Suspendu en Inde, Zuckerberg défend (encore) Free Basics par Facebook

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Par Elodie le

Le régulateur indien des télécoms a demandé à l’opérateur partenaire de suspendre le service en Inde. Rebaptisé Free Basics by Facebook, ce dernier propose l’accès gratuit à Internet et des applications et services de première nécessité.

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Décidément, ce n’est pas de tout repos pour Free Basics et Mark Zuckerberg qui est à l’origine du projet. Régulièrement attaqué, il n’a jamais manqué d’expliquer et de défendre son bébé.

Une nouvelle fois, Free Basic est contesté en Inde pour ses violations supposées de la neutralité du net.

En septembre dernier déjà, dans un souci de transparence, Mark Zuckerberg décidait de rebaptiser son projet Internet.org en « Free Basics by facebook », tout en espérant que cela ferait taire les critiques l’accusant de visées purement mercantiles et de remettre en cause la neutralité de net.

Peine perdue. Deux ans après le lancement du projet Internet.org, Free Basics (qui regroupe le site et l’application mobile) a du mal à s’imposer, peut-être à cause de son trop imposant bienfaiteur et de la suspicion qu’il traine dans son sillage.

Quoi qu’il en soit, l’Agence indienne de régulation des télécoms (TRAI) a demandé à l’opérateur télécom partenaire, Reliance Communications, de suspendre le service dans tout le pays en attendant les conclusions d’une consultation publique sur l’accès à Internet.

Mêmes griefs que précédemment : Free Basics nuirait à la neutralité du net puisqu’il ne propose qu’un accès limité à Internet, tout en mettant en avant ses propres contenus et favoriserait certains sites – partenaires – au détriment des autres.

Par ailleurs, offrir un accès à Internet, même limité, alors qu’un accès complet est payant s’apparente à du zero rating pour ses détracteurs. Free Basics contreviendrait au principe de la neutralité du net.

Comme les frais de données sont offerts, Free Basics ne propose qu’un certain nombre de services grâce aux partenariats noués localement : une soixantaine de disponibles articulés de trois grands thèmes : santé, éducations et informations économiques (emplois) et ce, dans 19 pays. L’accès à Facebook est bien entendu offert. Ce que ses détracteurs lui reprochent puisque ceux qui ont les moyens de payer peuvent accéder à Internet dans son intégralité.

Ou comme l’explique Facebook : « Free Basics donne aux gens l’accès à des services essentiels, tels que la communication, la santé, l’éducation, des offres d’emploi et de l’information agricole – le tout sans frais de données. Cela aide ceux qui ne peuvent se permettre de payer pour les données, ou qui ont besoin d’un peu d’aide pour faire leurs débuts en ligne. Et c’est ouvert à toutes les personnes, les développeurs et les réseaux mobiles ».

Mark Zuckerberg s’est d’ailleurs fendu d’une tribune publiée hier dans le Times of India, intitulée « Free Basics défend la neutralité du net ». Il compare le service aux librairies, hôpitaux ou écoles publics et se défend de limiter l’accès à Internet, bien au contraire ;

« Plus de 35 opérateurs ont lancé Free Basics et 15 millions de personnes se sont connectées. La moitié des utilisateurs de Free Basics qui ont découvert Internet par ce biais paient pour accéder à l’Internet complet sous 30 jours ».

Ils démontent ensuite un à un les arguments des opposants, regroupés notamment sous la bannière SaveTheInternet.in, au service et (re)donne l’exemple de Ganesh, agriculteur du Maharashtra qui, grâce aux informations météorologiques fournies par Free Basics, peut désormais investir et développer son exploitation.

« Il ne s’agit pas des intérêts commerciaux de Facebook ; il n’y a même pas de publicité sur Free Basics. Si les gens perdent leur accès à ces services, ils perdront simplement l’accès à toutes les opportunités offertes par Internet aujourd’hui », martèle le fondateur de Facebook.

Cette tribune est accompagnée de plusieurs doubles pages de publicité diffusées dans différents journaux indiens. Rien ne dit que cela avantagera Facebook dans sa bataille pour faire accepter Free Basics en Inde, mais la consultation publique sur « les prix différenciés pour les services de données » s’achève le 30 décembre.

Pour Zuckerberg c’est avant tout une question d’égalité numérique, plus que de neutralité du Net :

« Tout le monde mérite d’avoir accès à Internet. Les services Free Bacis peuvent aider à atteindre cet objectif. Free Basics doit continuer pour aider l’Inde à atteindre l’égalité numérique », conclut-il.

Un avis que semble partager – à sa manière – le boss de Microsoft Inde dans Economic Times : « Je ne pense pas que ce que fait Facebook ait un rapport avec la neutralité du Net. Il s’agit d’aider des gens à aller sur Internet, et c’est ce qu’ils devraient dire ». Pour lui, le message n’est pas clair, « Mais de le brouiller et de dire que cela respecte la neutralité du Net n’a aucun sens ».