Une journaliste des Échos vient d’être mise en examen après une plainte de Xavier Niel pour diffamation, révèle Le Monde. Solveig Godeluck avait en effet écrit un article sur Free Mobile, intitulé Pour faire face à Free, Bouygues lance un plan d’économies, dans lequel elle citait Didier Cavas, secrétaire général de Bouygues Télécom. La citation assez acide n’a pas plu à Xavier Niel, qui a déposé plainte… contre la journaliste.

Xavier Niel a mis un coup de pied dans la fourmilière en début d’année en dévoilant Free Mobile et ses tarifs agressifs. Véritable tremblement de terre dans le monde des opérateurs téléphonique, la concurrence s’est vite avérée extrêmement féroce. Les concurrents de Free Mobile dénonçaient notamment l’accord d’itinérance avec Orange, et ne se faisaient pas prier pour enchaîner les petites phrases. Free Mobile avait l’habitude de répondre par voix de presse, mais aujourd’hui, c’est au tribunal que cela se joue.

Dans son article du 1er mars dernier paru dans les Échos, Solveig Godeluck donnait la parole à Didier Cavas, qui exprimait des doutes sur la « notion nouvelle de réseau vide qui couvre ». Une déclaration qui n’a pas plu à Xavier Niel, qui a déposé plainte contre la journaliste pour diffamation. Didier Cavas indique lui qu’il a été entendu par la juge comme témoin assisté, mais qu’il n’a pas été mis en examen.

La plainte de Xavier Niel n’est pas réellement une surprise. Plus tôt dans l’année, le patron d’Iliad avait prévenu : si quelqu’un mettait en cause l’efficacité de son réseau, il attaquerait. Cependant, le patron d’Iliad a tenu à s’exprimer sur cette affaire, propos qui ont été relayés par Le Monde :

La plainte n’est pas dirigée contre un journaliste, mais contre les propos d’un concurrent. Par le passé, j’ai porté plainte contre Libération, ce qui a entraîné une interpellation violente de Vittorio de Filippis. Je n’ai tiré aucune fierté de cet épisode et j’ai arrêté avec ces bêtises. Dans le cas de l’article des Échos, il s’agit de concurrents qui tiennent des propos diffamants et agressifs. Il y a trente articles par jour écrits sur Free. Si je devais intervenir à chaque fois, je ne le pourrais pas. Simplement, j’ai une proximité plus grande avec certains journalistes, que je connais depuis vingt ans…

Niel tente donc de justifier son dépôt de plainte en évoquant une attaque indirecte. Mais les journalistes doivent-ils être responsables des propos de leurs intervenants ? La Justice en décidera, même si cela paraît peu probable. Est-il également utile de préciser que, si les concurrents attaquent violemment Free Mobile, ce dernier n’est pas en reste pour tacler ses adversaires ?