Une agence de publicité s’est servi de l’application de rencontres géolocalisées Tinder en créant de faux profils afin de mener une campagne de prévention contre la prostitution en Irlande du Nord.

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L’application Tinder n’est plus à présenter pour toutes les âmes solitaires cherchant l’amour (avec un a majuscule ou minuscule) à proximité. Le fonctionnement est simple, après avoir rempli vos critères, les photos de profil défilent, vous matchez ou pas et si l’autre personne fait de même une fenêtre de discussion s’ouvre et la suite vous appartient.

Partant de ce principe, une agence de publicité irlandaise, Eighty Twenty a détourné l’application pour mener une campagne controversée contre toute forme de travail sexuel en Irlande.

En effet, dans un premier temps, les photos de l’actrice ressemblent à n’importe quelle photo de profil et sont même plutôt aguicheuses puis, au fur et à mesure celle-ci semble nous dire tout autre chose, elle porte des traces de blessures et parait violentée. Ces photos s’achèvent sur un message du Immigrant Council of Ireland (à l’origine de la campagne) dénonçant le trafic sexuel existant en Irelande et appelant à l’interdiction totale de toute forme de travail sexuel dans le pays, avec un lien vers l’organisation Turnofftheredlight (Roxane ?).

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Récemment encore, la prostitution n’était pas pénalisée, sauf le racolage, le proxénétisme et les maisons closes. Les relations sexuelles tarifées en adultes consentants sont donc encore légalement possible en Irlande du Nord. Cependant, un amendement vient d’être voté fin octobre et prévoit la pénalisation des clients. Nombre de travailleurs du sexe en Irlande sont contre cette pénalisation qui leur ferait courir beaucoup plus de danger qu’actuellement, comme le souligne la BBC.

Outre le fait que la campagne prend à partie des gens qui, a priori, ne cherche que l’amour ou une aventure entre adultes consentants (et non tarifée) – l’agence de publicité n’y voyant que le côté « unique et novateur de la campagne », celle-ci fait l’amalgame entre le trafic d’être humain à des fins de trafic sexuel et les travailleurs du sexe que l’amendement criminalise indirectement :

« Même si cela ne ferait pas de moi une criminelle, je serais associée à des criminels », confie une prostituée à la BBC. « Je transformerais des gens en criminels et ça, ça ne me plait pas. »

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Pour le groupe cité dans la campagne, Turn Off the Red Light, « très peu de femmes choisissent de s’engager volontairement dans la prostitution. La plupart de ceux qui y sont impliqués ont eu très peu de réels choix face à eux« .

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