En octobre dernier, on vous avait proposé le test de l’Amazon Kindle 4 lors de sa sortie française. Et forcément, avec les fêtes de fin d’année, la Fnac ne pouvait pas laisser Amazon s’implanter sur le marché français sans réagir, surtout après l’échec assez cuisant du FnacBook, premier du nom. C’est donc juste avant les fêtes de fin d’année que la Fnac, en partenariat avec le Canadien Kobo, a lancé le Kobo by Fnac, une nouvelle liseuse numérique tactile toute en finesse pour concurrencer le Kindle 4 d’Amazon.

Fin 2011 était enfin synonyme de l’arrivée en masse du livre numérique dans nos contrées. Alors oui, une liseuse ne remplacera pas un vrai livre papier sur certains points comme l’odeur et la texture du papier, mais à côté, c’est tellement plus pratique en déplacement. Avoir plusieurs livres dans moins de 200g, c’est assez imbattable !

Le Kobo By Fnac reprend donc le Kobo Touch du Canadien du même nom. Et alors qu’Amazon vous propose pour l’instant que le modèle à touches, son concurrent direct en France est tactile. On le verra un peu plus tard, mais il y a des avantages et bien évidemment quelques inconvénients. Du côté de l’offre, vous aurez accès au catalogue que propose Kobo, mais aussi la Fnac soit déjà plus de 200.000 livres en version française, soit au final un catalogue de plus de deux millions de livres. Le Kobo by Fnac est disponible en boutique ou en ligne au prix de 129€.

Caractéristiques

Pour ce qui est spécifications techniques, le Kobo by Fnac vous propose 4 coloris différents pour ce qui est de la coque. Attention, ça ne se personnalise pas après-coup donc choisissez judicieusement. À côté, il vous propose un écran e-ink de 6″ soit 15cm avec une résolution de 600×800, une densité de 167dpi et 16 niveaux de gris, un processeur 508 de Freescale, une mémoire de 2Go (1Go disponible soit l’équivalent de 1000 ebooks quand même), un port mémoire MicroSD (jusqu’à 30.000 ebooks sur une carte mémoire de 32Go), le WiFi b/g/n, un port microUSB pour la synchro et la recharge, une autonomie annoncée allant jusqu’à un mois, la compatibilité avec les formats EPUB, TXT, PDF, MOBI non protégé, HTML, RTF, JPEG, GIF, PNG, TIFF et BMP ainsi que CBZ et CBR, le tout dans 165x114x10mm pour 185g.

Le packaging

Rien de transcendant de ce côté-là puisqu’à la manière des concurrents, c’est livré avec son câble MicroUSB blanc et puis c’est tout. Pas de chargeur ou autre. D’un autre côté, vous pourrez recharger la bête depuis n’importe quel port USB alors. Et avec l’autonomie d’un mois en moyenne, inutile de vous dire que vous ne rechargerez que très peu votre liseuse.

Design

Sur le papier, il est un poil plus lourd que le Kindle 4, mais très honnêtement, le poids surprend tellement c’est léger. C’est encore plus flagrant si vous aviez eu un FnacBook. Avec seulement 185g sur la balance, c’est à peine plus lourd qu’un smartphone et surtout, c’est plus léger que n’importe quel livre ! Appréciable et Impressionnant.
Pour ce qui est de la finition, elle est excellente, j’adore toute la partie soft-touch, c’est toujours des plus agréables, surtout au niveau du dos avec son design style coussin. Le design général est plaisant et ce, plus que son concurrent direct parce que le fait d’avoir un écran tactile supprime les boutons disgracieux. Du fait de sa légèreté, on a cette impression de fragilité, mais il n’en est rien. J’ai fait tomber notre modèle de test une ou deux fois et je n’ai rien noté de particulier. Évidemment, il ne faudra pas abuser des chutes à répétition non plus.

Sur la face avant se trouve l’écran E-Ink, et en bas de l’écran se trouve le bouton d’Accueil qui vous permettra de revenir sur le menu principal. Sur la tranche gauche se trouve le port mémoire MicroSD alors qu’on ne trouvera rien sur la tranche droite.
Sur la tranche haute se trouve le bouton de mise sous tension et sur la tranche basse se trouve l’éternel port MicroUSB pour la recharge et la synchronisation via USB.

A l’utilisation

Je ne reviens pas sur l’écran E-Ink qui vous donne l’impression d’avoir du papier. Le contraste est parfait et pour peu que vous ayez un peu de lumière, la lecture est des plus agréables. Comme chez son concurrent, il vous faudra activer votre appareil et donc avoir un compte Kobo ou Fnac. À ce sujet, si vous devez créer un compte, utiliser votre compte Fnac parce qu’avec le compte Kobo pur, on n’accède pas au catalogue de la Fnac.

Contrairement au Kindle qui arrive tout configuré avec votre compte Amazon, il vous faudra, en plus de votre compte, télécharger un client PC/Mac, Kobo Desktop, afin de connecter votre compte et donc permettre l’activation de la liseuse. Rien de transcendant ou de bien compliqué, mais je préfère la solution d’Amazon qui n’impose pas l’installation d’un client.
Alors oui, avec le client, vous pourrez gérer votre bibliothèque de votre ordinateur ou de votre Kobo, mais pouvoir le faire depuis n’importe quel navigateur internet, c’est bien bien mieux. À noter qu’une fois activé, le glisser-déposer fonctionne également très bien.

Plusieurs langues sont disponibles, mais pas tous les dictionnaires. Au moment où ce test a été effectué, soit courant décembre, le dictionnaire français n’était pas encore disponible. Pour ce qui est l’interface utilisateur, rien de bien différent de ce qu’on connaissait déjà du monde des tablettes.

Pour passer de page en page, il y aura deux méthodes. La première est la plus connue et la plus simple puisqu’il s’agit de faire des gestes de droite à gauche ou de gauche à droite pour changer de pages. La seconde est aussi assez simple puisque l’écran est divisé en trois zones, celle de gauche pour aller à gauche, la zone de droite pour aller à droite et enfin la zone centrale pour afficher les options de lectures.

Comme toute liseuse qui se respecte, vous pourrez changer la police, la taille de la police, mais aussi les marges, mettre des signets et autres options assez classiques d’une liseuse numérique. À ce sujet, comptez pas moins de 7 styles de police et 17 tailles de police.

Une fois qu’on a découvert l’interface utilisateur relativement austère du Kindle 4 d’Amazon, inutile de vous dire que c’est le jour et la nuit avec celle du Kobo by Fnac. En effet, entre les vignettes de la page d’accueil et les options assez visuelles, le Kobo est nettement plus user-friendly que son homologue américain. Le rafraichissement des pages est un peu mieux géré que sur le Kindle puisque ça n’intervient réellement que tous les six pages. Du coup, on a une impression de fluidité dans le passage des pages, même s’il n’y aura pas de réelles différences dans la vie de tous les jours par rapport à son concurrent américain.

Réseaux sociaux obligent, vous pourrez bien évidemment partager des passages sur Facebook et/ou Twitter. Dans les petits plus, Kobo a aussi intégré un petit navigateur sans prétention, mais qui pourra dépanner au cas où. On notera aussi la présence de statistiques de lectures comme le nombre de pages que vous lisez par session, la vitesse de lecture, etc… Comme son homologue américain, vous accéderez aussi à la boutique de livres depuis le Kobo by Fnac. Ce n’est pas aussi rapide que le client PC/Mac ou la version web, mais c’est toujours pratique si, en déplacement, vous avez besoin d’acquérir un livre.

Pour ce qui est des formats, comme vous avez pu le voir, le Kindle, même dans sa version 4, n’est toujours pas compatible avec le format ePub qui semble devenir la référence. Il va falloir ainsi passer par des logiciels tiers comme l’excellent Calibre pour la conversion. Du coup, agréable surprise chez le Kobo by Fnac qui, non seulement, est compatible avec le format ePub mais aussi avec les archives CBZ/CBR. Plus besoin de passer par un logiciel tiers et avec le port mémoire MicroSD, inutile de vous dire que vous pourrez vous balader avec une grande bibliothèque. Par contre, toujours pas de gestion de répertoires… Dommage.

La synchronisation

Comme le propose Amazon et son Kindle, la Fnac et Kobo vous propose bien évidemment la synchronisation de vos livres entre les différentes plates-formes. Ainsi, quelle que soit la plate-forme que vous utilisez, vous pourrez toujours reprendre votre lecture là où vous vous êtes arrêté. Pratique.

Par rapport au Kindle 4 d’Amazon

La grosse différence entre les deux concurrents se situe donc au niveau de l’écran tactile. Je ne reviens pas vers les formats supportés, il y a un avantage certain pour le Kobo by Fnac, en plus de son catalogue de livres français plus fournis. Pour le design, rien à redire aussi puisque le fait d’avoir un écran tactile vous permet d’avoir un design plus épuré.
Mais est-ce que l’écran tactile est un plus ? Dans l’absolu oui, puisque c’est quand même plus naturel. Par contre, j’ai remarqué que j’avais une certaine tendance avec le Kindle 4 à poser mon pouce sur l’écran, cela me permettait d’avoir une meilleure prise en main. Mais que nenni sur un écran tactile, j’ai dû revoir ma prise en main. Rien de bien difficile en soi, mais lors de la lecture d’un livre, ça m’a un peu gêné. Attention, cela ne concerne que moi et vous ne verrez peut-être pas cette petite gène, mais je voulais vous le signaler.
Par contre, rien à ajouter pour la prise de note, le clavier virtuel sur un écran tactile, c’est sans comparaison possible avec un clavier virtuel via un pavé directionnel. Comme pour le Kindle 4, le Kobo by Fnac ne propose pas de prise casque donc pas de livres audios, dommage.

Par rapport à une tablette

Je l’avais déjà dit avec le Kindle. Par rapport à une tablette, ce n’est pas comparable du tout. Une liseuse est faite pour lire et c’est tout. L’avantage de l’écran E.-Ink, c’est qu’il n’y a aucune source lumineuse provenant de l’appareil. Du coup, ça fonctionne vraiment comme un livre papier avec ses avantages et ses inconvénients liés à une source lumineuse extérieure… Mais â côté des écrans IPS, un des avantages certains est que ça ne fatigue pas, mais alors pas du tout les yeux et ce n’est pas négligeable.

Alors oui, on peut très bien lire avec une tablette, mais vos yeux en prendront un coup et puis tenir 185g dans les mains, c’est toujours plus agréables que 600g en moyenne, non ? Donc encore une fois, la liseuse vient en complément d’une tablette.

Conclusion

Après un FnacBook poussif, le partenariat entre la Fnac et Kobo est un duo gagnant, du moins, pour nous autres français. La liseuse est très agréable à l’utilisation et le catalogue commence à se fournir peu à peu. L’apport d’un écran tactile n’est pas indispensable dans le cas d’une liseuse numérique, mais c’est très intuitif à l’utilisation et pour peu que vous aimiez prendre des notes, c’est bien mieux. Le support des formats standards rajoute bien évidemment de l’intérêt du Kobo by Fnac, surtout si vous avez tendance à traîner un peu trop sur le web ^^ et/ou si vous ne voulez pas dépendre de l’écosystème de Kobo/Fnac.
À 129€, il est fin, performant, léger et pas cher et je ne peux que vous le conseiller si vous aimez lire. Il va falloir maintenant que les éditeurs fassent des efforts sur les prix parce qu’on est encore loin d’avoir des prix agressifs.