Acculer, c’est bien le mot pour « introduire » la plainte collective déposée par plusieurs utilisateurs du réseau BitTorrent aux Etats Unis.

Sur le banc des accusés, on retrouve cinq des plus grands studios pornographiques au monde, dont certains connaissent le nom par coeur. La plainte met en lumière des pratiques qualifiées de racket par les utilisateurs.

Selon le contenu du dossier des plaignants, ces studios auraient mobilisé du personnel afin de traquer puis remonter les adresses IP associées à l’utilisation de logiciels de partage en P2P de type BitTorrent donc.

Si des suspicions de téléchargement illégal de contenus pornographiques leurs paraissent plausibles, ces mêmes studios portent alors plainte contre X (ndlr : forcément). Les fournisseurs d’accès américains se retrouvant donc contraints par la loi de fournir aux studios les adresses IP collectées ainsi que l’identité des abonnés.

Numéro de téléphone en poche, l’industrie du X entre directement en contact avec les supposés « pornopirates » afin non pas de régler l’affaire devant les tribunaux mais bel et bien en cercle très fermé à coups d’espèces sonnantes et trébuchantes.

Sous la pression, et devant la peur de devoir supporter un procès pour téléchargement illégal de Téraoctects de données pour adultes, les utilisateurs contactés acceptent de régler des sommes allant de 1000 à 5000 dollars, comme ça.

Bien qu’inférieures aux sommes que ces studios auraient pu obtenir devant les tribunaux (si les accusations sont vérifiées pour autant) les accords à l’amiable seraient devenus un véritable fond de commerce pour l’industrie de la pornographie et c’est ce que la plainte souligne.

La plainte ajoute que ces studios se comportent en véritables « troll » à l’encontre des utilisateurs de BitTorrent :

Les fournisseurs de pornographie ont développé un nouveau modèle économique en utilisant le système judiciaire pour extorquer de l’argent à des personnes qui sont simplement identifiées par leur adresse IP et sans la moindre preuve qu’elles ont téléchargé du contenu protégé par des droits d’auteur.

Le débat autour des droits d’auteurs dans le secteur de la pornographie étant actuellement au coeur de nombreux débats aux Etats Unis, cette plainte est à mettre en perspective du traité ACTA rejeté en Europe, mais qui nous revient sous une autre forme : CETA.