Un maire interdit Pokémon Go sur sa commune

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Par Elodie le

Le maire de Bressolles, dans l’Ain, a pris un arrêté municipal pour interdire l’implantation virtuelle du jeu Pokémon Go, développé par la société américaine Niantic, sur sa commune, et ce, afin de se prémunir de tout danger engendré par cette chasse aux monstres virtuels.

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Pokémon Go suscite l’inquiétude de nombreux élus

Alors que l’idée d’une législation encadrant le jeu de réalité augmentée Pokémon Go en France fait son chemin dans la tête de certains élus de la République, plusieurs initiatives apparaissent sur le territoire pour contenir la folie Pokémon Go (sic) et ses éventuels débordements.

Après Strasbourg et ses verbalisations de joueurs imprudents, la Mairie de Bressolles entend elle aussi protéger ses concitoyens des dangers de Pokémon Go.

Bressolles interdit le jeu…

Ainsi, Fabrice Beauvois, le maire sans étiquette de la commune de 800 habitants, a pris un arrêté municipal interdisant l’implantation virtuelle de personnages Pokemon à Bressolles (art. 1), notamment au regard du « danger que constitue la recherche des personnages de « Pokemon » par l’inattention des piétons et conducteurs de véhicules visionnant leur téléphone ».

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Pour la municipalité, « cette situation peut favoriser en soirée et la nuit la constitution de groupes dont il convient de prévenir l’émergence ».

Dans son article 2, la Mairie demande donc aux sociétés Pokémon Company et Niantic d’exécuter « chacun en ce qui le concerne » ledit arrêté.

… à la « propagation contagieuse et anarchique »

Parmi les autres arguments avancés : « l’addiction dangereuse que représente ce jeu vis-à-vis des jeunes populations » et sa « propagation contagieuse et anarchique » sont également avancés.

Les deux firmes ont la possibilité de contester le présent arrêté dans un délai de deux mois en déposant d’un recours pour excès de pouvoir devant le tribunal administratif.

L’inadvertance potentiellement dangereuse n’est pas le seul grief émis à l’encontre de Pokémon Go, mardi, The Intercept s’alarmait ainsi que le jeu ne soit qu’un prétexte à la collecte de données.

La collecte des données en question

Le but du jeu est directement lié à la collecte de données ce qui inclut la collecte d’information dans le monde réel et ces informations acquises font partie de la condition pour progresser dans le jeu (…). Le réel challenge repose dans le fait de motiver les joueurs à fournir constamment des données, même après l’engouement provoqué par la découverte du jeu. La collecte d’information se doit d’être aussi divertissante que possible.

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Un risque déjà soulevé par la CNIL dans un communiqué publié en juillet dernier et justement intitulé : « Jeux sur smartphone : quand c’est gratuit… » et appelait à la plus grande vigilance.

Les jeux basés sur la localisation – comme Pokémon Go qui bénéficie d’une base importante d’utilisateurs – attirent les personnes vers des espaces physiques commerciaux (des magasins partenaires, des marques sponsorisant des lieux…).

« Concrètement, plutôt que de revendre les données de ses utilisateurs, l’éditeur du jeu préférera inciter ses joueurs à se rendre chez ses partenaires commerciaux. Ces derniers rémunéreront plus ou moins l’éditeur selon la qualité des profils qui franchiront leur porte. Ainsi, plus les données collectées par l’application sont précises, plus le profilage du joueur/consommateur est fiable, meilleure sera la rémunération de l’éditeur », indiquait ainsi la Commission informatique et libertés.

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