Le logiciel bloqueur de publicités de la société Eyeo est à nouveau attaqué sur ses terres. Et pour la 3e fois, Adblock Plus est conforté dans sa légalité.

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Et de trois. En avril dernier d’abord, deux éditeurs allemands se tournaient vers la justice allemande pour dénoncer une pratique illégale et anticoncurrentielle de la part d’Adblock Plus, logiciel bloqueur de publicité de la société Eyeo. Le tribunal d’Hambourg avait estimé que la société était dans son droit, les internautes choisissant eux-mêmes ce qui s’affiche ou non sur leur écran.

Rebelote au mois de mai suivant, Adblock était cette fois-ci attaqué par deux chaines de télévision allemande, RTL Interactive et ProsiebenSat.1n, qui accusaient Eyeo de mettre à mal leur modèle économique en faisant fi des règles de la concurrence. Toujours en cause, l’ad blockeurs et la politique de « publicité acceptable » (publicités identifiées comme telles, statiques – c’est-à-dire sans animation ou son – et qui n’interfèrent pas avec le contenu).

Le tribunal de Munich venait débouter les plaignants, estimant qu’il n’y avait « pas un handicap anticoncurrentiel ». Adblock Plus n’est donc pas illégal.

Pas plus qu’il ne semble l’être aujourd’hui dans l’affaire qui l’opposait à l’éditeur allemand Axel Springer, détenteur de Bild ou Die Welt notamment. Le géant de l’édition avait argué que la diffusion de publicité en ligne était un droit constitutionnel que rien ne devait entraver. Argument rejeté. Il s’était alors attaqué à la politique de « publicité acceptable » d’Eyeo.

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Cette politique permet aux entreprises et annonceurs de figurer dans la white list d’Adblock Plus pour peu qu’ils consentent à passer à la caisse – Google, Amazon et Microsoft y auraient consenti – ce que dément Eyeo : 90% des sociétés qui y figurent le sont « sans contrepartie », pour les 10% restants, ces entreprises « perdraient énormément de revenus si elles étaient en liste noire » (c’est-à-dire les géants du web qui tirent la majorité de leurs gains des revenus publicitaires). Pour Springer et les autres plaignants, ce n’est rien d’autre que de l’extorsion et du racket.

D’autant qu’une récente étude calculait à 22 milliards le manque à gagner des sites internet attribué aux bloqueurs de publicités pour l’année 2015. Le marché de la vidéo et du mobile, eldorado des annonceurs, est le prochain marché des ad blockers : les utilisateurs augmentent sur ce secteur. Les entreprises high-tech l’ont bien compris et proposent de plus en plus ce type de solutions à leurs clients : Apple sur iOS9 avec Safari, Chrome, Firefox, Crystal, application la plus populaire de l’App Store sur ce segment s’est même laissé convaincre par Eyeo et ses « publicité acceptables ».

La cour régionale de Cologne n’a rien trouvé à redire dans cette pratique : Adblock Plus est donc une nouvelle fois conforté dans sa légalité.

Néanmoins, Eyeo a annoncé la création, au premier semestre 2016, d’un comité indépendant en charge de déterminer ce qui définit une publicité acceptable.

Axel Springer a d’ores et déjà exprimé son intention de faire appel. Cette semaine, l’éditeur allemand s’est offert 88% du capital de Business Insider, pour 343 millions de dollars, portant ainsi de 9% à 97% sa participation dans le pure player, qui doit débouler en France courant 2016 (associé avec le groupe Prisma médias). Pure player dont le modèle économique est basé… sur les revenus publicitaires.

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