Les autorités américaines auraient menacé l’Allemagne de représailles si celle-ci venait à accorder l’asile politique à Edward Snowden. C’est Gleen Greenwald, journaliste à l’origine des premiers articles révélant la surveillance massive de la NSA qui dévoile l’information dans The Intercept.

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La menace n’était pas sous-entendue à lire les propos du vice-chancelier allemand, Sigmar Gabriel, les Etats-Unis ont menacé l’Allemagne de stopper leur collaboration en matière de renseignement si le pays venait à accueillir Edward Snowden.

C’est lors d’un discours au cours duquel il félicitait les journalistes ayant analysé les Snowden’s files que le vice-chancelier a révélé l’information.
Poussé par Gleen Greenwald à expliquer pourquoi l’Allemagne n’avait pas accédé à la demande d’asile du jeune lanceur d’alerte (demande formulée à une vingtaine de pays) alors même qu’il dit regretter que le jeune homme ait trouvé refuge dans « la Russie autocratique de Vladimir Poutine », le vice-chancelier a répondu sans ambages :

« ils nous ont dit qu’ils cesseraient de nous alerter sur des complots ou sur toute autre question de renseignement. »

En clair, même en cas de risque d’attentats décelée par les autorités américaines, celles-ci ont menacé de ne rien divulguer au gouvernement allemand, laissant sa population totalement vulnérable.

On se souvient de l’énorme incident diplomatique causé par les États-Unis en juillet 2013. Sur pression des USA, quatre pays européens (France, Portugal, Espagne et Italie) avait refusé d’ouvrir leur espace aérien suite à une rumeur faisant état de la présence d’Edward Snowden à bord, entraînant l’escale forcé de l’avion présidentiel bolivien en Autriche et la fouille de l’appareil.
Mais surtout un tollé mondial et l’embarras des autorités françaises qui avaient présenté ses « regrets » prétextant un « contretemps » dans l’autorisation de survol du territoire.

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Alors à Moscou où il assistait à une réunion de pays producteurs de gaz naturel, le président de la Bolivie, Evo Morales, avait déclaré qu’il pourrait accéder à la demande d’asile politique d’Edward Snowden. Des événements qui, à la lumière des déclarations du vice-chancelier allemand, portent sans doute la marque des États-Unis.

En Allemagne, les révélations de la mise sur écoutes du portable personnel de la chancelière, Angela Merkel, avaient suscité la colère de la principale intéressée. Avant que d’autres révélations ne viennent établir la coopération de longue date des services secrets allemands et américains.

Si un mouvement en faveur de l’asile politique d’Edward Snowden avait donné lieu à plusieurs manifestations, l’Allemagne a toujours refusé d’accueillir le lanceur d’alerte et même de l’inviter à témoigner lors d’une enquête parlementaire sur l’espionnage de la NSA. A ce jour, aucun pays européen ne s’est prononcé en faveur d’un asile politique accordé à Snowden.
Le jeune homme est toujours réfugié en Russie où sa demande d’asile a été prolongée pour trois ans.

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