Si vous lisez mes chroniques sur ce joyeux Journal du Geek depuis un peu plus d’un an maintenant et que vous savourez/supportez mes partis pris et mes prédictions, sachez cela fait plus de 10 ans que j’écris, principalement dans la presse écrite.

Le métier de chroniqueur, spécialiste, expert en jeu vidéo/hi-tech/net-culture se révèle toujours casse-gueule, tant l’avenir s’amuse à souvent glisser entre nos prédictions. Mais c’est le jeu ma ptite Lucette : nous rassemblons nos infos, les saupoudrons de reflexions, mixons le tout à l’instinct et nous lançons, à prédire ou lancer une tendance. Parfois on a tout bon, parfois c’est un bide complet.

Je vous propose donc un retour 10 ans en arrière, avec des chroniques et articles datant de 2001. Où il est question de jeux vidéo (beaucoup), d’innovations du net, de peoples de la télé, d’homosexualité, de beaux gosses et déjà, d’Apple.

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En déménageant récemment, je suis retombé sur des vieux numéros de Technikart, magazine culturel (et branché (et casse-gueule)) pour lequel j’écris depuis 12 ans maintenant.

C’est avec une certaine apréhension que j’ai ouvert les pages pour relire de vieux articles d’époque. Plus précisemment ceux datant de 2001, histoire de retomber pile poil 10 ans en arrière. Il est au passage assez effrayant de se dire que 2001, c’est déjà la décennie d’avant, quand la date paraît encore si proche. Et je vous évite les articles du siècle dernier…

Quelles étaient les tendances et les reflexions du début de siècle ? Comment se comparent-elles à la réalité de 2011 ? Je vous laisse découvrir.

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COUNTER STRIKE VA LANCER LA MODE DES FPS RÉALISTES (Septembre 2001)

Ce que j’écrivais à l’époque

« Si Counter Strike a lancé la mode des jeux paramilitaires, le genre s’est étoffé avec un gros succès commercial : « Project I.G.I », « Operation Flashpoint », « Global Operation, « Strike Force » poussent toujours plus loin. Localisation des dommages (…), réalisme graphique, modélisation d’armes et de personnages véritables, la nouvelle sensation des jeux vidéos n’émane plus d’univers fantastiquess où l’on peut projeter des fantasmes, mais bien d’une autre réalité dont on ne conservera que les avantages. »

Et aujourd’hui ?
C’est simple. Quel est le jeu, la saga la plus vendue dans le monde ? Call Of Duty / Modern Warfare. Bien sûr, d’autres types de jeux aux univers imaginaires existent. Mais le règne du FPS militaro-réaliste ne s’est jamais démenti en une décennie.

Et demain ?
J’ai régulièrement cru à un essouflement du genre, mais force est de constater que la guerre reste le terrain de jeu préféré de pas mal de mon. Que l’on joue avec des pistolets en plastique enfant ou avec des claviers / souris plus tard.
L’arrivée très attendue de Battlefield et Modern Warfare 3 en attestent. Mais le mouvement le plus important de ces prochaines années résidera sûrement dans l’expérience continue : aux jeux se substitueront des services en ligne qui archiveront vos exploits, vos statistiques, vos clans et vos skills à travers les années – et les jeux. Activision et EA en ont en tout cas l’air convaincu, avec leurs services à venir et tous deux basés sur le modèle Freemium : Elite et Battlelog. Soldat un jour…

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GEEKS ET LES GAMERS SERONT LES NOUVEAUX BEAUX GOSSES (Avril 2001)

Ce que j’écrivais à l’époque

Fonzie s’en retourne dans sa tombe. Non contents d’occuper l’esprit des industriels et des psychologues, les gamers s’apprêtent à truster le coeur des demoiselles et le respect de la cour d’école. Lorsque l’on jette un oeil sur l’historique du leader d’opinion intra-récré, le constat est cruel : ni le blouson noir aux jambes arquées, ni l’apôtre chevelu de la libération des corps, pas plus que le skater ou le DJ n’ont survécu.
Autant de sex-symbols qui ont finalement déçu les nymphettes lorsqu’elles sont appris qu’ils ne tapaient pas le ollie, se révélaient de grands sensibles ou seulement un peu cons.
Dans ce supermarché à fantasmes, le gamer à pioché un peu partout : caractère obscur, attitude rebelle, fringues techniques, musique hard et utopisme qui tient la route. Surtout, il assume le fantasme qu’il véhicule.
(…)
[D’un autre côté,] les couch potatoes du jeu existent donc toujours : il s’agit des nerds old school. Souvent plus âgés, ils sont respectés par la communauté. Les plus érudits sont même considérés comme des sages, mix boutonné d’ancien combattant, d’archiviste et de mentor. (…) On chat plus facilement avec eux sur IRC qu’autour d’une bière. (…) « Attention, les nerds ne sont pas tous des idoles. Ca peut d’ailleurs être vécu comme une insulte pour des joueurs avant tout paresseux. Respectés ou pas, on reste des glandeurs dans la vie » témoigne Zeboss, figure d’IRC.
Car là est la différence entre le nerf old school et le gamer de la nouvelle école : le premier a trouvé dans la culture de l’écran une vie de quasi substitution, le second a les reins assez solides pour éviter la fuite en avant. Et a fait du jeu vidéo un talent socialement valorisé. »

Et aujourd’hui ?
C’est assez vrai. Je parlais de gamer, mais j’aurais dû parler de Geek. Devenu tellement « chic » et in, le geek s’est mué en archétype de mec valorisant ces derniers temps. J’ai autour de moi plusieurs copines qui se vantent ou aiment sincèrement que leur mec soit un fan de jeu vidéo, bidouille ses machine, leur hack leur smartphone. Evidemment, cette mode a dépassé le territoire de la cour de recré – et a également connu ses excès (qui est vraiment geek ? Rho le débat sans fin), mais globalement c’est à notre bénéfice : continuer à nerdser sans complexe, et cela séduit l’autre sexe ? Mais, je (re)signe immédiatement.

Et demain ?
La tendance ne vas vraiment disparaître tant qu’elle va se diluer. A mesure que le grand public s’immerge de plus en plus dans la culture geek et que la fameuse génération « digital native » en est totalement, le profil de geek sera tellement généralisé qu’il ne sera plus vraiment un facteur de différenciation. Doit-on s’en réjouir ? C’est vraiment 50/50, mais nous en avions déjà parlé dans une précédente chronique.

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LA TECHNOLOGIE I2BP VA RÉVOLUTIONNER LA VIDÉO SUR LE WEB (Mars 2001)

Ce que j’écrivais à l’époque

« En France, tous les espoirs de grandeur convergent désormais vers une autre invention : i2bp. (…) La start-up du même nom compte diffuser en ligne des vidéos d’une qualité VHS, moyennant une bande passante d’à peine 2 ko/s. Autrement dit, le net pourrait enfin ressembler à une TV, même si l’on est équipé d’un modem pourri. »

Et aujourd’hui ?
Dans l’idée, le fantasme de voir de la vidéo partout sur le net était déjà bien présent il y a 10 ans, mais semblait tellement loin, tant l’ADSL et les diffuseurs de type Youtube ne s’étaient pas répandus. On rêvait alors de compressions miracles pour lire des vidéos avec du 56k. Evidemment, i2bp n’a jamais vu le jour et je l’ai signalé quelques mois plus tard. Le premier article parlait d’ailleurs du phénomène des Vaporware.

Et demain ?
Il semble que l’avenir se joue plus dans l’amélioration de la bande passante que dans la compression et le poids des fichiers. Avec l’avènement de la HD, ces derniers sont en moyenne bien plus volumineux qu’il y a 10 ans (uploader une vidéo de 30Mo était alors le bout du monde). L’arrivée annoncée des résolutions 4K, 8K et 8K 3D ne va pas arranger les choses. Prions pour la fibre soit le service minimum en 2021…

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LE SPORT ELECTRONIQUE VA TOUT RENVERSER (plusieurs mois durant 2001)

Ce que j’écrivais à l’époque

« J’ai beaucoup écrit sur l’Esport, un peu partout (PC Jeux et Joystick, également), puisque j’étais totalement fan et actif sur la scène, notamment commentateur et animateur d’évènements. Je vous épargne donc les extraits, sachez juste que je prédisais que l’Occident suivrait l’exemple de la Corée du Sud et que nous aurions bientôt des pro gamers à tous les coins de rue. »

Et aujourd’hui ?
Bide. L’esport n’a jamais vraiment décollé et c’est même un bonheur de le voir vif ces derniers mois grâce à Starcraft II, League Of Legend et Street Fighter IV. Il recolle d’une certaine manière à son niveau d’antan, après une longue traversée du désert. Mais lorsque je lis des articles actuels sur le phénomène, déception : ils ne racontent les mêmes choses qu’il y a 10 ans. Oui, on peut élever certains jeux vidéo au rang de sport, oui c’est la folie et Corée (et désormais en Chine)… Je suis assez fier d’avoir déjà écrit tout cela il y 10 ans. Mais surtout triste de voir que les choses n’ont pas vraiment bougé depuis.

Et demain ?
La prudence parle mais mine de rien, les compétitions de jeu vidéo sont toujours là et attirent toujours de nouveaux joueurs. De là à ce que les futures stars des bleus soient des gamers plutôt que des footballeurs, il y a un pas que je ne franchirai plus. Un big up en tout cas à l’ami Elky, dont j’avais fait le portrait du temps de sa gloire à Starcraft et qui est désormais devenu un monstre au Poker.

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SEGA EST MORT ? LA FAUTE À LA PS2 ET SES JEUX CREUX (Avril 2001)

Ce que j’écrivais à l’époque

« Après des mois aux abois et une situation financière catastrophique (La DreamCast a fait un bide), Sega n’est plus. La société redevient un simple éditeur et produira des jeux tous azimuts pour ses anciens concurrents, Nintendo en tête.
Ce genre de retournement que personne n’aurait pu imaginer il y a quelques années marque la fin d’une époque : celle des jeux où le gameplay était la clef de voûte.
C’était jusqu’à ce que Sony aille chercher de nouveaux publics en les abreuvant de quelques hits mythiques masquant une masse de jeux moyens et très tape-à-l’oeil. On peut considérer cela comme une regression : les jeux sont plus courts, moins jouables, moins travaillés dans le fond. Les Final Fantasy récents (VII, VIII et IX) et leur pléthore de séquences en images de synthèse n’égaleront pourtant jamais le VI, sorti quatre ans plus tôt sur la génération 16bits.
Ce n’est pas un hasard si la PlayStation reste la machine la plus perméable au piratage et au marché de l’occasion : en voulant créer une consommation de masse, Sony a engendré l’ère du jeu jetable. La PlayStation 2 ne fait aujourd’hui qu’accélérer le processus : sous couvert de console de jeu hi-tech, cette machine à 3000 francs ambitionne de jouer le Cheval de Troie pour nous refourguer films et commerce en ligne.
(…)
Le dernier espoir repose sur Nintendo et sa future console Gamecube, qui devrait préserver un public de fans avec des jeux 3D fleurant la bonne vieille école. Problème : si l’avenir du jeu repose sur le recyclage de vieux catalogues, il faudra probablement se remettre au jokari. »

Et aujourd’hui ?
Bon ok, j’étais un peu énervé. Sans être fan de Sega (j’adorais cependant la DreamCast), je n’aimais pas la démarche de Sony, qui voulait rendre le jeu vidéo plus adulte, plus mainstream. Il avaient cependant totalement raison. Lorsque je relis ce texte, je me rends compte que dès 2001, j’étais un vieux con !
Et j’ai également eu tort sur le cas Nintendo (la Gamecube n’a rien apporté), eu tort sur ce que la PS2 a apporté, sans oublié la composante XBox, pas encore d’actualité à ce moment là. Bref, un texte un peu rageur et pas mal dans le faux.

Et demain ?
Le jeu vidéo s’est-il apauvri, va-t-il s’apauvrir ? Certains en sont persuadés, brandissant sa trop grande facilité, sa sur-assistance, sa linearité devenue l’école dominante du moment.
Je pense juste que nous (gens de plus de 25 ans) avons grandi avec une période du jeu vidéo extrêmement difficile et exigeante, héritière de l’arcade. Vous savez, cette industrie conçue pour vous faire perdre le plus vite possible…
Le jeu vidéo a évolué et est simplement venu chercher d’autres joueurs, au lieu de se laisser pourrir dans une forme d’élitisme. Les jeux riches, profonds et exigeants existeront toujours, ils représenteront cependant à l’avenir une niche du jeu vidéo dans sa globalité. Pas si mal.

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NICOLAS BEUGLET, NOUVEAU CHANTRE DU JEU VIDÉO A LA TELE (Novembre 2001)

Ce que j’écrivais à l’époque

« Malgré son aspect de cadre sup’ très dynamique, Nicolas Beuglet avoue humblement « Je n’ai pas honte de le dire, j’en suis même fier : j’ai versé une larme en finissant Final Fantasy IX et Shenmue. » Cet authentique passionné s’est donné pour mission de toucher et émouvoir le grand public encore dédaigneux du jeu vidéo.
(…)
Débarqué à Fun TV, la chaîne djeune, il impose vite sa passion avec « Fun Player », une émission hebdomadaire et en direct le mercredi à 17h30. (…) Jouant les funambules entre joueurs avides d’infos pointues et sepctateurs lambda, l’émission trouve un ton et un mot d’ordre. »

Et aujourd’hui ?
Qui se rappelle de Nicolas Beuglet ? Enfin même, qui le connaît ? Et Fun TV ? Pourtant, j’y croyais, à ce chouette mec. Comme tous les gamers, je croyais sincèrement que de par son succès massif et sa puissance de plus en plus incontournable, le jeu vidéo aurait tôt ou tard pignon sur la télévision, avec des gamer évangélistes comme Nicolas. C’était naïf.
C’était ignorer que la télé considère toujours le jeu vidéo et Internet comme des ennemis, puisque le temps passé sur ces « nouveaux » médias est autant de temps passé loin de la télé. Pas étonnant que jamais nous n’ayons eu de vraie grande émission gamer/geek, avec de vrais moyens et sur une chaîne à grande audience.
Aujourd’hui donc, le créneau du jeu vidéo à la télé est incarné par les Juliens : Julien Tellouck, figure historique de Game One qui se veut geek généraliste et Julien Chièze, pilier de Gameblog qui co-anime une émission JV sur une chaîne du câble/TNT… Le mercredi après-midi. Comme quoi, les choses n’ont pas trop changé depuis Nicolas Beuglet.

Et demain ?
Le fantasme d’une grande émission de jeu vidéo à la télé a vécu. Soyons clairs, il n’y en n’aura jamais. Parce que la télé fait barrage, mais surtout parce que nous entrons dans une époque post-télévision, où le web est devenu notre écran premier. En 2001, nous rêvions dune reconnaissance large symbolisée par une présence à la télévision. En 10 ans, nous avons compris la réalité des choses, mangé notre pain noir et avons inventé notre propre média. Le fait que les deux Juliens ne soient pas très populaires auprès des hardcore gamers, geeks pointus et sur Twitter montre que d’une certaine manière, ils représentent une vision surannée du monsieur loyal du jeu vidéo.

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LE JEU VIDÉO N’ASSUME PAS SA PART D’HOMOSEXUALITÉ (Avril 2001)


Ce que j’écrivais à l’époque

« Malgré son statut de nouveau média de masse, la cyberculture semble pourtant hermétique à la culture gay. Dans une industrie historiquement faite par des nerds pour des nerds, le caractère homo de toute production n’a même pas le temps de devenir tabou.
(…)
L’esthétique traditionnelle des héros de jeux vidéo cultive en réalité cette homosexualité latente pour une raison très simple : (…) cette industrie copie toujours les canons du cinéma 10 ans après. Alors qu’aujourd’hui, Tom Cruise n’a jamais autant fait fantasmer (les gays) que dans « Top Gun », les Américains vouent un culte sans fin à Duke Nukem et ses descendants, d’étranges blondinets ressemblant furieusement aux B-boys des bédés de Tom of Finland.
(…)
Les créateurs japonais font moins dans la dentelle. (…) Dans un pays où les Shôjos mangas cartonnent, la « gay attitude » se montre de manière plus franche à l’écran. « King Of Fighters », le jeu de combat le plus populaire du pays, met en scène de nombreux combattants au design androgyne.
(…)
L’atomique Lara Croft n’a ainsi jamais précisé clairement ses préférences sexuelles. Les créateurs auraient volontairement laissé une zone de doute, jouant sur le côté castrateur et viril du personnage. »

Et aujourd’hui ?
Les choses n’ont malheureusement pas vraiment changé. Le jeu vidéo reste un milieu extrêmement masculin et hétéro. Si l’on peut aller voir nombre de films, de séries ou lire nombre de livres avec des personnages principaux homosexuels ou bisexuels (Harry Potter, Millenium, Six Feet Under, Brockeback Moutain…), côté virtuel, c’est la misère. Il reste bien sûr les relations saphiques et lesbiennes de quelques princesses, mais cela ressort plus du fantasme de mecs. J’ai beau me creuser la tête, seules quelques scènes secondaires et non obligatoires de Dragon Age ou Mass Effect mettent en scène des relations sortant du carcan héros / fille en détresse. Triste.

Ah, et ne Googlez pas « Tom of Finland » en public, c’est plutôt NSFW…

Et demain ?
La donne ne risque pas vraiment de changer. La raison la plus simple me paraît l’interaction, une couche critique quand il s’agit de sexualité. Si la narration des autres arts permet de suivre et de s’identifier à des personnages qui ne nous ressemblent pas forcément, le jeu vidéo induit une implication qui rendrait la dimension homosexuelle d’un personnage trop lourde à porter pour nombre de joueurs. Le jeu tomberait alors vite dans un ghetto sexuel, recouvrant le reste de l’expérience.
Toujours frileuse sur le sujet, la culture gaming qui aime crier sur tous les toits qu’elle est adulte et s’est émancipée pourrait à l’avenir ouvrir sa narration et la construction de ses personnages.

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SILENT HILL MONTRE LE JEU VIDEO DE DEMAIN (Novembre 2001)

Ce que j’écrivais à l’époque

« La recette de Silent Hill était pourtant bien étrange, même si on l’a vite comparée à la série des « Resident Evil » (Capcom), autre saga star des jeux qui font peur. Mais là où Resident Evil était basé sur le schéma classique du film gore (sursaut, hémoglobine), Silent Fill distille un parfum nauséabond bien plus fin.
(…)
Toutes les normes esthétiques et narratives sont déformées. Lynch a trouvé son égo ludique. »

Et aujourd’hui ?
Si j’avais su. Si j’avais su que Silent Hill 2 serait l’apogée de la série, avant une longue descente aux enfers du cheap, je me serais un peu moins enthousiasmé. Malgré un dernier volet intéressant, la série n’a jamais trouvé la finesse et la puissance du second opus, suivant un peu symboliquement le déclin des studios japonais.
Et si je croyais plus à Silent Hill, force est de constater que c’est bien Resident Evil qui a le mieux tenu, malgré un dernier épisode et des spin offs décevants. Code Veronica et le 4e opus restent cultes.
Le jeu d’action/aventure un peu dérangeant n’a jamais trouvé de digne héritier, Alan Wake étant le projet qui s’en rapproche le plus.

Et demain ?
Je suis assez pessimiste. Le genre à vécu sans jamais vraiment se renouveler et les héritages de Silent Hill se sont dispersés à travers d’autres productions : Heavy Rain, Alan Wake, Dead Space… Il n’empêche, la dimension psychologique mature que l’on pensait comme nouvel étalon du jeu vidéo à venir est restée cantonné au sous-genre. Dommage. Demain sera toujours plus spectaculaire ou casual pour la grande majorité des jeux vidéo.

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APPLE DEVRAIT ADOPTER WINDOWS (Février 2002)

Ce que j’écrivais à l’époque

« Après le monstre G4 Titanium et le balladeur iPod, les petits gars de chez Apple prouvent une fois de plus qu’ils n’ont pas leur pareil pour créer des objets désirables (ndLâm : je parle de l’iMac G4 « tournesol », dans cet article).
(…)
D’autant qu’entre 1599 et 2199€, l’iMac reste cher et peu évolutif, alors que les analystes verraient bien une pérennité d’Apple dans un iMac à moins de 500€ et l’utilisation du système d’exploitation Windows, comme le fait Sony avec ses jolis PC Vaio.
Qu’importe, Steve Jobs compte sur ses fans irréductibles et les amateurs de beaux(bo) objets dérivés (iPod, iBook, iTunes, iPhoto…) pour dépasser les 3% de parts de marché et pousser les gens à « vivre Apple ». Et surtout, faire vivre Apple. »

Et aujourd’hui ?
Ok, nous sortons de la période 2001, mais il en valait la peine. Cet article était assez symptomatique des chroniqueurs hi-tech de l’époque : oui, nous étions séduits par les derniers produits Apple, mais nous nous demandions surtout comment une entreprise aussi fragile, passée si près de la faillite, allait tenir la cadence.
La réponse se cachait dans ce que j’appelais en le sous-estimant totalement le « produit dérivé » : l’iPod. Avec lui, Apple n’a pas seulement fait exploser son chiffre d’affaire. L’image de marque à rayonné comme jamais, le Switch est devenu une réalité et les qualités intrinsèques des ordinateurs et de Mac OS X se sont confirmés pour les nouveaux utilisateurs, mais dans un deuxième temps.
Aujourd’hui, on se fiche presque des parts de marché d’ordinateurs d’Apple qui, s’ils se portent très bien, ne sont plus le terrain de conflit crucial. Ce dernier s’est déplacé vers le « Post PC » : smartphones et tablettes, là où Apple fait aujourd’hui figure de leader.

Et demain ?
Il est encore plus marrant de relire que je recommandais à Apple d’adopter Windows (fallait voir le Mac OS X de l’époque, aussi). Bon, le passage chez Intel et Bootcamp ont convaincu bien des Windowistes de se lancer dans l’aventure et en soi, ce fût une excellente décision marketing.
Car Jobs n’a jamais douté de sa vision totale, ce « vivre Apple » dont je parle. Presque 10 ans plus tard, elle est en passe de se concrétiser, avec des solutions 100% maison, exclusives et fermées et conçues en écosystème cohérent. Qui aurait misé un jeton sur cette approché il y a 10 ans ? Pas moi, en tout cas.
Je peux cependant miser sereinement sur cette philosophie pour les 10 prochaines années.

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FUTUR DU PASSE, PASSE DU PRESENT

Avec le recul, la décennie précédente ne paraît pas si loin. Dans le jeu vidéo, les choses ont avancé de manière assez logique, motion gaming mis à part. C’est dans la sphère du web et du hi-tech que les révolutions ont eu lieu de manière assez radicale.

En 2001, personne ne voyait arriver le social, le règne d’Apple, Youtube ou la fibre à 30 euros. Nous nous étions bien trompés et au final, ce n’est pas plus mal… Vivement 2021, qu’on relise le JDG en rigolant très fort.

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« Les Chroniques du Week End sont des réflexions de Lâm Hua sur la culture et l’industrie geek. Elles engagent les opinions de leur auteur et pas nécessairement celles de l’ensemble de la rédaction du JDG. »

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Certains lecteurs (et une lectrice très motivée) m’ont réclamé le retour des meilleurs commentaires. Vous avez totalement raison, je les publierai ici même, à vous de jouer !

Dj ph

Eh eh joli flashback

 

Je me permettrai de regretter un seul « oubli » dans la partie télévision.

Si la télé généraliste a échoué à accoucher d’une vraie figure emblématique qui soit crédible auprès du public nerdcore (le point de ton paragraphe, je ne l’oublie pas), la décennie aura vu naître Nolife, avec tous ses défauts comme ses réussites. Souffrant encore dans nos têtes de la comparaison avec le premier age d’or de GameOne, elle a le mérite d’exister, sous perfusion de ses fans, et réalise des scores d’audience qui doivent nous interpeller. On aime ou on aime pas l’ADN de sa programmation (JMusic, Jeux Vidéo, Web Séries… ), je retiendrai pour ma part la diffusion des Superplays (sérieusement, qui ne s’est pas collé devant le run de DamDam sur MGS3 ?), une mensuelle sur l’univers de la démo scene, le Role Playing Gang qui m’a honnêtement fait rire toute cette saison en me faisant découvrir la moitié des RPG achetés cette année.
J’échange volontier une figure iconique contre les journalistes de la rédaction : Thierry, Médoc, Jonathan, AM, Julien Pirou, Dr Lakav…
Il me reste quelques frustrations comme justement leur absence de la couverture de l’esport ou d’une émission de débat que eXtralife n’est pas à ce jour. Enfin le plus gros défi de cette chaîne sera de ne pas tomber prisonnière de leur fanbase dans laquelle je suis loin de me retrouver complètement.

Je regrette toujours que cette chaîne ne soit pas mieux considérée et que la négation de tout point positif à cette expérience ne soit un peu devenu l’apanage d’une élite game core qui parfois oublie le plaisir simple (et la chance) de pouvoir regarder à la télé un joueur établir un record mondial sur sa borne

Pierre

Très bonne chronique. Dommage que Bertrand Amar ne soit pas cité dans la section télévision.

Lyp_

Pour ce qui est de l’homosexualité, je ne sais pas si vous avez remarqué mais je trouve qu’on en a jamais autant parlé que depuis ces derniers années, c’est sans doute pour changer l’image des gens autour de l’homosexualité, changer les mentalités, qu’être gay ne soit plus tabou. Ce qui est une bonne chose, sans après tomber dans l’excès. Il y en a, je pense, toujours eu, seulement c’était très mal vu et on en parlé pas, comme c’est encore un peu le cas aujourd’hui mais bien moins qu’avant, on veut à présent changer les mœurs et faire accepter.
Harry Potter est gay ? tu voulais plutôt parler de Albus d’Umbledore, dans Harry Potter, qui serait selon J.K Rowling, « tombé amoureux de son vieil ami le sorcier Gellert Grindelwald » lors d’un combat qui les opposait.

sheeshee

Pour l’homosexualité dans le jeu vidéo, il y a quand même le très célèbre The Sims!

Mickael

Concernant la partie où le jeu vidéo n’assume pas son homosexualité, comme le dit sheeshee the sims le permet tout comme l’excellente saga fable (a partir du 2° opus) sur xbox360. Le jeu permet de choisir la sexualité que l’on veut, hetero, homo ou bi.