[MàJ] Turquie : le blocage de Twitter jugé illégal par la Cour Suprême

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Par Elodie le

La Cour Suprême est venue confirmer le jugement rendu une semaine plus tôt, le 26 mars, par le tribunal administratif d’Ankara et a déclaré illégal le blocage de Twitter décidé par le gouvernement de Recep Tayyip Erdogan.

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Comme nous vous l’annoncions précédemment, le gouvernement turc avait décidé de bloquer l’accès à Twitter suite à la publication d’écoutes téléphoniques mettant en cause le Premier ministre empêtré dans un vaste scandale de corruption depuis plusieurs mois, mêlant son fils et des membres de son gouvernement.

Six jours plus tard, le tribunal administratif d’Ankara ordonnait la levée du blocage estimant que cette mesure était « contraire aux principes de l’État de droit ».
Néanmoins, les internautes turcs n’avaient pas attendu cette décision pour prendre les choses en mains et contourner l’interdiction via divers procédés (VPN, réseau TOR, modification de DNS, etc.).
Le blocage avait eu pour conséquence de booster l’affluence sur le réseau, le nombre de tweet avait augmenté de 138% selon l’agence We Are Social interrogée par The Guardian.
Le président turc, Abdullah Gül, avait lui-même dénoncé le « blocage total de tous les réseaux sociaux » sur son compte Twitter.
Une semaine après, c’était au tour de Youtube de se voir censurer.

Les municipales turques n’ont finalement rien à envier aux municipales françaises, malgré les forts soupçons de corruption à l’encontre du gouvernement et de son homme fort Recep Tayyip Erdogan, ce dernier a été conforté par le résultat des municipales, son parti, l’AKP, ayant rempoté les élections confirmant l’adage « qui remporte Istanbul, conquiert la Turquie », comme le précise Le Monde.
Le Premier ministre turc avait d’ailleurs exprimé son souhait, la semaine dernière, de faire interdire Facebook et Youtube une fois les municipales passées.

Il faut préciser que la Turquie n’est pas le seul pays à censurer les médias sociaux tels que Facebook, Youtube ou Twitter : la Chine, l’Iran, le Vietnam, la Corée du Nord, le Pakistan ou encore l’Érythrée sont aussi champions en la matière comme le souligne Slate.
Par ailleurs, en Arabie Saoudite, plusieurs sujets du Royaume ont été arrêtés et jetés en prison pour avoir critiqué la corruption du régime et réclamé une amélioration de leur niveau de vie.

Mise à jour : Le jeudi 3 avril, le gouvernement turc a décidé la levée du blocage de Twitter en cours depuis deux semaines suite à nouvelles accusations de corruption à l’encontre du premier ministre Recep Tayyip Erdogan. Cette information a été annoncée par un membre du cabinet de premier ministre et a également été rapportée par le TIB, l’autorité turque des télécommunications, qui avait procédé au blocage du réseau social dan sla nuit du 20 au 21 mars sur ordre d’Erdogan.

« Nous avons engagé la procédure pour lever l’interdiction de Twitter » a déclaré un responsable du TIB

Hier, un arrêt de la Cour constitutionnelle, le plus haute instance judiciaire turque, estimait que cette mesure portait atteinte à la liberté d’expression et l’avait jugé illégale. Elle avait ainsi adressé une double injonction à l’autorité turque des télécommunications (TIB) et au gouvernement ordonnant de « faire le nécessaire« , selon la télévision turque. Bien qu’elle ait ordonné sa levée immédiate, le gouvernement ne semblait pas pressé de l’appliquer.
Ainsi, le député Mustafa Sentop, avait déclaré : « Le jugement concerne uniquement les trois plaintes individuelles auprès de la Cour constitutionnelle. Nous allons l’évaluer ». Il semble donc que l’évaluation a été faite, mais le premier ministre n’en reste pas moins critique :

« Nous devons bien sûr appliquer le jugement de la Cour constitutionnelle mais je ne le respecte pas. Je ne respecte pas ce jugement ». Précisant que l’arrêt de la Cour piétinait les valeurs nationales.
« Nos valeurs nationale, morales, ont été bafouées. Tout, y compris les insultes visant un Premier ministre et des ministres étaient pourtant évidentes ».

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