Violence et jeux vidéo, ce vieux serpent de mer. Le ministère de l’Intérieur a répondu aux inquiétudes d’un député PS quant à la diffusion d’images tirées de jeux violents aux mineurs. Si l’acte est punissable, la sanction semble destinée à rester théorique.

diffusion-images-jeux-video-violent-punissable

Image du jeu GTA V

N’y a-t-il que nos politiques pour s’émouvoir de la violence dans les jeux vidéo ? Pour peu qu’un fait divers impliquant un adolescent mentionne la pratique d’un jeu vidéo violent et le sujet revient sur le tapis.

Violence et jeu vidéo, l’éternelle ritournelle

En France, si aucun jeu vidéo n’a été frappé d’interdiction, les appels ne manquent pas. Répondant à l’un d’entre eux en 2013, la Garde des Sceaux a déjà fait savoir que le ministère de l’Intérieur avait la possibilité « d’interdire de proposer, de donner, de louer ou de vendre à des mineurs, d’exposer à la vue du public et de faire de la publicité en faveur de jeux vidéo qui lui paraissent présenter un danger ».

Ce qu’il n’a donc jamais fait, que ce soit pour GTA ou Call of Duty. Afin d’alerter sur son contenu violent, ces deux jeux sont sanctionnés d’un PEGI 18 (pour Pan European Game Information), c’est-à-dire déconseillés au moins de 18 ans. Ce label indique l’âge recommandé pour chaque jeu vidéo en fonction de son contenu.

Toutefois, comme le rappelle NextInpact, le député PS du Val de Marne, René Rouquet, s’inquiétait en septembre 2015 que rien « n’empêche la mise à disposition, par les enseignes spécialisées, de consoles permettant à des mineurs de tester certains jeux dont l’achat leur est pourtant interdit ».

jeu-video-violence-interdiction-mineurs

Call of Duty

Une signalétique PEGI plus effective

Dans sa réponse publiée le 30 août dernier, le ministère de l’Intérieur rappelle que la loi du 16 février 2015 a modifié l’article 32 de la loi du 17 juin 1998 « relative à la prévention et à la répression des infractions sexuelles ainsi qu’à la protection des mineurs afin de rendre plus effective la signalétique en matière de jeux vidéo ».

Ceci étant dit, il précise en outre que l’article 33 de ladite loi interdit « de proposer, de donner, de louer ou de vendre à des mineurs les documents mentionnés à l’article 32, d’exposer les documents mentionnés à l’article 32 à la vue du public en quelque lieu que ce soit ou de faire, en faveur de ces documents, de la publicité par quelque moyen que ce soit ». Y compris les installations de démonstration dans les boutiques spécialisées.
Tout contrevenant risque 3 ans d’emprisonnement et de 75 000 euros d’amende.

Une interdiction difficilement sanctionnable

« Ainsi, la responsabilité d’un vendeur qui aurait diffusé un jeu vidéo déconseillé au moins de 18 ans ou qui l’aurait mis à leur disposition pour le tester pourrait être recherchée sur ce fondement », indique l’Intérieur.

Ajoutant, « Encore faut-il qu’un signalement auprès du procureur de la République ait été effectué ».

Sauf à imaginer Nadine Morano en planque devant un Micromania, on voit mal comment cela pourrait être dénoncé.

Source

Une erreur dans l'article ? Proposez-nous une correction