[#Clipboardman] : Qui est cet homme non protégé évacuant une malade d’Ebola ?

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Par Elodie le

Hier, la photo d’un homme sans protection évacuant une femme atteinte du virus d’Ebola a semé la panique et l’incompréhension aux États-Unis. Immédiatement #clipboardman a envahi la toile avec cette question : qui est-il ? Pourquoi n’est-il pas protégé ? Entraînant ainsi panique et confusion. C’est dans ces moments là que les médias ont leur rôle à jouer.

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Business Insider

Une simple photo. Prise jeudi 16 octobre, elle montre plusieurs hommes évacuant l’infirmière Ambre Vison, deuxième infirmière infectée par le virus aux États-Unis (et ayant soigné le patient libérien décédé il y a peu à Dallas), vêtus d’une combinaison de protection recouvrant intégralement leur corps. Sauf un. Juste à côté d’eux, il porte une chemise, un pantalon et tient un presse-papier à la main.

Instantanément, #Clipboardman fait le tour de web avec cette question : qui est-il ?

Comment, alors qu’il est demandé la plus grande prudence et rigueur dans la prise en charge d’un patient infecté, un homme sans protection a-t-il pu être mis en contact avec une personne porteuse du virus Ebola ?
Les réactions en chaîne n’ont pas traîné sur Twitter, mêlant incompréhension, stupeur, ironie et colère, comme nous le rapporte The Verge.

« Tout le monde sait bien que les porte-documents sont des défenses naturelles contre Ebola. »

« Le 2e patient atteint d’Ebola est mis dans l’avion. J’aimerais savoir qui est le gars avec le porte-documents, histoire que je puisse l’éviter. »

Et un tweet, tout en finesse :

Dans le même temps, The Telegraph publie la vidéo de l’évacuation de l’infirmière interpellant le spectateur sur la « violation du protocole» et la « source d’embarras pour le gouvernement [américain] ».
Concourant ainsi à l’hystérie collective. L’épidémie d’Ebola se répand dans la plus grande confusion, chacun y allant de son avis sur la manière dont le virus est transmis. Pourquoi cet homme se met-il alors à ce point en danger ?

Par ailleurs, sur la vidéo, il semblerait qu’il donne des consignes à ceux vêtus de leur combinaison protectrice, il se tient à distance, n’entre jamais en contact avec la patiente (qui elle-même porte une combinaison intégrale, mais de couleur jaune) et ne touche rien. Mais rien n’est dit à ce sujet par The Telegraph.
ABC News quant à eux ont également diffusé une vidéo de l’évacuation mais ont interrogé la compagnie aérienne s’occupant du rapatriement de la patiente entre Dallas et Atlanta dans un avion médicalisé. Et leur réponse est simple : c’est le responsable du protocole et le fait qu’il ne porte aucune protection est prévu pour que son travail se déroule au mieux.

Dans les combinaisons de danger biologique, nos personnels médicaux ont une vision et une mobilité limitées. C’est le travail du superviseur d’observer chaque personne attentivement et de les guider à l’oral afin de s’assurer qu’aucun protocole ne soit violé. l n’y a absolument aucun problème et cela assure en réalité un niveau plus élevé de sécurité pour tous ceux qui sont impliqués”, a tenu à préciser le porte-parole de Phoenix Air.

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Crédit : NBCDFW.com

Cet épisode met en lumière le rôle primordial que joué par les médias dans ce type d’affaire. Leur rôle premier, celui d’informer, de prendre de la distance par rapport à la polémique qui enfle, comprendre, questionner, analyser, expliquer et ne surtout pas surenchérir face à la panique généralisée.
Cela démontre également une méconnaissance flagrante de cette maladie chez la plupart des gens, notamment sur son mode de transmission (plus d’information en fin d’article). Le directeur du protocole ne risquait donc rien, même si son absence totale de protection peut surprendre. Il aurait pu mettre sa vie en danger “si le patient avait vomi et que ces fluides avaient touché une personne non protégée“, précise Business Insider. Ce qui semble ne pas avoir été le cas.

Plus d’infos :
Transmission du virus : Le virus Ebola ne se transmet pas par voie aérienne, mais par un contact direct avec les liquides biologiques (sang, salive, sueur, urine, selles, larmes et vomissements) et tout objet infecté, comme nous le spécifie les Echos rapportant les propos d’une spécialiste des maladies infectieuses et tropicales de l’hôpital Bichat à Paris.
Une transmission est possible par la toux et les éternuements seulement si des “gouttelettes de salive” entrent en contact avec une muqueuse, comme le coin de l’œil ou la narine mais il “ne peut pas pénétrer une peau saine“.

Point panique dans le métro : Si une personne infectée éternue à côté de vous dans le métro (ou ailleurs), elle peut en théorie vous transmettre le virus. SAUF qu’en début de maladie, le virus est présent uniquement dans le sang et pas en quantité suffisante dans la salive pour infecter qui que ce soit.
Et lorsque le virus apparait dans la salive, le malade n’est alors plus en état de prendre les transports, il est déjà alité.


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