PAL : trois ou quatre opérateurs ?

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Par Jerome le

Après un relatif calme suite au rachat de SFR par Numericable, voilà que tout s’accélère à nouveau. Numericable va très probablement s’offrir Virgin Mobile, et un mariage entre Orange et Bouygues Telecom semble de plus en plus probable.

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Il semblerait donc qu’Arnaud Montebourg, qui milite depuis maintenant plusieurs mois pour un retour à trois opérateurs, a réussi à convaincre les foules de l’intérêt d’un tel revirement de situation. Il faut dire que l’homme a plusieurs arguments.

Le principal est évidemment l’emploi. Si la concurrence avantage l’utilisateur en faisant baisser les prix, ce sont évidemment les opérateurs qui en font les frais, contraints de « dégraisser le mammouth » pour conserver leurs revenus. Ce que l’UFC Que-Choisir n’a d’ailleurs pas manqué de faire remarquer dans son dernier rapport sur la « concurrence dans la téléphonie mobile« .

L’association de consommateur notait alors que l’arrivée du quatrième opérateur avait entraîné un « manque à gagner » cumulé de plus de 5 milliards d’euros pour les opérateurs en deux ans. Une baisse de revenus qui a toutefois permis aux Français, et toujours selon Que-Choisir, un gain total de 7 milliards d’euros de pouvoir d’achat.

Il n’était donc finalement guère étonnant d’apprendre lundi que Bouygues Télécom prévoit de se séparer de 1500 à 2000 employés. Grand perdant des tractations entre SFR et Numericable, l’opérateur du groupe de BTP est même repassé dans le rouge au dernier trimestre. Il devient donc nécessaire de se rapprocher d’Orange pour sortir la tête de l’eau.

Vu sous cet angle, le ministre n’a finalement peut-être pas tort de plaider pour un retour à trois opérateurs. Un rapprochement entre Orange et Bouygues permettrait de faire de l’ombre au groupe forgé par Patrick Drahi… pour ne pas dire l’éclipser ; à eux deux, ils tiendraient près de la moitié des cartes SIM françaises (voir aussi cette excellente infographie d’Europe 1)

Largement de quoi envisager sereinement l’avenir, et assumer les coûts liés à la mise en place des grands plans numériques du pays. On citera évidemment le plan « très haut débit » cher à François Hollande, et son pendant en Île-de-France avec 100% de la région fibrée d’ici 2020, des plans financés en partie par les opérateurs. On pourrait ajouter à l’enveloppe l’achat des licences 5G que l’Union Européenne espère voir arriver en 2020 également.

Dans ces conditions, ne serait-il finalement pas plus judicieux de revenir à trois opérateurs pour le bien commun ? Que pensez-vous de ce retour à trois opérateurs, dites-le nous dans les commentaires, c’est notre Parole aux lecteurs (PAL) de la semaine.