Jeb Bush veut mettre fin à la neutralité du Net s’il est élu président des États-Unis

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Par Elodie le

L’ancien gouverneur de Floride, fils et frère de, n’aime pas les régulations et autres réglementations. Ainsi entend-il supprimer celles qui encadrent la neutralité du Net une fois devenu président des États-Unis.

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crédits : Alex Wong/Getty Images

C’est connu, les Républicains (pas le parti Les Républicains, ex-UMP) et les régulations ne font pas bon ménage. Dans le parti chantre du libéralisme (rien à voir avec celui dont est taxé le gouvernement français), un peu de gouvernement – entendre protections, règles, codifications – c’est déjà trop de gouvernement.

En campagne pour être le candidat républicain à la présidentielle américaine, Jeb Bush, a présenté son programme mardi 22 septembre, intitulé Regulatory reform (ou réforme de la réglementation en VF).

Le frère de l’ancien président George W. Bush (2 mandats) considère ainsi que l’économie américaine « est écrasée sous le poids des règlements », surtout ceux proposés par l’administration Obama au cours de ses deux mandats. Il entend donc y remédier, notamment en s’attaquant aux règles imposées aux FAI, comme la neutralité du net qui a été l’objet d’un feuilleton à rebondissements outre-Atlantique.

Pour Jeb Bush, les règles encadrant ce principe sont « l’une des idées les plus folles jamais entendues ».

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La neutralité du Net (ou neutralité du réseau) est un principe qui garantit l’égalité de traitement de tous les flux de données sur Internet, sans discrimination (de source, technique ou contenu), aucune. Ainsi, les FAI ne peuvent bloquer ou ralentir quelque contenu que ce soit ou proposer une « voie rapide » contre rémunération.

Aux États-Unis, la bataille mêlant les géants du web, la FCC (Federal Communications Commission) – le régulateur des télécoms US, les opérateurs télécoms (Comcast, Verizon, AT&T, Cablevision, etc.), partisans et opposants fut âpre. D’autant que la FCC a plusieurs fois changé son fusil d’épaule avant d’opérer une volte-face digne des meilleurs cliffhangers hollywoodiens en consacrant pleinement et sans détour la neutralité du Net.

Soutenus par une majorité de Républicains et quelques démocrates, les opérateurs télécoms, refusant de passer de service commercial à service public, ont mené d’intenses lobbying au Congrès tentant jusqu’au bout de renverser la décision de la FCC. Peine perdue, le régulateur a fait de l’accès à internet une « utilité publique » soumise aux « plus fortes protections en faveur d’un Internet ouvert jamais proposées ».

Mais ses farouches opposants n’ont jamais renoncé, et les opérateurs ont vu s’envoler la perspective d’un internet à deux vitesses, et les gains de l’accès à une voie rapide avec.

L’un des arguments contre la neutralité du net étant que l’entretien des réseaux coûte cher et qu’il serait juste que ceux qui contribuent à grignoter la bande passante, dont les plus gourmands sont Netflix et YouTube, paient leur obole. Un sentiment partagé en France par Stéphane Richard, PDG d’Orange,

« Moi aussi, j’aimerais bien qu’internet soit gratuit dans le monde entier. Mais ça n’est possible que dans les rêves […] Il faut donner aux opérateurs les armes et les moyens d’innover. Et la neutralité du net est l’ennemie de l’innovation des opérateurs. »

Jeb Bush reprend exactement les mêmes arguments dans son programme :

« Plutôt que d’améliorer le bien-être des consommateurs ces règles interdisent à un groupe de facturer à un autre groupe d’entreprises le coût total pour l’utilisation de leurs services. Les opérateurs, petits et grands ont déclaré, sous peine de parjure, que la neutralité du net ont réduit leurs investissements pour mettre à niveau et développer leurs réseaux. »

Si Obama a pu compter sur le soutien de la Silicon Valley durant sa campagne, Google ou Apple notamment, gageons que Jeb Bush entend faire du pied au camp adverse sur ce terrain là

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