Mardi 21 avril, Google lancé son nouveau moteur de recherche, « mobile friendly », qui promet de mettre en avant les sites internet compatibles aux mobile. Pour les autres ? Priez de rester sur le bas-côté.

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C’est une petite révolution qu’est en train de mener Google, certains vont la vivre, d’autres la subir.
Depuis mardi, Google a lancé son nouvel algorithme « mobile-friendly » qui, comme son nom l’indique, aime le mobile et référence en priorité les sites internet adaptés aux smartphones et autres tablettes.

« En tant que mobinaute, vous est-il déjà arrivé de cliquer sur une page des résultats de recherche Google et d’être redirigé vers une page où le texte était trop petit, et les liens minuscules ? Et de devoir faire défiler la page horizontalement et zoomer pour voir l’intégralité du contenu ? En général, cela se produit lorsque le site Web n’a pas été optimisé pour s’afficher sur un téléphone mobile. » prévenait Google en novembre dernier dans un billet.

Le mobile est le nouvel eldorado high-tech, ses possibilités sont énormes et les entreprises l’ont très bien compris. 30 % du trafic internet mondial s’effectue via smartphones et tablettes. Avec 1,19 milliard d’utilisateurs mobiles, Facebook a développé une stratégie mobile agressive : paiements, Instagram, Messenger, WhatsApp, applications.

Avec cette petite révolution, la firme de Mountain View ne prend personne par surprise puisqu’elle avait prévenu de ce changement il y a deux mois dans un billet de blog, laissant ainsi le temps administrateurs de site (webmaster) qui le souhaitent et/ou le peuvent de procéder aux modifications nécessaires, bienvenu au responsive web design !

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– « Absence de logiciels peu utilisés sur les appareils mobiles, comme Flash.
– Texte lisible sans zoomer.
– Contenu adapté à la taille de l’écran, de sorte que les internautes n’ont pas besoin de faire défiler la page horizontalement ni de zoomer.
– Liens suffisamment éloignés les uns des autres pour pouvoir cliquer dessus facilement. »

L’ambition de Google est d’offrir une meilleure expérience utilisateur au client en lui offrant du contenu pertinent, mais surtout compatible avec son mobile.
« À partir du 21 avril, nous étendrons l’utilisation de la compatibilité mobile comme un critère de classement. Ce changement affectera les recherches mobiles dans toutes les langues à travers le monde et aura un impact significatif sur nos résultats de recherche. Ainsi, il sera plus facile pour les utilisateurs d’obtenir des résultats de qualité, pertinents, qui sont optimisés pour leur appareil » expliquait ainsi les ingénieurs Google en février.

L’algorithme de Google est aussi jalousement tenu secret que la recette du Coca-Cola. Comme le communiqué l’explique, il détermine le classement des résultats de recherche et a donc une importance fondamentale pour les sites internet souhaitant être bien référencés. Une bonne place est gage de visibilité, de trafic et donc potentiellement de recettes (publicitaires notamment), d’autant plus lorsque l’on sait que 91,5 % des clics sur Google se font sur la première page des résultats.

Pour y parvenir, certains optimisent au mieux leur contenu afin d’être hissés dans les premiers résultats (mots-clés, liens internes et liens entrants, etc.), d’autres passent à la caisse (Adwords ou liens sponsorisés).
Avec « mobile-friendly », ces deux options sont remises en cause (certainement moins pour la seconde, mais passons), laissant augurer ce que les professionnels du référencement sur Internet ont déjà nommé l’« Armageddon mobile » (ou mobilegeddon dans The Guardian).

En effet, non compatibles, certains sites internet seront mal référencés, perdus dans les tréfonds du web, et pourraient perdre une part significative de trafic, à l’heure où le trafic web mobile est en pleine expansion. Risquer de se faire éclipser des résultats de recherche Google, c’est se couper d’une audience non négligeable. Bien évidemment, l’algorithme « mobile-friendly » n’est prévu que pour la recherche en ligne sur smartphone et tablettes (bientôt) et n’aura aucun impact sur les résultats de recherche effectués à partir d’une requête sur ordinateur.

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Google propose un « test de compatibilité mobile » sur une page dédiée. Rassurez-vous, malgré les nombreux changements apportés récemment et les petits soucis de démarrage de cette nouvelle version du site, Lejournaldugeek.com est parfaitement compatible sur mobile, le JDG étant responsive web design (s’adapte automatiquement à la taille de l’écran que ce soit sur ordinateur, tablette ou mobile).

Ce que nous confirme Google d’un « Parfait. Cette page est adaptée aux mobiles ». Lorsque le test échoue, c’est une autre phrase qui apparait, « Non adapté aux mobiles », suivie des raisons expliquant pourquoi le site n’est pas optimisé pour s’afficher sur un mobile : « texte illisible, car trop petit, fenêtre d’affichage mobile non configurée, liens trop rapprochés, contenu plus large que l’écran« .
Et Google de délivrer un petit guide des bonnes pratiques pour réaliser un site optimisé pour le mobile. Avec 95 % de part de marché dans la recherche en France, et 90 % au niveau mondial il en va sans dire les que les sites paniquent et n’ont d’autres choix que de se mettre au pas, une aubaine pour les développeurs.

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Selon une étude Yooda, 64 % des sites français ne sont pas optimisés pour l’affichage mobile. Le bonnet d’âne revenant aux administrations, suivi par l’immobilier et les sites spécialisés dans les voyages et le tourisme. Néanmoins, la recherche locale, c’est-à-dire les résultats « à proximité », ne devraient pas être concernés par ces changements.

En revanche, Business Insider relaie une étude de la société de marketing en ligne Somo recensant pléthore de sites internet de grandes marques encore à la traîne et qui pourraient être directement concernés, allant de Danone, American Apparel, Nintendo, à Ryanair, Windows Phone, Versace ou encore le Daily Mail (qui semble s’être mis à jour depuis).

Gageons que cette apocalypse mobile va donner du grain à moudre à la Commission européenne qui a délivré une « communication de griefs » à Google concernant des faits d’abus de position dominante. Comme le souligne très justement Rue89, « Par une décision unilatérale, par un « simple » réglage technique, une entreprise est capable de lancer une nouvelle ère d’internet ».

Avec cette uniformisation mobile planétaire requise, la firme de Mountain View donne les cartouches nécessaires pour l’abattre. Si la FTC (le régulateur américain) avait fait pencher la balance en faveur de Google jugeant que les bénéfices apportés aux utilisateurs étaient plus importants que les distorsions de concurrence éventuelles constatées (le Sénat US enquête à ce propos), ce n’est pas le cas de la Commission européenne.

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