Après le cahier des charges imposé aux constructeurs d’ordinateurs concernant la conception de produits éligibles à l’appellation Ultrabooks, Intel se tournerait désormais vers les constructeurs de disques durs, seconds acteurs de poids dans la conception de machines toujours plus fines et performantes.

Alors que les premiers modèles en 7mm commencent tout juste à faire leur apparition, le fondeur a déjà un regard très précis sur l’avenir et entend bien réduire d’encore 2mm l’épaisseur des disques durs à plateaux.

Priorité finesse

Certainement conscient des contraintes liées aux disques traditionnels à plateaux face aux SSD, Intel souhaite avant tout miser sur le volume occupé par les disques durs actuels mais aussi sur l’espace de stockage disponible pour l’utilisateur. Ce que gagnent les SSD en terme de rapidité et de fiabilité ils le perdent lorsque l’on compare le coût au gigaoctet. Les disques à plateaux représentent donc un intérêt certain pour les constructeurs soucieux d’offrir de plus grands espaces de stockages sur les ultrabooks, mais permet aussi de rogner un peu sur le prix des machines.

Selon la Roadmap du fondeur, il faudrait s’attendre à des disques durs d’1To en 5mm d’ici à 2015. Si les délais sont respectés, cette évolution nous semble plausible car dans le même temps, le prix des SSD de grande capacité auront également bénéficié de baisses de prix notables.

Malheureusement, plusieurs enjeux risquent de venir troubler les prévisions d’Intel. D’une part, même si ils ne sont pas orientés performances, les disques fins et plus généralement les disques durs destinés aux ultrabooks ne profitent pas de vitesses de rotations très élevées. Les 5400 Tours par minute semblent être la limite acceptable à ne pas dépasser sur ce type de produits et les constructeurs auront fort à faire en matière de nuisances sonores mais aussi de résistance aux chocs avec des unités fines de 5mm.

Enfin, cette cure d’amincissement ne s’opérera pas sans douleurs : les ports SATA traditionnels seront malheureusement trop épais pour être réutilisés sur les futurs disques durs « ultrafins » et Intel travaille dores et déjà avec le SATA-IO, l’organisme en charge de la validation des connecteurs afin de développer une variante du Micro-SATA dans un format propriétaire afin de palier à ce problème de conception.

Paradoxalement, se pose finalement la question du prix : avec les efforts en recherche et développement qu’impliquent cette diminution de l’épaisseur des unités de stockage s’ajoutent aussi le surcoût du développement d’une connectique propriétaire. Ces deux facteurs combinés pourraient très bien jouer en la défaveur de ces disques durs « ultrafins » d’ici à 2015, si toutefois les SSD parviennent à voir leur prix baisser à un rythme plus soutenu que ces dernières années.