C’est une nouvelle passée quelque peu inaperçue la semaine dernière, mais qui vaut tout de même le coup de s’y attarder un peu. Ainsi, une société suédoise a entrepris d’implanter une puce RFID sous la peau de ses salariés. Volontaires, bien entendu.

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Qu’est-ce qui peut bien pousser une entreprise à pareille chose ? Le gain de temps et ainsi faciliter le quotidien de ses salariés sur leur lieu de travail.
Epicenter, société sise en Suède, a donc implanté une puce RFID sous la peau de quelques 450 de ses salariés (sur 700), tous volontaires pour ce test.

Plus besoin de clés, de badge, de carte ou de se remémorer d’innombrables codes pour ouvrir portes, sas, se servir de la photocopieuse ou encore payer leur addition à la cafétéria, il leurs suffira de poser la main sur un détecteur et sésame s’ouvrira.

Une puce RFID, est une puce électronique, sous-cutanée donc, aussi grande qu’un grain de riz, qui conservent et transportent certaines données intégrées.

Comme on peut le voir dans le reportage de la BBC, les volontaires se sont rendus chez un tatoueur (sic!) pour procéder à l’implantation de la puce sur le dos de leur main, entre le pouce et l’index. En bon reporter de terrain, le journaliste de la BBC, Rory Cellan-Jones, a souhaité essayer cette technologie afin de se rendre compte par lui-même de l’intérêt d’une telle puce. Il n’a pas semblé très convaincu lorsqu’il a fallu qu’il se torde la main pour atteindre le détecteur et ainsi se servir de la photocopieuse qui se trouvait en face de lui. Une puce également connectée au smartphone de l’employé et qui lui permet de retrouver sa carte de visite ou certaines données personnelles.

Alors chacun jugera de l’opportunité de ces puces d’identification par radiofréquence, de l’innovation véritablement apportée ou du réel gain de temps gagné grâce à ces puces, quoi qu’il en soit, elles démontrent un certain intérêt des entreprises pour cette technologie. À bon ou mauvais escient, c’est toute la question.

Pour les propriétaires de l’Epicenter, il s’agit de séduire les « entreprises numériques de pointe à forte croissance et [les] entreprises innovantes ».

Quant à Hannes Sjöblad, fondateur de Bionyfiken, association suédoise de Biohackers, « les salariés de l’Epicenter qui ont décidé de remplacer leurs porte-clés par des implants NFC ont fait un choix personnel. Ils sont peu nombreux, mais d’autres sont en train de les rejoindre ». Son association procède d’ailleurs à des tests depuis l’an dernier et a même lancé une étude nationale sur les implants NFC/RFID dans le but de créer une communauté d’utilisateurs afin d’expérimenter ces puces et leurs applications.

Dès septembre 2013, la CNIL, mais aussi l’ensemble des CNIL européennes ainsi que la Commission européenne s’interrogeaient et émettaient quelques réserves sur les usages multiples et les impacts variés en termes de vie privée de ces puces.

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