Comme à son habitude, l’UFC Que Choisir est allé mettre son nez dans les nouveaux forfaits de Free Mobile, et l’association met en avant quelques détails et frais annexes pas forcément connus du grand public. Rien de bien surprenant puisque Que Choisir aime bien décortiquer les choses, même si cela est parfois un peu tiré par les cheveux, morceaux choisis…

Des frais annexes
Free mobile facture 10 € l’envoi de la carte SIM (sauf en cas de souscription par Internet ou de portabilité) et 10 € l’envoi du mobile (15 € pour les deux). Certaines options sont aussi facturées en supplément : 1 €/mois pour le service Mail Push BlackBerry, 0,05 €/min pour le renvoi d’appels (en métropole)…

Des appels chers depuis l’étranger
Attention si vous comptez utiliser votre forfait en dehors de l’Union européenne. Les tarifs en roaming sont particulièrement élevés. Par exemple, un appel vers la France est facturé 2 €/min depuis l’Algérie (contre 1,18 € chez Orange) et 2,50 €/min depuis Andorre (1 € chez Orange). Comptez par ailleurs 0,48 € le SMS envoyé depuis l’Algérie (0,28 € chez Orange) et 0,032 € le kilo-octet depuis le Royaume-Uni (0,005 €/ko chez Orange). Évidemment, comme ses concurrents, Free mobile facture ces appels hors forfait. C’est le cas aussi des appels vers les numéros courts, spéciaux et pour les SMS + et MMS+ (non disponibles pour l’instant).

Des restrictions d’usage
Les appels inclus vers 40 destinations sont limités aux lignes fixes, sauf pour l’Amérique du Nord (fixe ou mobile) (1).
Les SMS et MMS sont limités à 10 destinataires par envoi, la carte SIM ne peut pas être utilisée dans un ordinateur ou une tablette 3G et l’abonné doit utiliser le service « en bon père de famille ». Cette formule, également utilisée par d’autres opérateurs, ne permet pas de connaître les limites d’utilisation du service. Les précisions apportées par Free contiennent également des formules approximatives (« utilisation à des fins ou de manière anormale… ») ou trop vagues (« utilisation perturbant ou dégradant le service… ») qui donnent à l’opérateur une grande marge d’interprétation. Free mobile s’autorise par ailleurs à résilier un contrat « sans indemnité » (art. 7 des Conditions générales d’abonnement), sans que soient précisément définis les abus anormaux du service.

Attention au tarif des téléphones
Free mobile propose d’acquérir des téléphones grâce à un crédit sans frais sur 12, 24 ou 36 mois. Mais gare au prix de vente du téléphone ! L’iPhone 4S 16 Go, par exemple, revient au final à 720 € chez Free alors qu’il est vendu seul 629 € chez SFR. Par ailleurs, que se passe-t-il si le téléphone rend l’âme ou si vous souhaitez en changer avant la fin du remboursement ?

Délai de rétablissement en cas de coupure du service
Free mobile s’engage à rétablir un service interrompu « dans un délai de 2 jours maximum à compter de la publication de l’incident sur le site » (art. 5.2 des CGA). Non seulement ce délai de 2 jours est trop long mais Free laisse aussi croire au consommateur qu’il ne pourra pas demander d’indemnisation si le service est interrompu moins de 2 jours, alors que toute inexécution contractuelle, même de 24 heures, doit être indemnisée.

Indemnisation limitée
Une interruption du service d’au moins 2 jours donne droit « à un avoir calculé sur le montant de l’abonnement mensuel au prorata temporis du défaut d’accès au service » (art. 5.2 des CGA). Le fait d’imposer l’octroi d’un avoir est abusif (art. R.132-1 7° du code de la consommation).

La qualité du réseau
Il est encore trop tôt pour juger la qualité du réseau Free mobile, que ce soit pour les 25 % du territoire sur lesquels Free a déployé ses propres antennes ou pour le reste de l’Hexagone, pour lequel un accord a été passé avec Orange. Accord dont on ne connaît pas les détails. Par ailleurs, le fait d’inclure dans le forfait 3 Go de données par mois ne va-t-il pas inciter les utilisateurs à beaucoup se connecter à Internet et donc à surcharger le réseau à certains moments ?

Pas de facture papier
Les abonnés à Free mobile recevront chaque mois une facture sur « support durable électronique » (art. 3.2 des CGA). Une pratique inverse au principe édicté par l’article 14 de l’arrêté du 1er février 2002 relatif aux factures téléphoniques, qui prévoit que les factures sont envoyées au client « sur support papier ou, avec son accord préalable et exprès, sur un autre support durable à sa disposition ».