Les récentes actualités concernant nos opérateurs téléphoniques nationaux ont fait la part belle aux dysfonctionnements du réseau du nouveau venu Free mobile.

Ces dysfonctionnements, et les nombreux mécontentements d’utilisateurs exaspérés pour certains ont toutefois permis aux trois opérateurs de rester silencieux sur les conséquences de la baisse drastique de tarifs imposée par Xavier Niel et ses deux forfaits téléphoniques sans engagement. Du coup, nos confrères de PCINpact ont souhaité en savoir plus sur les éventuelles conséquences des offres low cost auprès des trois principaux opérateurs français.

Orange, gel d’embauches (ou presque)

Selon des sources PCINpact proches de l’opérateur historique, bien que l’accord Orange/Free mobile soit profitable au premier, la politique tarifaire dictée par le second a contraint Orange à redéfinir sa stratégie en matière d’emploi.

Je vous case ici monsieur, mais c'est provisoire

En conséquence, la société ne s’engage plus que sur des contrats de moins d’un an, qu’il s’agisse de CDD ou d’intérim, l’opérateur historique ne transformera désormais plus les postes temporaires en postes permanents même si des exceptions ne sont pas écartées. Concrètement, les postes les plus touchés graviterons certainement autour des centres d’appels (véritables foyers d’emplois précaires) ainsi que des points de vente. PCINpact souligne cependant que du fait de son statut d’opérateur historique et ex-société de l’Etat, un certain nombre d’employés de la société possèdent le statut de fonctionnaires, l’impact (ressenti tout du moins) devrait alors être moindre que chez la concurrence comme…

…SFR et ses 12 travaux d’Hercules

La situation de SFR est quelque peu particulière. L’opérateur semble dans une bonne dynamique à en croire l’enthousiasme dont il fait preuve pour son réseau 4G (sur lequel il ne manque d’ailleurs pas de communiquer en avance dans ses campagnes publicitaires), il vient également de procéder à un alignement longtemps attendu sur les tarifs de Free mobile. Dans le même temps la société souffre en silence, boudée par les consommateurs (d’ailleurs à l’origine de la fameuse pétition pour l’alignement des tarifs), SFR s’est récemment séparé de son président directeur général Frank Esser après douze années de bons et loyaux services du jamais vu dans l’histoire des opérateurs téléphoniques.

Je quitte SFR, mais pas mon abonnement j'ai besoin de rester joignable après 17H

Dans l’attente d’un nouveau PDG, SFR n’apporte pas d’informations supplémentaires sur la future orientation donnée à sa politique de recrutement. Toujours selon des sources de PCINpact, la société aurait réduit le nombre de ses prestataires notamment dans le secteur de l’assistance technique et procèderait, à l’instar d’Orange au non-renouvellement des postes en CDD.

Bouygues Telecom, profil bas mais tête haute

Il est vrai qu’en énumérant les principaux opérateurs, les différentes sources parlent peu ou pas de Bouygues Telecom. Premier opérateur à s’être aligné à l’identique avec l’offre à 19,90 euros de Free mobile, Bouygues Telecom a surtout souhaité mettre l’accent sur la qualité de son service client ainsi que sur les tarifs attractifs en matière d’acquisition de mobile dans le cadre de son offre sans engagement.

"woobees" ?

Si peu d’informations ont pour l’heure filtrées quant aux conséquences sur l’emploi de l’arrivée du quatrième opérateur sur le marché des télécoms, il ne fait aucun doute cependant que Bouygues Telecom doive se serrer la ceinture : avec 134 000 désinscriptions enregistrées en date du 29 janvier 2012, Olivier Roussat PDG de Bouygues Telecom a fait savoir qu’un plan d’économies de coûts devrait voir le jour en 2012, de façon à pallier une baisse de 10% du chiffre d’affaire du groupe.

Et les MVNO ?

A l’image de Bouygues Telecom, les opérateurs virtuels communiquent peu sur leur situation financière et encore moins sur leur politique en matière d’emploi. N’ayant pas de besoins particuliers en matière de maintenance d’infrastructures, l’essentiel des effectifs se concentre sur les fonctions dites « support » : Assistance téléphonique, centres d’appels et autres.

... et le mot est faible...

Pour autant, ce sont les premiers à avoir tiré la sonnette d’alarme (les mauvaises langues dirons « ouverts le bureau des pleurs) concernant les tarifs aggressifs de Free mobile, leur mécontentement face au pratiques commerciales de Xavier Niel n’ont fait que redoubler lorsque ce dernier leur a présenté son offre de mise à disposition de son réseau. Avec des tarifs plus chers demandés au MVNO en comparaison de ses propres offres, Free mobile s’est définitivement mis à dos ces sociétés désormais tenues d’agir sur les moindres leviers en quête d’une rentabilité toute relative.
Avec une chute d’abonnés de 10% « post Free mobile », Zéro forfait reflète la mauvaise passe que doivent certainement traverser les opérateurs virtuels.
Malgré tout, alors que certains prédisaient la mort rapide des opérateurs virtuels, le peu d’informations disponibles à l’heure actuelle ne peut confirmer ou infirmer ces prédictions. Les MVNO sont bel et bien là.