Dans une note transmise aux investisseurs, les analystes reviennent sur la possibilité d’un rachat de Bouygues Telecom par Orange… ou Free.

free-bouygues

Selon eux, un rapprochement entre Orange et Bouygues Telecom n’a « aucun sens sur le plan industriel », pour diverses raisons. La première d’entre elles est un blocage par les autorités de régulation, à moins que les infrastructures de Bouygues ne soient revendues.

En cas de rapprochement, l’entité formée par Orange et Bouygues posséderait par exemple 80,4% des antennes 4G (à compter de fin mai 2014). Largement de quoi motiver un veto des autorités, d’autant plus que le nouveau groupement posséderait 49% des abonnés mobiles.

Selon la Société Générale, la logique voudrait un mariage avec Free mobile. Il s’agit de la solution « la plus raisonnable« , du « scénario le plus réaliste ». Les deux opérateurs ne seraient en premier lieu pas confrontés à des obstacles réglementaires, si ce n’est sur la bande-fréquence de 2,6 GHz avec 70 MHz pour le nouveau groupe contre 40 et 30 pour Orange et SFR.

Un petit risque pour des avantages colossaux. Free économiserait ainsi automatiquement 700 millions d’euros par an, le montant de la redevance payée à Orange pour utiliser son réseau. On pourra ajouter des économies dans le fixe pour Bouygues. Sans compter sur le gain mathématique de parts de marché pour Free Mobile. Toujours selon la Société Générale, cela pourrait permettre à Free de mettre un terme à son forfait à 2 euros, et faire ainsi remonter son ARPU. Sans oublier que cela supprimerait un concurrent… notamment sur le fixe.

Prix d’appel, appel du pied

Car rappelons que Bouygues a annoncé vendredi une offre fibre pour le moins agressive. Si Bouygues arrive à marger dessus, Olivier Roussat l’a confirmé, il est évident que l’opérateur fait moins de bénéfices. Un prix d’appel destiné à recruter, mais qui pourrait avoir une finalité un peu moins évidente.

Selon les analystes du cabinet Oddo, cités par La Tribune, il pourrait en effet s’agir d’un appel du pied pour se faire racheter. En mettant la pression sur ses concurrents, Bouygues voudrait surtout pousser Orange, ou Illiad à formuler une offre.

Son montant pourrait être de 5 milliards d’euros, ce qui « aurait du sens » pour Illiad estiment les spécialistes de la Société Générale, compte tenu des synergies potentielles, voire de 6 milliards d’euros en cash. La concentration des opérateurs télécoms français semble en tout cas inévitable, le rachat de SFR par Numericable n’était que le premier acte de la pièce.

Une erreur dans l'article ? Proposez-nous une correction