Nous au JDG, aimons la musique. Bon d’accord il ne faut pas s’attarder outre mesure sur les goûts douteux de Pierre et son obsession pour Gangnam Style. Quoiqu’il en soit, nous n’avons pas hésité une seconde à contacter le constructeur Antec afin de tester le premier Kit d’enceintes de la marque, les Soundscience Rockus 3D.

Plus connu sur la scène « hardware » avec ses alimentations ou encore ses boîtiers (le Twelve Hundred ayant marqué les esprits de tout geek hardware ayant croisé son chemin), Antec suit Corsair sur le chemin de la diversification avec un challenge tout aussi relevé : réussir là où d’autres ne se risquent même pas.

De type 2.1 (c’est à dire deux satellites et un caisson de basses), cet ensemble affiche d’emblée ses prétentions de par son prix d’une part (230 euros prix public) mais également sa finition : Le Rockus 3D fait la part belle à l’aluminium anodisé tout en restant sobre.


Si comme moi vous avez un goût pour les produits bien finis et pas trop tape à l’oeil, Antec saura toucher la corde sensible : classe et sobriété sont ici les maîtres mots.

Mais une fois la première (bonne) impression passée, qu’en est-il de la qualité sonore ? Le Rockus 3D tient-il les promesses inhérentes à son positionnement tarifaire élevé face à une concurrence forte de plusieurs années d’expérience ? La vérité est ailleurs… Quelques lignes plus bas.

Design & finition

Satellites : une finition exemplaire.

Vous l’aurez deviné, à ce prix, le constructeur ne pouvait pas se permettre de proposer à un public habitué à la qualité de ses produits un kit 2.1 « au rabais », bardé de plastique à la finition douteuse.

Point de tout cela ici et c’est avec un plaisir non contenu au déballage que l’on se rend compte de ses nombreuses qualités esthétiques :

Les satellites font leur poids. Dans leur châssis intégralement en aluminium, des pieds aux tweeters, ils annoncent la couleur et font honneur à un bureau déjà bien chargé en équipements de qualité.

On apprécie particulièrement le design en nid d’abeille des hauts parleurs qui rappelle le soin apporté par le constructeur à la finition.

Le pavillon qui orne les satellites est en métal robuste et même si ils ne seront que très rarement soumis à des chocs, on a là l’assurance de posséder un produit conçu pour durer.

Savamment étudié, le pied ne néglige toutefois pas l’originalité et on se laisse aisément séduire par la dynamique que dégage l’ensemble, la stabilité en plus.

L’arrière des satellites n’est pas en reste et si les vis apparentes pourraient s’apparenter sur d’autres produits à de l’amateurisme, force est de constater que l’omniprésence du métal apporte un certain cachet à ce choix purement esthétique.

La prise RCA qui sert à relier l’ensemble au caisson de basses est véritablement mise en valeur et le constructeur n’utilise aucun artifice « cache misère » pour l’intégrer au design : toute en profondeur, elle écarte d’emblée tout risque de déconnexion involontaire lors de déplacements éventuels.

Pour terminer sur les satellites, sachez qu’ils ne disposent d’aucune fonctionnalité supplémentaire si ce n’est de retransmettre le signal sonore.

Inutile donc de chercher une quelconque prise casque ou molette de réglage du volume sur un des deux hauts parleurs, cette tâche étant dévolue à la télécommande. Télécommande dont je me charge de vous parler dans la foulée.

Télécommande : le strict minimum.

Filaire, la télécommande constitue la première déception du Rockus 3D selon moi. Si on apprécie le poids des satellites qui du fait de leur conception en métal bénéficient de l’assurance de ne pas bouger d’un pouce, la constante est rompue dès lors que l’on s’intéresse à cet accessoire.

Intégralement en plastique, la télécommande est reliée au reste du système (et plus précisément au caisson de basses) par un épais câble 8 broches vers 8 broches. De bonne facture, ce câble met paradoxalement en lumière l’un des défauts de cette télécommande : sa légèreté.

Le câble est si rigide que la moindre interaction avec ce dernier déplace involontairement l’unité de contrôle qui aura tôt fait de se retrouver en travers de votre chemin. La surface inférieure en plastique lisse n’aide pas non plus à la stabilité de l’unité et on aurait apprécié au mieux un traitement en gomme afin de réduire cette gêne.

Le revêtement plastique est toutefois de très bonne facture même si à ce prix, une partie en aluminium n’aurait pas été un luxe. Un regret d’autant plus marqué si l’on considère le fait que la télécommande renoue avec la sobriété de l’ensemble, un peu trop d’ailleurs :
Exit la sortie casque et l’entrée micro, la télécommande ne dispose que de deux boutons; Le premier, naturellement le plus évident se situe à l’opposé du connecteur 8 broches et donc (théoriquement) en face de l’utilisateur.

Le second, plus subtil est matérialisé par la partie grise de l’unité et fait également office de molette de volume. Puisque nous arrivons à parler de cette molette, je trouve regrettable le choix d’Antec d’avoir opté pour une molette « infinie » qui ne permet pas de savoir à tout moment le niveau sonore de l’ensemble.

Compte tenu de la puissance maximale délivrée par le Rockus 3D (nous y reviendront), il aurait été appréciable de bénéficier ne serait-ce que d’un indicateur LED afin de vérifier au démarrage de Windows par exemple le volume sur lequel on a laissé l’ensemble à l’extinction de sa machine.

Qui n’a jamais été insulté par ses voisins un dimanche matin après un apéro la veille, en raison d’un magnifique jingle de démarrage Windows à même de faire trembler les murs ?

Toujours au chapitre des regrets, on aurait aimé la possibilité d’éteindre purement et simplement le kit d’enceintes via cette même télécommande grâce par exemple, à un appui long sur la molette de volume. Au lieu de cela, on a droit à un appui simple qui active et désactive la fonction Mute.

Dommage puisqu’il faudra alors se baisser à l’arrière du caisson de basse afin de réduire l’ensemble au silence.

Le bouton central est légèrement plus généreux en matière de fonctionnalités : un appui long de trois secondes permet de basculer entre le mode optique et le mode RCA et un appui simple autorise un basculement entre ce même mode RCA et le mode 3D sur lequel nous reviendront également dans la partie prévue à cet effet (soyez patients on va parler musique ça c’est sûr).

Et que serait la musique sans ses médiums et des basses bien grasses de temps en temps, le temps pour nous de considérer le caisson de basses à présent.

Caisson de basses : L’essentiel… A une exception.

Avec ses dimensions de 351x196x269 mm, le caisson de basses du Rockus 3D est clairement l’un des plus volumineux que j’ai pu croiser dans ma modeste vie. Mais comme toute femme vous le dira, la taille n’est rien sans l’art et la manière et c’est une assertion qui se vérifie tous les jours… Dans le monde de la musique bien entendu.

Commençons par l’aspect de ce caisson qui au delà de son volume massif dégage une certaine volonté de faire « parler la poudre » dès lors qu’il sera sollicité.

L’event frontal est caché par une structure en toile solide. Je tiens à préciser solide car après le nombre de coups de pieds perdus dans sa direction, il a conservé son intégrité des premiers jours. Une performance lorsqu’on sait comment je peux rager sur le multi de Mass Effect III…

Toujours en ce qui concerne cette toile, elle a le mérite de ne pas détoner avec le reste du kit et renforce la sobriété que dégage l’ensemble, il est également facile à nettoyer bien que non amovible.

Le bois qui compose le caisson est tout aussi massif que le volume de l’unité et sonne suffisamment « creux » pour garantir un SPL (Sound Level Pressure) satisfaisant même à faible volume. Ce dernier est de 95Db pour rappel.

Passons maintenant à l’arrière de l’unité qui logiquement abrite l’essentiel de la connectique.

On retrouve en partant de la gauche vers la droite le commutateur On/Off, au centre les connecteurs RCA ouverts (à la manière d’une chaîne Hi-Fi) qui autorisent donc la conception ou la prolongation de ses propres câbles, un luxe fort appréciable d’autant plus qu’à l’instar du câble 8 broche de la télécommande, ceux des satellites s’avèrent chiche en longueur.

Enfin à droite, vous avez droit aux prises RCA vers jack 3,5mm pour les satellites et jack 3,5 mm auxiliaire à destination de votre source. En dessous de cet ensemble de prises jack se trouvent l’entrée optique (câble non fourni) qui vous servira à activer le mode idoine sur la télécommande.

On termine ce tour d’horizon par le commutateur de niveau de basse et le connecteur 8 broches à destination de la télécommande filaire naturellement.

Inutile de vous exprimer ma déception à la vue de ce fameux commutateur de niveau de basses à trois positions et si je n’ai pas mentionné l’absence de réglages des fréquences sur la télécommande, c’est pour placer ce point noir sur le compte du caisson (l’unité de contrôle en ayant suffisamment à son actif après tout).

Pas de contrôle fin du niveau de basse ni de quoique ce soit d’autres à vrai dire et si certains pourront objecter qu’il est possible de régler ces éléments via la source, il faut toutefois garder en tête le prix et le positionnement du produit.

Tout en bas, on retrouve l’event arrière qui se chargera donc de répondre à son jumeau en façade, car c’est ainsi que le caisson a été conçu.

Intermède musical

Après cette « mise en oreille » fort appréciable, il est temps de s’attaquer au gros du test j’ai nommé l’épreuve d’écoute et d’utilisation.

Ecoute & utilisation

N’étant pas un grand amateur de kit d’enceintes en ce qui concerne les jeux (je préfère un bon casque isolant à un niveau sonore déconseillé par tout bon médecin), je débuterais donc par cette partie qui par définition sera brève.

Antec a doté son kit d’enceinte d’un mode 3D brièvement mentionné dans la partie dédiée à la présentation de la télécommande filaire.

Comme le label pourrait laisser croire, il s’agit d’une spatialisation qui sera de toute évidence émulée par le kit afin de reproduire du mieux possible un monde parallèle dans lequel l’utilisateur aurait suffisamment d’argent pour s’acheter un ensemble 5.1.

Jeux

Autant on apprécie l’effort d’Antec d’avoir doté son SoundScience Rockus 3D 2.1, il n’en reste pas moins que son activation s’avère au mieux anecdotique et au pire une gêne lors de sessions multijoueur où la localisation sonore des ennemis est des plus perfectible.

Parmi les jeux testés (Call Of Duty MW 2, Battlefield III, Mass Effect III, Diablo III) seuls les deux derniers en campagne solo ont su mettre le Rockus 3D a son avantage. En privilégiant des médiums et des aigus tout simplement bluffant (pourvu que l’on ai misé sur la musique réglée un peu plus fort que les effets in-game), le kit d’Antec nous plonge dans l’ambiance et c’est tant pis pour les voisins.

On regrette donc d’autant plus le choix du constructeur d’avoir fait l’impasse ne serait ce que sur une entrée micro au niveau de la télécommande. Après tout, il s’agit d’un kit qui vient se placer en concurrent direct d’un Corsair SP2500 qui, s’il embarque une prise jack audio au niveau de la télécommande fait l’impasse sur le jack micro fort utile en multijoueur.

Qu’à cela ne tienne les explosions sont correctes si l’on place le curseur du caisson de basse à son plus haut niveau (3) même si on reste un peu sur notre faim dès lors qu’il faut discerner des sons lointains.

Sur Battlefield III par exemple et ses maps immenses, les informations sonores lointaines sont étouffées précisément par ces basses un peu trop présentes qui empêchent le reste du spectre de se détacher suffisamment. Et puisque l’on ne peut pas régler le niveau des basses à la volée…

Films

Dans les films, la donne change et là encore, si l’on fait l’impasse sur le mode 3D on retrouve une qualité sonore très bonne pour ne pas dire irréprochable. Les voix sont claires et audibles et le caisson de basse parvient à retranscrire une ambiance « cinéma » pourvu que le fichier joué soit de qualité.

En mémoire de Pierre qui est actuellement en pleine rechute de World of Warcraft, des films tels que Kung Fu Panda, Scott Pilgrimm VS the World ou encore 300 en MKV 1080p ne font pas peur au Rockus 3D qui s’en tire avec les honneurs.

Musique

Rap / Hip Hop

SBTRKT ft. Little Dragon – Wildfire ft. Drake

Wiz Khalifa- Dont Lie

Les morceaux de Rap « traditionnels » mais aussi plus éclectiques à l’image du Featuring SBTRKT / Drake alternent à la fois entre les graves biens profonds et des enchaînements vocaux rapides.

Le souffle se montre quasiment inexistant à haut volume et de toute façon vos voisins auront rappliqué avant que vous n’avez atteint le maximum du volume du kit.

L’ensemble est cohérent même si on regrette parfois le manque de pêche des basses à faible volume.

Electro / Dubstep / Dub

Madeon – Finale (Netsky Remix)

DJ Fresh ft. Rita Ora – Hot Right Now

DJ Fresh ft Sian Evans – Louder

Delta Heavy – Hold Me

De grosses basses qui ne font pas dans la demi-mesure afin de pousser le caisson du Rockus 3D dans ses derniers retranchements. Etant possesseur à titre personnel d’un kit Hercules XPS 5.1 70 Slim, il faut reconnaître que le volume supérieur du caisson du constructeur Antec n’a pas été réalisé en vain : les fréquences des graves descendent très bas à en faire vibrer (et non trembler) le sol.

Rock / Metal

Red Hot Chili Peppers – Can’t Stop

Dark Funeral – My Funeral

Travis Mccoy – Superbad

Si certains morceaux de la section précédente (tels que Hold Me) peuvent être considérés comme un véritable « stress test » à destination des graves, « My Funeral » en serait l’équivalent pour médiums et aiguës. Les enchaînements guitare/batterie rapides ainsi que la surimpression de ce qui reste quoiqu’il arrive du chant ne posent aucuns problèmes aux satellites du Rockus 3D.

Sur des morceaux plus softs, on apprécie le travail de restitution des hauts parleurs et si l’on prête l’oreille on pourrait presque imaginer la vibration des cordes sur nos morceaux préférés et que l’on a l’habitude d’écouter.

On regrette toutefois que les satellites ont « besoin » du caisson de basses pour « exister ». En effet les deux acolytes qui ne manqueront pas de vous observer sur le bureau ne descendent que très peu (voire pas du tout) dans les graves si bien qu’il faut parfois faire un choix : augmenter le volume ou placer le curseur de réglage des basses au maximum.

Conclusion

Mesdames et Messieurs, nous arrivons au terme de ce qui je l’espère n’aura pas été un périple pour vous. J’ai passé deux mois en compagnie de ce kit d’enceintes et le verdict est sans appel : une qualité sonore irréprochable et quelques défauts de jeunesse ne parviennent pas à éloigner le « Top JDG » de ce SoundScience Rockus 3D 2.1

Inutile de préciser que je ne cautionne pas particulièrement l’absence de réglages que l’on pourrait à raison juger basiques sur un produit placé à ce niveau de prix. Il suffit de voir ce qu’est capable de réaliser la concurrence afin de se convaincre des points que le constructeur Antec sera amené à travailler à l’avenir.

Et c’est précisément la raison pour laquelle ce produit mérite sa note : en tant que premier kit du constructeur, le SoundScience Rockus 3D 2.1 se concentre sur ce qui est attendu de lui à savoir le son au détriment certes d’une myriade d’interrupteurs et de voyants.

Une approche pragmatique et payante dont vous aurez tout loisir d’apprécier au quotidien si votre choix devait se porter sur ce kit précis.

Enfin, à 230 euros (prix public conseillé) le constructeur Antec s’adresse à des personnes soucieuses d’écouter des titres bien encodés aussi bien que des films en haute définition.

Sans vouloir faire de pub, il me semble que Rueducommerce commercialise actuellement une fin de stock du SoundScience 3D 2.1 au tarif plus qu’attractif de 140 euros.