L’EFF fait le choix d’Apple et tance WhatsApp

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Par Elodie le

Comme chaque année, l’Electronic Frontiers Fondation réalise son palmarès des entreprises qui protègent le mieux les données privées des internautes de la gourmandise des autorités. Cette année, Apple, Yahoo ou Adobe sont distingués, là où WhatsApp est pointé du doigt.

Tim Cook

C’est peu dire que les entreprises high-tech on a cœur de rassurer leurs clients et restaurer leur confiance écornée par les révélations d’Edward Snowden, mais aussi de laisser leurs données personnelles loin des oreilles indiscrètes du gouvernement et de ses agences de renseignement.

Depuis, c’est la course au chiffrement tous azimuts. Certaines firmes font des déclarations d’intentions, d’autres renforcent leur politique de confidentialité. Et cette volonté ne plait guère aux différentes agences concernées qui agitent le spectre du terrorisme pour faire reculer ces firmes ou du moins leur faire revoir leurs prétentions à la baisse. En installant des backdoors légales notamment. Refus de la Silicon Valley qui juge que ce serait offrir une porte d’entrée aux hackers et gouvernements étrangers notamment.

Parmi ces entreprises, plusieurs se distinguent selon l’EFF (Electronic Frontiers Fondation) qui lutte pour défendre les libertés numériques, et ce ne sont autres qu’Apple, Dropbox, Adobe ou encore Yahoo. L’EFF a tenu à saluer Apple « pour sa position ferme en matière de droits de l’utilisateur, concernant leur vie privée et face aux demandes gouvernementales ».

Dans son rapport, Who Has Your Back, l’EFF explique qu’afin d’établir le classement des entreprises qui protègent le mieux les données des internautes, elle a mis en place plusieurs critères à remplir : la demande d’un mandat délivré par un juge aux autorités avant toute transmission de données de communication d’un utilisateur, la publication d’un rapport de transparence sur lequel est spécifié le nombre de requêtes envoyées et le taux de réponses positives fournies par la firme, le fait d’informer un utilisateur sur les demandes de données formulées par les autorités à son encontre (dans les limites prévues par la loi) mais également le fait pour une entreprise de communiquer sur sa politique de conservation des données.

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9 firmes valident l’ensemble des critères exigés par l’EFF, parmi lesquelles Adobe, Apple, Dropbox, Sonic.net, Yahoo ! ou encore Wikimedia.
Par exemple, Apple, Facebook Microsoft ou encore Reddit informe leurs utilisateurs en cas de requêtes gouvernementales les concernant, quand Google, Comcast, AT&T, Amazon ou Snapchat, Whatsapp, Verizon et Twitter ne le font pas.
Un manque de transparence de la part de Whatsapp, qui lui vaut de figurer en bon dernier dans le classement établi par l’EFF, alors même que la société chiffre ses communications. Malgré son unique étoile, l’EFF salue AT&T qui fait son entrée dans le classement et a donc fourni des efforts en comparaison des années précédentes..

La plupart des entreprises affirment évidemment s’être opposées aux backdoors, porte dérobée mise en place à l’attention des autorités et leur permettant de casser le chiffrement des données utilisateurs souhaitées. Néanmoins, qui annoncerait publiquement : « Nous avons des backdoors, entrez, vous êtes les bienvenus ! » ? Reddit, Verizon et AT&T à en croire le tableau, mais Reddit ne s’est jamais positionné publiquement sur le sujet.
Cependant, le site a récemment annoncé chiffrer l’ensemble des connexions au site. C’est désormais presque de coutume, mais la plupart publie leur rapport de transparence, Orange s’y est mis récemment, concernant les demandes formulées par les gouvernements. Sauf Twitter qui a du traîner le gouvernement en justice pour faire valoir ce droit, étant exclu de l’accord conclu à cette fin par l’administration US et 5 géants du web.

Malgré une volonté affichée des deux côtés d’opter pour plus de transparence et de sécurité des données, la course au chiffrement des uns se heurte aux impératifs de sécurité nationale des autres. À ce jeu-là, Apple s’est notamment distingué par la voix de son PDG Tim Cook qui semble inflexible sur la question. Il s’est d’ailleurs vu remettre le prix de « champion de la liberté » en début de mois, décerné par l’Eclectronic Privacy Information Center (EPIC). Moment qu’il a choisi pour tacler Facebook et Google qui se sont construits grâce à un modèle économique basé sur l’exploitation des données personnelles des utilisateurs.

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