La société Carri Systems est peu connue du grand public, car elle se spécialise principalement dans le matériel informatique professionnel. Mais cette situation va bientôt changer, car elle se lance sur un nouveau marché, à destination du grand public et des amateurs : le simulateur automobile, en majeure partie.
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Nous avons eu le plaisir de leur rendre visite pour essayer leur dernier fleuron : le GT Track Xtrem. De l’extérieur la chose est déjà impressionnante. Un siège baquet monté sur vérins, un pédalier, une boîte six vitesses, un volant à retour de force, trois écrans devant et un bel ordinateur pour gérer tout ça.

Carri a opté pour des solutions haut de gamme pour son ordinateur sur mesure : avec un Core i7-4770K à 3,5 GHz, 8 Go de RAM,  1 To de Stockage et surtout une Nvidia GeForce GTX 780 de PNY pour les calculs graphiques, on ne va quand même pas jouer en « medium ».

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En mode SLI

Si vous en voulez plus, pas de problème : le système est fabriqué – en France – sur mesure. Libre au client d’opter pour un disque de plus grande capacité ou une configuration en SLI par exemple. Il ne faut pas oublier qu’il s’agit également d’un PC à part entière. Si l’envie vous prend de jouer à Battlefield 3, oudans un siège baquet, c’est possible. À noter également que la machine peut être utilisée pour simuler d’autres véhicules, comme des camions ou même des trains.

Physique

Les présentations faites on prend place, on lance le jeu « Projet Cars »,  et on attache sa ceinture. « C’est important pour l’immersion » nous chuchote Pascal Vandenabeele, ancien pilote de rallye, qui participe à l’élaboration du simulateur et qui s’occupe de ses réglages afin de coller au plus près de la réalité. Pour l’immersion, et même pour ne pas se retrouver éjecté hors du siège !

On a eu beau commencer en douceur avec une voiture relativement calme, difficile de ne pas être surpris au premier coup de gaz. Le siège part vers l’arrière, on passe les vitesses au volant. Première courbe, premier freinage, on se retrouve presque la tête dans le le compte tour. Le siège baquet évite heureusement d’être éjecté sur le côté dans les virages.

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Histoire de ne pas se sentir trop ridicule à côté de l’ancien pilote. On se rappelle ses heures passées sur Gran Turismo et consorts et on apprend petit à petit à dompter la machine, sachant que les assistances à la conduite aident bien.

Après un ou deux tours, il est temps de passer à la vitesse supérieure : la formule 3. Plus d’antipatinage, plus d’ABS. Il faut à tout prix doser ses accélérations de ses freinages. Bon, de toute façon le frein étant réglé en mode semi-sport, il faut appliquer 50 kilos sur la pédale pour bloquer les roues… Le pilote nous indique que cela peut monter jusqu’à 200 kilos…

Avec une voiture aussi puissante, les mouvements du siège sont encore plus impressionnants. À pleine vitesse le volant s’affole, tenir sa trajectoire est de plus en plus physique. Après un petit quart d’heure de conduite, cela se ressent franchement dans les bras. On en ressort presque en nage. Comment font les pilotes de formule 1 pour tenir une heure et demie dans ces conditions ? Il existe un véhicule encore plus nerveux, mais impossible à utiliser pour des amateurs comme nous. Trop violent.

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N’étant pas de grands connaisseurs de la conduite automobile et encore moins sportive, difficile de se prononcer très clairement sur l’exactitude des sensations de conduite. Quoi qu’il en soit, sensations il y a, ça on peut confirmer.

Le plaisir à un prix

Nous sommes évidemment devant un simulateur très haut de gamme, et donc oui il est – très – cher : comptez 45 000 euros. C’est un matériel destiné aux passionnés. Franck Darmon, à la tête de la société, nous explique d’ailleurs avoir comme clients quelques pilotes retraités qui souhaitent retrouver les sensations de pilotage à la maison.

À ce prix, Carri s’occupe du montage, de l’installation et des réglages, la maintenance est en revanche facturée. Cela peut paraître cher, et ça l’est, mais il faut quand même savoir que les simulateurs « pro » tournent plus autour de 300 000 euros que de 50 000.

La bonne nouvelle, c’est que le  GT Track Xtrem n’est pas le seul simulateur au catalogue. On en trouve sept avec un ticket d’entrée à 3490 euros, pour le GT Rallye, qui comprend un siège, un volant, un pédalier et une machine basée sur un Intel Core i5-4330 à 3 GHz et une GTX 760, mais pas d’écran.

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La version GT Rallye

Évidemment, cela reste cher, mais la chose est franchement sympa, et on a l’impression d’en avoir pour son argent. Si vous voulez en avoir le cœur net, il suffit de vous rendre au Mondial de la Simulation qui se tiendra ce week-end au Bourget, le matériel y sera en démonstration.

L’avis d’Élodie

Les jeux vidéo ça n’a jamais été mon truc. J’en suis restée à la Game Boy et la Game Gear, les autres consoles et leur maniement me faisant perdre patience : les manettes de Playsation et autres Xbox finissaient telles celles des Wii faisant des hauts, des bas, à droite et à gauche manquant d’éborgner quelqu’un. Inutile. Alors conduire une moto ou une voiture depuis une manette très peu pour moi. J’adore conduire, le volant entre les mains, pousser les rapports et la sensation de vitesse.

Lorsqu’on m’a proposé de faire une simulation voiture de course et F1, j’ai dit « Banco ». Puis j’ai flippé. Surtout lorsque le Jour J je me suis retrouvée harnachée sur mon siège me préparant pour SpaceMountain. 3.2.1 Gooooo. Le temps d’appréhender la bête, la tenue de route, les particularités d’une conduite F1 (pas de direction assistée, très peu de mouvements de volant nécessaire – Less is more, freinage fort voire même plutôt freinage d’urgence constamment avant de rétrograder, etc. Merci Pascal Vandenabeele) c’est ensuite le pied intégral ! Littéralement. Pied au plancher, passage de vitesse, le décor file à toute allure, on ressent véritablement les moindres vibrations ou secousses lors d’une sortie de piste ou pire d’une rencontre amicale avec un mur. Qui a dit « femme au volant… » ? C’est sportif.

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On commence à avoir chaud, à transpirer mais on s’en fout. On devient vite accro et on enchaîne les tours de pistes. C’est grisant et jouissif. On se cartonne ? Et alors ? On repart direct, ce qui pousse véritablement à aller vite et se faire plaisir (contrairement à la vie réelle, où on serait resté scotché au platane). Le pare choc vole ? Pas de problème, ça devait certainement alourdir la voiture et elle fonctionne toujours aussi bien. On garde les yeux rivés sur l’écran, au top de la concentration. Qui me parle ? Stop talking Jérôme !! Son seul défaut ? Je ne peux pas la ramener à la maison…

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