Le syndicat de la magistrature, la Ligue des droits de l’homme ainsi que plusieurs associations et syndicats ont acté la création d’un Observatoire des Libertés et du Numérique lundi 27 janvier.

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Jim WATSON / AFP

Assange, Wikileaks, Bradley Manning puis Edward Snowden et le scandale de la surveillance massive à échelle planétaire de la NSA mais également la (trop?) discrète Loi de Programmation Militaire (LPM) ne doivent pas y être étrangers. Les nouvelles problématiques mises en lumière par l’ère du tout numérique (vie professionnelle et vie privée) contraignent à être de plus en plus vigilants concernant les données personnelles que l’on laisse traîner sur la toile ou la sécurité de nos fichiers stockés sur un quelconque serveur distant ou ordinateur personnel, quand ce ne sont pas les entreprises et gouvernements eux-mêmes qui mènent la traque sur Internet.

Ainsi, associations et syndicats réunissant avocats, universitaires et citoyens engagés ont pris l’initiative de lancer lundi 27 janvier, soit la veille de la journée européenne de la protection des données créée en 2007 (bon timing), l’Observatoire des libertés et du numérique.

Ligue des droits de l’homme (LDH), Syndicat de la magistrature (SM), Syndicat des avocats de France (SAF), Centre d’études citoyenneté, information et libertés (Cecil), Creis-Terminal  (Informatique et Société) souhaitent « mettre en commun leurs compétences » afin de sensibiliser les citoyens et dénoncer les abus éventuels.

Depuis 1978 et la promulgation de la loi Informatiques et Libertés, et 1989 avec la création de Delis (Droits et Libertés face à l’Informatisation de la Société) rien n’avait été fait dans le domaine. C’est dire l’urgence à agir dans une société de « frénésie de fichage » (fichiers FNAEG et FAED) dont le mantra est « c’est devenu possible, donc on le fait » comme le souligne Chantal Enguehard, présidente du Creis-Terminal. Elle rappelle d’ailleurs que la France a déjà été condamnée par la Cour Européenne des droits de l’Homme (CEDH) en 2013 concernant le FAED et que ça ne saurait tarder pour le FNAEG…

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« La vie des autres »

Ajoutée à cela la Plateforme Nationale d’Interceptions Judiciaires (PNIJ) confiée à une entreprise privée qui sera en charge de la centralisation des écoutes téléphoniques et de l’interception des SMS et autres échanges numériques, comme le reporte Eric Bocciarelli du Syndicat de la magistrature, la France n’a rien à envier aux États-Unis mais ils se retrouvent dans leur « impératif de sécurité nationale » quand il s’agit de justifier une intrusion dans la vie privée de ces concitoyens.

L’Observatoire des Libertés ne se refuse rien et fait face à un champ d’action aussi vaste que le travail à accomplir, même sans budget dédié. Il souhaite « donner la parole aux citoyens », sensibiliser, prévenir, anticiper, informer, former, veiller (technologiquement et législativement) mais également  « peser dans le débat public sur ce que doit être une politique du numérique respectueuse des droits » en employant les moyens juridiques mis à disposition pour défendre les droits et les libertés.