La NSA en passe d’être privée de budget backdoors

Général

Par Elodie le

C’est un premier signal fort envoyé à la NSA. Jeudi soir, à une grande majorité, la Chambre des représentants, a voté un amendement restreignant considérablement ses pouvoirs en visant directement le financement de ses programmes de surveillance. La NSA ne pourra plus financer la création de backdoors dans les logiciels et matériels électroniques.

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Fin mai, la Chambre des Représentants votait la première réforme de la NSA, l’USA Freedom Act. Néanmoins, après d’âpres négociations avec la Maison Blanche cette réforme se retrouvait quelque peu vidée de sa substance. Avant de passer devant le Sénat pour adoption définitive, certains géants du web s’étaient mobilisés en envoyant une lettre ouverte au Sénat l’enjoignant à renforcer les mesures de l’USA Freedom Act pour moins de surveillance et plus de transparence.

Les débats sont loin d’être achevés quant aux prérogatives à conférer à l’Agence de Sécurité Nationale. Hier, c’est un coup important qui a été porté à la NSA par la Chambre des Représentants. À 293 voix contre 123, les députés ont voté un amendement qui met à mal les activités de surveillance de l’agence en touchant directement à son porte monnaie. Cette dernière ne pourra plus effectuer de recherches sur les Américains sans une ordonnance, quand bien même leurs communications auraient été récoltées par erreur.
Mais le coup fatal pourra peut-être résider dans le second aspect de cet amendement. En effet, il prévoit d’interdire tout financement de création de backdoors dans les logiciels et matériels informatiques. La NSA mais aussi la CIA se voient donc interdire d’« ordonner ou demander à une personne une refonte de son produit ou service pour faciliter (…) une surveillance électronique

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De forts soupçons pèsent sur la National Security Agency à ce propos. Elle aurait ainsi allègrement exploité (si ce n’est créée) des failles béantes, installé des malwares dans des milliers d’ordinateurs disséminés à travers le monde, fortement suggéré à Linux de lui offrir un accès dérobé mais aussi installé des backdoors sur des routeurs destinés à l’export, etc.

C’est dans le cadre de l’examen de loi portant sur le budget 2015 du Département de la Défense que cet amendement a été adopté. En asséchant son financement, la Chambre basse espère ainsi limiter ses activités de surveillance de masse, aussi bien sur le sol américain que dans le monde. C’est un revirement important puisque l’année dernière un amendement semblable avait été rejeté faute de majorité. Les révélations d’Edward Snowden distillées au compte-goutte semblent produire leur effet sur les mentalités, jusque là très enclines à attribuer d’importantes prérogatives à la NSA dans sa lutte contre le terrorisme.

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Néanmoins, plusieurs nuances doivent être apportées. Premièrement, ce qui est voté dans une Chambre peut être défait dans l’autre, le Sénat en l’occurrence. Deuxièmement, cet amendement ne concerne encore une fois QUE les Américains et l’exploitation faites de leurs données. Troisièmement, selon la lecture qui est faite de cet amendement, même s’il empêche le Département de la Défense de financer ces programmes de surveillance, le FBI serait exclu de l’équation. Celui-ci aurait donc la possibilité de financer la création de backdoors, NSA et CIA auraient alors toute latitude pour profiter de ces dernières.

Pour Patrick Higgins, militant à l’Electronic Frontier Foundation, la Chambre des Représentants envoie « une déclaration claire qu’il y a une volonté politique de faire quelque chose sur la question de l’espionnage incontrôlé de la NSA ».

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