Dessinateur de comics renommé pour ses pin-ups aux courbes affriolantes, J. Scott Campbell travaille essentiellement sur des couvertures de séries à succès (Amazing Spiderman, Ultimate Comics Thor, True Blood…). Dans l’attente d’un grand retour sur une série régulière – un projet Spiderman avec le scénariste Jeph Loeb (Batman : The Long Halloween, Hush, la série TV Heroes) serait en suspend depuis quelques années – ses fans se consolent avec ses réinterprétations sexy des contes de fée et ses nombreux ouvrages d’illustrations. Mais cet artiste discret est aujourd’hui encore surtout révéré pour son travail sur les séries phares de l’éditeur Wildstorm (aujourd’hui racheté par DC Comics) dans les années 90 : Gen 13 de Jim Lee et surtout Danger Girl, série qu’il a lui-même scénarisé.

Nous avons pu le rencontrer lors du Comic Con français début juillet, pour lui poser quelques questions irrévérencieuses de passionné à passionné. L’occasion d’en apprendre un peu plus sur l’homme derrière les pin-ups, de ses sources d’inspirations à ses préférences…

JdG : J. Scott Campbell, vous êtes connu pour votre talent à dessiner de jolies filles. Quelle est donc la partie du corps que vous regardez en premier chez une femme ?

J. Scott Campbell : Je regarde toujours le visage. Vraiment, le visage ! (il sourit) Je sais que ça peut surprendre, mais c’est ce que je trouve le plus important chez une femme. Tiens d’ailleurs, ça me rappelle une anecdote : lorsque j’ai débuté en tant que dessinateur de comics, je me rappelle d’un responsable qui s’occupait de moi et qui me reprochait de ne pas faire les seins de mes personnages assez gros. Du coup, aujourd’hui encore, lorsque je dessine une fille, j’entends sa voix et je me demande si la poitrine est assez volumineuse !

JdG : On pourrait penser qu’après toutes ces années, vous seriez plus sûr de vous !

J. S. C. : Ce n’est pas tant un problème de confiance en moi que de pression, parce que je ne veux surtout pas laisser tomber mes fans. Vous savez, la plus grande peur d’un artiste c’est que ses fans lui fassent remarquer qu’il était meilleur avant. Du coup, plus je gagne en expérience et plus je suis critique envers mon travail, et plus je deviens lent. En fait j’aimerai beaucoup être capable d’arrêter le temps, afin de pouvoir terminer mon travail !

Couverture pour Ultimate Comics Spider-Man, Black Cat

JdG : Une sorte de super-pouvoir finalement… Vous aimeriez être un super-héros ? Lequel ?

J. S. C. : Alors là j’hésite. J’adore Batman, mais je n’ai pas vraiment envie d’être à sa place ! (rires). Je peux prendre un méchant ? Magnéto. Parce qu’il a l’air d’être totalement en accord avec lui-même. Tous les autres personnages de X-Men semblent lutter perpétuellement contre eux-mêmes, mais Magneto, lui il assume complètement ce qu’il est. Il n’a pas peur d’utiliser ses pouvoirs, et il s’en fiche si ça fait de lui le méchant !

JdG : Ça c’est assez geek comme réponse ! Tiens d’ailleurs quel est le truc le plus geek que vous ayez fait ?

J. S. C. : Ah, ah ! C’est une excellente question ! Vous voulez dire « geek cool » ou « geeky geeky » ? Ok, je vais vous avouer un truc pas vraiment « cool » : j’ai tellement adoré Avatar… Que je suis retourné le voir sept fois au cinéma. En 3D sur écran Imax. Et je m’excuse auprès des nombreuses personnes à qui j’ai imposé ça !

JdG : Vous êtes dur pour leurs yeux !

J. S. C. : Oui ! Les pauvres…

Neytiri, héroïne du film Avatar, par Campbell.

JdG : Vous adorez les princesses de contes de fée, notamment celles des films d’animation Disney. A votre avis, quelle princesse Disney est la plus sexy ?

J. S. C. : Mmmh… j’ai longtemps préféré Ariel (La Petite Sirène, ndlr). Mais depuis que Raiponce est sortie, je l’aime vraiment beaucoup.

Esquisse de Glen Keane pour La Petite Sirène.

JdG : Deux personnages créés par Glenn Keane (célèbre animateur et illustrateur qui a travaillé principalement pour les studios Disney). Il fait partie de vos inspirations ?

J. S. C. : Oui bien sûr. Mais l’étincelle qui m’a vraiment poussé à dessiner vient de Marc Davis, animateur chez Disney. C’est lui qui a dessiné Maléfice et la fée Clochette. Côté comics, Arthur Adams est ma référence. Sinon, j’aime beaucoup le travail de Gil Elvgren, principalement ses pin-ups des années 1950 et 1960. Ses personnages sont sexy et pourtant très naturels, il est vraiment exceptionnel. C’est un artiste qui m’a beaucoup inspiré, notamment sur Danger Girl où son influence est évidente.

JdG : Et pour finir, quel est votre meilleur souvenir en tant que dessinateur de comics ?

J. S. C. : Ah, encore une bonne question… Quand mon tout premier comic book, GEN 13 est sorti, j’ai signé mes tout premiers autographes. Et là une lumière s’est allumée en moi, je me suis dit « C’est vraiment ce que je veux faire ! ». (Il marque une pause) Mais je crois qu’aujourd’hui encore, ma période préférée c’est celle où je travaillais sur Danger Girl.

Illustration réalisée pour les dix ans de Danger Girl.