiration dans mes histoires ». Ben nous promet de nombreux clins d’œils à des œuvres phare de notre jeunesse, comme autant de friandises réservées aux grands. Et qui sait, peut-être qu’un jour Gumball lui même sera salué dans une prochaine série culte ; Il en prend en tout cas le chemin…

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