Deux semaines. Voilà deux semaines qu’Apple et Samsung se livrent une guerre sans pitié dans le cadre du procès qui se déroule à San José. Et incontestablement, Apple gagne des points en attaquant férocement son rival coréen, et certains diront même avec l’aide de la juge Lucy Koh. Alors que le procès s’était concentré sur le cas de l’iPhone et du Galaxy S, c’est maintenant les tablettes des deux marques qui sont au centre des débats.

Dans son argumentaire, Apple s’attaque directement à la Galaxy Tab de Samsung. En effet, l’avocat de la Pomme a évoqué une enquête menée dans les magasins Best Buy. Au départ, l’affaire relatait un fort retour des tablettes Samsung en magasin. Selon Apple, les clients qui retournaient leurs tablettes pensaient qu’ils avaient acheté un iPad. Pour démontrer cela, Samsung a mené sa propre enquête selon laquelle seulement 9% des retours seraient dus à la confusion des clients.

Apple a enfoncé le clou en présentant un document interne de Samsung datant de janvier 2011, soit pendant la finalisation de la Galaxy Tab en juin 2011. Ce document montre que Samsung était conscient des ressemblances avec l’iPad, selon l’argumentaire d’Apple. Conclusion d’une étude réalisée auprès des consommateurs, le document démontre que nombre d’entre eux ne voient pas la différence entre les deux produits :

Plus de la moitié des consommateurs qui ont vu la publicité télévisée de la Galaxy Tab pensaient qu’il s’agissait d’un produit Apple. 16% seulement savaient qu’il s’agit d’un produit Samsung.

De même, le document révèle que Samsung était conscient de la ressemblance de son Galaxy S avec l’iPhone, mais a justement joué sur cette confusion :

Les smartphones de Samsung sont appréciés, mais pas aimés… si les gens apprécient les téléphones, ils ne présentent pas le même genre de passion et de fidélité qu’ils peuvent avoir pour l’iPhone.

Samsung cherchait donc à s’inspirer d’Apple et de sa stratégie marketing pour vendre son téléphone. Mais dans ce cas, est-ce de la copie ou de l’inspiration ? Le géant coréen avait bien tenté de démontrer qu’il n’avait pas copié l’iPhone. Samsung avait en effet dévoilé des documents à la presse peu avant le procès. Ceux-ci montraient les prototypes de smartphones Samsung avant la sortie de l’iPhone. Ces documents, qui tendraient à prouver que l’iPhone a juste été une inspiration, ont été rejetés par la juge. Lors de leur divulgation, Lucy Koh a fait part de sa colère à Samsung, et a demandé de ne pas évoquer cette affaire durant l’audience.

C’était sans compter sur l’avocat de Samsung, qui s’est vu passer un savon par Lucy Koh après en avoir parlé, ce qui n’est pas pour arranger la situation de la firme coréenne auprès de la firme.

Enfin, notons que la juge Lucy Koh a autorisé la divulgation des chiffres de ventes internes des deux entreprises, malgré les réclamations d’Apple. Ainsi, on apprend que la Pomme a vendu 85,9 millions d’iPhone, toutes générations confondues, bien devant Samsung qui lui a vendu 21,2 millions de smartphones depuis 2010. 1,4 million de tablettes Samsung ont été écoulées, et dans le même temps, c’est 32 millions d’iPad qui ont été vendus. Bref, les volumes de ventes sont largement supérieurs du côté d’Apple, qui pourrait ainsi voir le préjudice estimé baisser drastiquement. Nous comprenons mieux maintenant pourquoi Apple a rechigné à confier ses chiffres de ventes.

Quoiqu’il en soit, le procès va durer encore 15 jours. Apple marque des points auprès de la juge Lucy Koh, mais c’est avant tout les jurés que les deux partis doivent convaincre.