Pour la première fois depuis 2001, les ventes de PC ont baissé en 2012. D’aucuns y ont vu les prémices d’une fin de règne ou plutôt d’une dilution des parts de marché avec le boom des tablettes tactiles. De plus en plus plébiscitées par les consommateurs, elles sont désormais nombreuses avec des spécificités et des spécifications différentes. Tentons d’y voir plus clair avec ce dossier sur les tablettes dans lequel nous tâchons de vous prodiguer quelques conseils pour faire votre choix.

En premier lieu, avant même d’évoquer le hardware, il convient de distinguer l’offre de tablettes en fonction des différents OS mobiles. Le système d’exploitation est la clef de voûte de tout terminal mobile et donc d’une tablette.

Retrouvez à la fin de ce guide notre sélection de tablettes pour ce Noël 2013 !

Les différents OS mobiles

Avant toute chose, il faut distinguer les différents systèmes d’exploitation. Si on retrouve des fonctions communes à toutes les tablettes quelque soit l’OS préinstallé, ces derniers sont tout de même à la base de l’expérience utilisateur tant leur empreinte est grande sur le fonctionnement de l’appareil.

iOS

Il s’agit de l’OS mobile d’Apple. Il est installé sur les iPhone mais aussi les iPad de la firme de Cupertino. Opter pour iOS, c’est aussi opter pour l’App Store qui regroupe plus de 700 000 applications. Parmi celles-ci, 250 000 sont optimisées pour l’écran de l’iPad.

Apple a décliné la 6ème itération d’iOS le 19 septembre 2012. Après seulement 1 mois, iOS 6 a été installé sur 60% des terminaux iOS compatibles avec cette version (données Chitika).

Cette dernière version a vu Apple prendre ses distances avec Google : l’appli YouTube n’est ainsi plus native (depuis lors, il faut l’installer depuis l’App Store) tout comme Google Maps supplanté par l’appli de cartographie Plans d’Apple.

C’est iOS 7 qui est venu insuffler un second souffler à iOS au mois d’octobre 2013. Dans cette optique, de nouvelles fonctionnalités (comme iTunes Radio) viennent l’enrichir tandis qu’un ravalement de façade a été opéré.
C’est Sir John Ive qui a été appelé pour l’occasion. Le sujet de sa gracieuse majesté a dégainé le très tendance flat design pour orner les terminaux iOS. Couleurs vives et simplicité sont les maîtres-mots.
Apple a également profité de cette nouvelle itération d’iOS pour intégrer son service de streaming iTunes Radio. Mais iOS 7, c’est aussi une nouvelle version du navigateur internet Safari (avec mode plein écran disponible), la mise à jour automatique des applications, la possibilité de partager des photos grâce à Airdrop (entre terminaux iOS, Apple TV et Mac), l’aperçu des notifications depuis l’écran de verrouillage, des améliorations pour l’assistant vocal Siri (avec possibilité de tweeter ou de mettre à jour son statut Facebook), etc.

Avec iOS, pas de Flash : s’il s’agissait d’un choix de Steve Jobs qui jugeait Flash incompatible avec des terminaux fonctionnant sur batterie. Force est de constater que Flash est également tombé en désuétude sur Android. Sur ce dernier, il a disparu du Google Play, le magasin d’applis d’Android.

Android

Android a été annoncé le 5 novembre 2007 par Google. Le nom “Android” a été choisi parce qu’il s’agissait tout simplement d’une startup que Google a acheté en août 2005. L’OS mobile open source était initialement destiné aux smartphones. C’est à partir de la version 2.3 qu’il a réellement commencé à être installé par certains constructeurs de tablettes, même si Google ne l’avait pas développé pour cet usage. Ainsi, Gingerbread (le nom d’Android 2.3) était mal adapté aux écrans des tablettes.

Google a pris le problème à bras le corps estimant que l’avenir d’Android passerait également par les tablettes, en développant la version 3.0 d’Android, alias Honeycomb. Il s’agissait d’une version spécialement dédiée aux tablettes.

Android 4.0, alias Ice Cream Sandwich (ICS), a signé l’unification des deux branches d’Android (Gingerbread et Honeycomb). En juin dernier, Google a fait évoluer ICS en dévoilant Jelly Bean/Android 4.1 (Android 4.2 et 4.3 ont conservé le nom de “Jelly Bean”). Si un “J” faisait suite à un “I”, le nom de la toute dernière version majeure d’Android commence, lui, logiquement par un “K”. Il s’agit d’Android 4.4, alias KitKat. On a cru un temps (avant l’annonce d’Android 4.4/KitKat) que c’est Android 5.0 (Key Lime Pie) qui allait succéder à Android 4.3.

Toutes les versions d’Android permettent d’accéder au magasin d’applis Google Play, qui comptabilise depuis fin juillet 2013, plus d’un million d’applications. Toutefois, certaines applis ne sont pas rétro-compatibles avec les versions d’Android précédentes. Avec Jelly Bean, il y a également eu un problème de compatibilité avec certaines applis développées pour ICS.

Notons également, qu’au second trimestre 2013, le Google Play aurait généré 10% de téléchargements de plus que l’App Store d’Apple.

Comme c’est également le cas dans le domaine des smartphones (lire notre dossier), il n’existe pas une ROM Android commune à toutes les tablettes mais des ROM qui sont personnalisées par les constructeurs. Seules les tablettes Nexus 7, Nexus 10 et LG G Pad 8.3 “Google Play Edition” embarquent la ROM stock (i.e. non modifiée) d’Android. Les constructeurs y adjoignent leur propre surcouche applicative afin de distinguer leurs tablettes vis-à-vis de celles des concurrents. Samsung propose la surcouche Touchwiz, HTC : Sense, Motorola : MotoBlur, Sony : Timescape, LG : Optimus UI, etc.

Les tablettes Android permettent toutefois d’installer des ROM alternatives dites AOSP (Android Open Source Project) lorsque le constructeur ne rend toutefois pas les choses compliquées. Il faut en effet pouvoir s’octroyer les droits administrateur avant de procéder à l’installation de la ROM. On dit qu’il faut rooter la tablette avant de la flasher. Quelques mots de vocabulaire qui montrent que, même si les étapes sont souvent simples et bien documentées dans les tutoriaux, il est toutefois nécessaire de s’y connaître un minimum pour installer une ROM alternative sur sa tablette Android.

On notera que la personnalisation de la ROM Android libérée par Google peut aller loin. Ainsi, avec les tablettes Kindle Fire, Amazon a entièrement remodelé l’interface utilisateur de sorte qu’Android est profondément enterré. La société dirigée par Jeff Bezos met ainsi en avant ses propres services dans son fork d’Android baptisé Fire OS. Ces tablettes ne permettent pas d’accéder au Google Play mais à l’Amazon App-Shop, le magasin alternatif d’Amazon.

Windows 8 et RT

Windows-8-Logo

Si Apple a un OS commun à ses tablettes et smartphones, Microsoft a fait un choix différent en offrant la même expérience utilisateur sur PC et tablette avec Windows 8 (et RT) qui s’inscrit de facto dans la mobilité même si, à proprement parler, l’OS mobile de Microsoft est Windows Phone, un OS proche de Windows 8/RT mais distinct.

Microsoft propose sa propre gamme de tablettes avec les Surface. La Surface RT tourne sous Windows RT (la version de Windows 8 développée pour les machines embarquant un processeur à architecture ARM). Des modèles de la Surface avec processeur à architecture x86 sont également proposés.

Avec Windows 8 (et RT), Microsoft fait le pari de tablettes qui se veulent plus adaptées à la productivité (avec la suite bureautique Office notamment). Dans cette volonté affichée, la firme de Redmond propose un clavier (deux versions en fait : Touch Cover et Type Cover) avec la Surface.

Microsoft a mis à jour son OS avec Windows 8.1 qui apporte de nombreuses nouveautés (personnalisation plus poussée de l’interface Modern UI, Quiet Hours, Reading List, retour d’un bouton “démarrer” toutefois assez limité…)

BlackBerry OS

C’est l’OS qui est installé sur la tablette PlayBook du constructeur qui répondait alors au nom de RIM et auquel on doit également les smartphones BlackBerry. La tablette n’a pas rencontré le succès commercial escompté par le constructeur canadien.

BlackBerry a publié la version 2.1 de BlackBerry PlayBook OS début octobre 2012. Elle améliore certaines des fonctionnalités apportées par la version 2.0 : utilisation conjointe de la PlayBook avec un smartphone BlackBerry (via le Bluetooth) avec BlackBerry Bridge, fenêtre dédiée pour les applis Android, utilisation de Print To Go (permet de transférer des documents d’un PC vers la PlayBook) sans nécessité que les deux appareils soient connectés au même réseau local, mode portrait pour les applis natives (calendrier, e-mail et contacts).

On notera depuis la version 2.0, que l’OS intègre une machine virtuelle Dalvik lui permettant d’exécuter des applis Android.

Enfin, il faut également avoir à l’esprit que BlackBerry OS descend de l’OS WebGen et porte en lui BlackBerry 10, l’OS qui équipera les futurs BlackBerry (attendus début 2013).

Reste que BlackBerry n’a finalement pas porté BlackBerry 10, le tout nouvel OS de la société qui anime les smartphones Z10 et Z30, sur sa tablette PlayBook, invoquant une trop faible quantité de mémoire vive (1 Go alors qu’il aurait fallu 2 Go selon BlackBerry).

Kindle Fire OS

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Il ne faudrait surtout pas sous-estimer le fork d’Android qu’Amazon a développé pour animer ses tablettes Kindles Fire (dont les dernières en date sont les remarquables Kindle Fire HDX 7 et Kindle Fire HDX 8.9).

Amazon a fait évoluer Fire OS qui en est à la version 3.1 (nom de code « Mojito »). Cette toute dernière itération de Fire OS tourne sur les tablettes 2013 (HDX et HD). La firme de Jeff Bezos met bien entendu en avant ses offres de contenu et propose son propre magasin applicatif avec l’Amazon App Shop qui vient remplacer le Google Play. Avec la version 3.1, apparait une grille mettant les applications en évidence (à l’instar de ce qui se fait sur Android) en plus de la vue carrousel.
Quick Switch est au registre des nouveautés et permet d’accéder très rapidement d’un contenu à un autre. Il peut s’agir d’applications, de musiques, de vidéos, de livres, etc. Silk, le navigateur pré-installé, devient compatible avec le HTML5 tandis qu’avec Quiet Time, on peut désactiver rapidement les notifications.

D’autres nouveautés tournent résolument les tablettes tactiles d’Amazon vers un usage en entreprise (administration simplifiée d’un parc de tablettes avec de nombreuses commandes, VPN, impression sans fil depuis la tablette notamment).

Avec Fire OS 3.1, Amazon doit plus que jamais être pris au sérieux et les tablettes Kindle Fire sont à prendre en compte lors de votre choix d’une tablette.

Tizen

N’oublions pas Tizen, l’OS open source sous la coupe de la Linux Foundation. Fin octobre 2013, le constructeur japonais Systena a dévoilé une tablette 10 pouces animée par cet OS.

Le successeur de LiMo (Linux Mobile) est soutenu par Samsung et Intel, respectivement les numéros un mondiaux de la téléphonie mobile et de la micro-électronique (pour la 23ème année consécutive pour ce dernier).

Après un essai en demi-teinte avec Bada (même s’il a connu de très beaux jours en France), Samsung entend bien imposer Tizen sur les tablettes donc mais également sur les smartphones, les Smart TV, etc. Un véritable écosystème autour de cet OS pourrait donc bien prendre de l’ampleur dès 2014.

Pour une adoption plus rapide, son interface a des airs de famille avec Touchwiz, la surcouche Android propriétaire de Samsung. Mais, Tizen est bel et bien open source, c’est-à-dire que les constructeurs pourront l’adopter sans débourser un centime.

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