Alors qu’on s’était dit qu’on allait tester d’autres produits, on a vu qu’on n’avait pas encore totalement terminé le monde des tablettes. C’est donc la semaine dernière que nous avons reçu la nouvelle et première tablette d’Android de Sony, la Tablet S. Alors oui, forcément, on parle d’une énième tablette Android tournant avec le Tegra 2 de Nvidia mais Sony y est allé de sa petite touche avec entre autre un design plutôt réussi et novateur.


Les Caractéristiques

Je pense que vous connaissez déjà les caractéristiques techniques de la bête, mais pour rappel, la Sony Tablet S vous propose un écran tactile TruBlack de 9,4″ avec une résolution de 1280×800, un processeur dual-core Tegra 2 de Nvidia, 16Go ou 32Go de mémoire interne, 1Go de RAM, un port mémoire SD/SDHC/SDXC, le Bluetooth, le WiFi n, une caméra visio VGA, un APN de 5 Mégapixels, un port infrarouge avec la fonction de télécommande universelle, un GPS intégré, une batterie de 5000mAh, le tout dans 242,1×174,3×10,1mm pour un poids de 586g.
A noter qu’une version 3G arrivera quelque part entre octobre et novembre. De même, notre version de test disposait déjà d’Android 3.2. Pour les tablettes qui aurait été livrées avec Android 3.1, la nouvelle mise à jour est disponible depuis ce WE.
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Le Packaging

Le packaging est des plus classiques avec, comme vous vous en doutez, la tablette, un câble USB pour la connexion à un ordinateur et des manuels d’instructions pour une première prise en main. Rien de transcendant donc au final, mais on retrouve malheureusement, comme c’est le cas avec les tablettes d’Acer, un chargeur dédié et donc un port propriétaire pour la recharge. La Sony Tablet S ne pourra donc pas se recharger depuis un port USB. Dommage. Par contre, la recharge se fera plus rapidement.

Le Design

Evidemment, la première chose qu’on remarque en découvrant la tablette de Sony, c’est son design un peu atypique avec un côté de la tablette plus épais que l’autre. La seconde chose concerne son poids qui, une fois en main, ne fait pas ses presque 600g. Evidemment, ce n’est qu’une impression mais ça marche.
Revenons d’abord au design, d’après Sony, c’est pour améliorer la prise en main. Et pour le coup, les ingénieurs de Sony sont dans le vrai. Quand vous tenez la tablette en mode paysage, le poids se retrouve « poussé » vers le haut de la tablette, on se retrouve donc avec un poids bien réparti ainsi qu’une bonne prise en main, ce qui nous donne cette sensation de légèreté. C’est encore plus flagrant en mode portrait puisque la prise en main est quasi parfaite, le poids se retrouve dans le prolongement de votre bras on retrouve cette sensation d’avoir un produit plus léger que le poids annoncé par le constructeur.
Et quand vous couplez cette prise en main avec un écran au format 16/10 et non 4/3, l’utilisation du clavier virtuel en mode portrait et avec les pouces est des plus aisées. Dommage que toutes les applications Android optimisées pour Honeycomb ne soient pas forcément optimisées pour le mode portrait.

Le design est sobre et discret, il est plutôt réussi malgré le design atypique. Par contre, j’aurais aimé l’utilisation de matériaux un peu plus noble que du plastique. Et c’est encore plus visible au niveau du dos avec un plastique brillant et friand de nos traces de doigts. Les APN sont plutôt discrets dans le design

En partant sur le principe maintenant qu’on tient la tablette en mode paysage, sur la face avant, on retrouve donc l’écran avec la caméra visio VGA et le capteur de proximité en haut. Sony aurait quand même pu nous proposer une caméra visio avec une résolution de 1,3 Mégapixels… Pas de touches physiques et pas de touches sensitives non plus. Evidemment, avec un tel design, vous ne trouverez rien sur la tranche haute et la tranche basse de l’appareil. Le port infrarouge est parfaitement dissimulée dans la tranche haute et vous ne le verrez pas. On notera un petit micro, ce qui pourra être utile pour de la VoIP. Au niveau du dos se trouve donc l’APN de 5 Mégapixels. D’ailleurs derrière la tranche basse se trouve le port de recharge malheuresement propriétaire.

Sur la tranche gauche se trouve une prise jack 3,5mm ainsi qu’une trappe accueillant la sortie MicroUSB et un port SD/SDHC/SDXC. Un peu plus bas se trouve un des hauts-parleurs. C’est donc une agréable surprise que de trouver non pas un port MicroSD mais SD, ce qui simplifie le transfert des photos ou autres. Bien vu ! D’après les caractéristiques techniques, le port SD est compatible jusqu’à 64Go donc SDXC puisque les SDHC n’atteignent « que » 32Go.

Sur la tranche droite se trouve le bouton de mise sous tension et de veille ainsi que les deux boutons de volumes. Dans la tranche droite est dissimulée une LED de notification, ce qui pourra plaire à des utilisateurs comme Greg qui sont en admiration devant ce genre de petites attentions. Perso, je n’utilise que très rarements les LED de notification mais c’est bien que Sony y ait pensé. Et enfin plus bas se trouve donc le second haut-parleur.

Comme vous le remarquerez, il n’y a pas de sortie HDMI alors que le processeur de Nvidia le prend en charge. Dommage. Peut-être que Sony a prévu quelque chose avec sa prise dock propriétaire mais on n’en sait pas plus pour l’instant. Et oui, j’ai testé le port MicroUSB avec un câble MHL et ça n’a pas fonctionné. Re-Dommage.

L’écran et le Son

Sony a choisi pour sa tablette de ne pas choisir un écran de 10,1″ comme tout le monde mais un écran de 9,4″. Par contre, on garde la résolution de 1280×800, comme ses concurrentes, ouf ! L’écran est, comme c’est la mode, de type brillant. Bonjour donc les traces de doigts.
A côté, il est plutôt clair et bien contrasté, et c’est ce qu’on attendait de la part de Sony. La dalle de type IPS vous propose un très bon angle de vision. On est loin du super contraste de Samsung mais dans une utilisation quotidienne, ça va. Evitez par contre bien évidemment une utilisation en plein soleil.
Ah oui, je ne sais pas si c’est comme ça sur tous les modèles mais sur mon modèle de test, j’ai noté que le coin inférieur droit n’était pas toujours réactifs et j’ai souvent dû m’y reprendre à deux fois pour effacer une notification Android.

Pour le son, les hauts-parleurs sont situés donc sur les tranches gauche et droite de l’appareil et ce n’est pas, à mon avis le meilleur endroit puisqu’ils sont vites recouvert par nos mains. Le son en lui-même est plutôt classique à part peut-être le fait que je le trouve faible. Par contre, je ne sais pas si c’est fait exprès ou pas mais le son semble « vibrer » sur tout le dos de l’appareil alors du coup, quand c’est posé sur une table ou une surface plane, ça fait un peu caisse de résonnance et j’ai l’impression d’avoir un son plus homogène et plus fort… A vérifier.
Mais dans tous les cas, si vous voulez un meilleur son, des enceintes externes, un casque ou des écouteurs seront vos amis..

En Utilisation

La Sony Tablet S tourne donc sous Android 3.2 avec une toute petite surcouche maison mais rien de transcendant. Du coup, on se retrouve avec une expérience utilisateur ultra-classique avec le cinqs bureaux, les widgets et autres. Je ne m’attarde donc pas trop dessus.
On notera quand même certains petits plus non négligeables comme le GPS intégré dans la version WiFi, ce qui est plutôt sympa avec la version Honeycomb de Google Maps. Dans l’interface, Sony a modifié la présentation des applications vous permettant d’avoir un mode liste de vos applications, ce qui peut s’avérer pratique. La marque japonaise a aussi eu la bonne idée d’intégrer un petit dock en haut à gauche de l’écran afin de vous permettre d’avoir jusqu’à 4 raccourcis.
Comme vous le savez, je suis un grand utilisateur d’eBook et/ou de mangas sur tablette. Du coup, alors que je trouvais le format de 7″ à 8,9″ idéal, je suis conquis sur le format de Sony qui vous propose un écran plus grand mais surtout une prise en main idéale.

Les Performances et le Multimédia

Comme on pouvait s’y attendre, le processeur de la Sony Tablet S est le même que les autres tablettes concurrentes sous Android, à savoir le Tegra 2 de Nvidia. Du coup, même processeur signifie mêmes performances et ce, dans tous les domaines.
Sony a quand même apporté quelques modifications avec notamment la technologie QuickView qui est censé permettre la séparation du contenu texte du contenu multimédia. Résultat des courses, un affichage plus fluide des pages web. Dans la pratique, c’est effectivement un peu plus fluide dans le défilement que ce qu’on a pu voir avec une Asus EeePad Transformer ou une Acer Iconia Tab A500 mais ce n’est pas super flagrant non plus. De nos tests, ça l’a encore moins été contre une Samsung Galaxy Tab 10.1.

Pour ce qui du multimédia, pas de grosses surprises puisque c’est Android Stock, avec donc ses limitations. Pour ce qui est de la vidéo, Android Stock oblige, il vous faudra passer par un lecteur multimédia externe comme MoboPlayer pour lire des fichiers non supportés de base par Android. Pour les performances, on reste dans les limites du Tegra 2, à savoir qu’on s’arrêtera quoiqu’il arrive à du 720p voire moins pour les formats dont on doit passer par un décodage logiciel.
Sony vous livre bien une nouvelle application vidéo mais elle se base sur ce que propose Android et le DNLA. La seule nouveauté, c’est la possibilité de prendre une vidéo et de la « jeter » (en la faisant glisser vers le haut de l’écran) vers un périphérique compatible DNLA comme c’est souvent le cas avec les récents téléviseurs. Evidemment, le WiFi est obligatoire pour utiliser cette fonction.
A côté, je ne sais pas si c’est nouveau ou pas mais l’application Youtube pour Android Honeycomb vous propose de lire du contenu HD. De même, l’application de base, Galerie, vous permet de faire des rotations au niveau des photos mais aussi de recadrer, ce qui peut être pratique.

Dans le genre ajout, Sony vous propose aussi son application Reader qui est compatibles avec les eBook au format ePUB et PDF. L’application est aussi compatible avec le futur Reader Store de Sony qui arrivera en janvier 2012 prochain. Bien évidemment, des fonctions de prises de notes, de signets et autres sont au programme mais pour la synchronisation et autres achats, ça n’arrivera qu’en début d’année prochaine avec le Reader Store et donc sans doute une mise à jour de l’application. En attendant, si vous n’avez pas envie de télécharger Adobe Reader, vous pourrez toujours cette application pour vos PDFs.
On notera que Sony ne propose pas Polaris Office par défaut. Certes, il est trouvable sur l’Android Market mais cela aurait été bien de l’avoir par défaut comme c’est le cas chez la concurrence.
A coté, il y a aussi une une petite application ultra limitée vous permettant de voir vos flux d’activité basé sur vos comptes Facebook et Twitter. Je ne peux que vous conseiller d’aller plutôt récupérer sur l’Android Market TweetCaster HD ou FriendCaster HD. Enfin, Sony vous proposera aussi son clavier virtuel qui est plutôt bien pensé avec l’apparition d’un pavé numérique lors de la saisie des mots de passe.

La télécommande universelle

Parce que Sony destine sa tablette à une utilisation à la maison dans le canapé ou dans le lit, la Tablet S est livrée avec une application de télécommande universelle qui fonctionne via infrarouge. Et qui dit universelle dit aussi les autres marques que Sony.
Heureusement pour nous, c’est le cas. Il vous faudra juste choisir la marque puis la catégorie et le profil enfin. Par contre, on est loin des personnalisations et fonctions que proposent les VRAIES télécommandes universelles comme les macros, etc… A noter aussi qu’il est possible « d’apprendre » les touches à partir de la télécommande originale.
Vous l’aurez compris, cette fonction n’est là que pour dépanner. Sony devrait se pencher un peu plus sur la question afin de nous proposer une vraie concurrente des autres Marantz ou Logitech Harmony ou alors faire un partenariat.

Les jeux PS One

Environnement Sony et Sony Ericsson oblige, la Tablet S est compatible avec les jeux Playstation Certified qu’on peut trouver à destination du Sony Ericsson Xperia Play (notre test ICI). D’ailleurs, la Tablet S est livré avec MediEvil et Pinball Heroes.
Bien entendu, on n’a pas de bouton physique mais Sony profite du grand écran de la Tablet S pour vous proposer des touches virtuelles de la manette Playstation. Et comme on se doute qu’il sera impossible d’accéder aux touches qui tombent habituellement sous les index, Sony vous propose de pouvoir placer où bon vous semble vos touches et aussi de les redimensionner à votre guise.
Par contre, je n’ai pas trouvé comment récupérer d’autres titres qui sont actuellement disponibles pour le Sony Ericsson Xperia Play… Peut-être quand que le Sony Entertainment Network sera réellement disponible ? On verra puisqu’on nous promet un lancement pour ce mois d’octobre.

A défaut de jeux Playstation Certified, vous pourrez toujours vous rabattre sur les jeux Tegra ou autres jeux Android qui utiliseront bien mieux le côté tactile de l’appareil.

Les APNs

Même si je ne suis pas partisan de la prise de vue depuis une tablette, les constructeurs continuent de nous proposer un APN sur les tablettes. Pour moi, ça ne sert à rien mais qui peut le plus peut le moins alors… C’est donc un capteur de 5 Mégapixels et force est de constater que la Tablet S s’en sort plutôt pas mal pour peu que vous disposiez de la lumière adéquate.
Par contre, pour la partie vidéo, ce n’est pas super super, il faut l’avouer, c’est du 720p mais je n’ai pas été convaincu, ça sera vraiment pour dépanner. Mais d’un autre côté, filmer avec une tablette, très peu pour moi.

L’Autonomie

Avec une batterie de 5000mAh, Sony annonce 8h d’autonomie. Dans mes tests pas scientifiques pour un sous, je me suis retrouvé avec une autonomie d’environ 7h30, ce qui n’est pas mal du tout. Par contre, je ne sais pas si c’est mon modèle de test ou si c’est normal mais toujours est-il qu’avec mon utilisation, je n’ai pas dépassé les 2/3 jours de veille alors qu’avec la même utilisation, l’EeePad d’Asus a tenu entre une semaine et 10j.

Conclusion

Avant de tester la tablette et après l’avoir découvert pour la première fois lors de l’IFA 2011, j’avais de gros à-prioris sur la Tablet S de Sony. Et bien je ne peux qu’avouer avoir eu tort, le modèle de test est bien différent des modèles de démo de l’IFA 2011. Elles sont plus fluides dans leur utilisation et surtout mieux finies. Le design, bien qu’atypique, est très confortable à l’utilisation. Les applications et la compatiblité Playstation sont des plus appréciables même si cela reste encore anecdotique quelque part.
On pourrait souhaiter une meilleure autonomie, un écran mat ou encore une recharge via USB mais pour un premier coup d’essai, Sony s’en sort bien et je me vois bien utilisateur de cette tablette dans la vie de tous les jours.
Au niveau du hardware, on y est et le design rend justice aux risques que Sony a pris pour se différencier. Il faut maintenant s’attarder au niveau logiciel et nous livrer des applications plus finies afin de proposer un package plus complet dès l’ouverture de la boîte et donc une expérience plus complète.