Malgré des intentions louables, le projet Internet.org lancé par Mark Zuckerberg continue d’essuyer des critiques, accusé de visées purement mercantiles et de mettre à mal la neutralité du Net. Dans un souci de transparence, le site passe d’Internet.org à « Free basics by Facebook ».

internet_org_free_basics_facebook

On efface tout et on recommence ? C’est ce que semble vouloir Mark Zuckerberg. Depuis le lancement d’Internet.org voici deux ans, rien ne se passe comme prévu. À l’origine, ce projet avait pour ambition d’apporter Internet partout dans le monde, surtout dans les coins les plus reculés de la planète où l’accès à Internet est rare, voire inexistant, mais aussi de proposer des applications et services de première nécessité.

Grâce aux partenariats noués avec des entrepreneurs locaux, une soixantaine de services sont désormais disponibles articulés de trois grands thèmes : santé, éducations et informations économiques (emplois) et ce, dans 19 pays. L’accès à Facebook est bien entendu offert.

Belle initiative, à l’image de Google et les ballons Internet de Project Loom, mais qui essuie pluie de critiques depuis. Internet.org serait ainsi trop restrictif et privilégierait Facebook et ses partenaires (Messenger présent dans les services proposés par défaut, tout comme le moteur de recherche Bing, propriété de Microsoft, partenaire d’Internet.org.)

« Si quelqu’un ne peut pas se payer une connexion, c’est toujours mieux d’avoir un accès [limité à Internet] plutôt que pas d’accès du tout. » (Mark Zuckerberg)

Si Mark Zuckerberg a tenté d’éteindre la polémique dans un post, une nouvelle a éclos peu de temps après, en Inde : selon plusieurs éditeurs, Internet.org nuirait à la neutralité du Net, certains partenaires ont préféré prendre les voiles. Depuis Facebook a revu sa copie avec une plateforme ouverte et non bridée pour les développeurs qui souhaiteraient collaborer couplée à une absence totale de publicité.

internet.org_neutralité_net_facebook

Force est de constater que cela n’a pas suffi, Internet.org semble encore pâtir de la (mauvaise ?) réputation de Gargantua de Facebook. Aussi, deux modifications importantes viennent d’être apportées le 24 septembre : la connexion sera désormais chiffrée et sécurisée (https) – finies les craintes d’intrusions de hackers – et Internet.org change de nom, pour le site et l’application mobile, et devient Free Basics by Facebook. Ainsi, initiative et services se voient distingués.

Il n’est pas dit que ce pas vers plus de transparence sera suffisant pour clore la polémique. Néanmoins, Mark Zuckerberg entend prouver sa bonne foi, si ce n’est son altruisme. Samedi 26 septembre, lors d’un dîner organisé par le forum du secteur privé des Nations Unies, le fondateur de Facebook, assis à côté d’Angela Merkel, a promu Internet comme un « outil en faveur des droits de l’homme » et un « moteur de paix », il entend donc apporter son aide aux Nations Unies pour fournir une connexion Internet dans les camps de réfugiés.

« Ce n’est pas de l’altruisme. Nous serons tous gagnants d’être plus connectés », s’est-il justifié face aux premières remarques faisant de Facebook le premier bénéficiaire de sa générosité.
Il n’a pas donné plus d’explication sur la façon dont il comptait procéder pour cela, rapporte le New York Times.

Source

Une erreur dans l'article ? Proposez-nous une correction