EmDrive, c’est le nom d’un propulseur presque magique qui fonctionne sans carburant. L’année dernière, la NASA avait effectué des tests et avait conclu qu’il fonctionnait, à la surprise générale. Cette semaine, de nouveaux tests réalisés par une autre équipe de scientifiques ont confirmé à nouveau que ce propulseur émettait bien une poussée. Mais les résultats sont encore loin d’être franchement convaincants.

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L’EmDrive, c’est avant tout la promesse d’un moteur, d’un propulseur révolutionnaire qui bouleverserait les progrès effectués par l’humanité. Son principe a toutefois été énormément critiqué par la communauté scientifique. Et pour cause, il fonctionne sans carburant — uniquement avec de l’électricité — et viole sans vergogne la troisième loi de Newton dite de conservation du mouvement.

Une technologie qui ne fonctionne pas sur le papier

Le principe de ce propulseur (dit « propulseur à cavité résonante électromagnétique ») est assez simple. Il utilise la capacité des micro-ondes (créée à partir d’une source électrique) à rebondir sur la paroi d’un objet fermé. Le rebond de ces ondes produirait alors une poussée, faisant avancer ledit moteur. Et c’est bien ce qui embête les scientifiques, qui ne comprennent pas comment ce moteur parvient à faire fi de la troisième loi de Newton. C’est comme si l’on parvenait à faire avancer une voiture en faisant rebondir des ballons de football dans son habitacle. La chose est difficilement concevable.

Et pourtant, cette semaine, l’EmDrive a été « validée par des pairs » scientifiques. Un nouveau laboratoire a effectué de nouveaux tests sur un propulseur EmDrive et a conclu que, oui, ce moteur émet bien une poussée. Ho, pas une grande poussée. Quelque chose d’infime — 40 µN pour une énergie d’entrée de 40 Watts — que l’on serait bien incapable de ressentir sans des outils scientifiques. Mais une poussée, c’est une poussée et cela prouve que ce moteur est capable d’avancer.

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Des tests supplémentaires sont nécessaires

Reste que ces tests sont encore des tests de laboratoire qui convainquent encore peu le reste de la communauté scientifique. Comme le rappelle le Dr. Stephen Granade interrogé par Jalopnik.com, des équipes scientifiques chinoises ont déjà constaté une poussée sur un propulseur EmDrive. Mais ils n’ont pas réussi à reproduire l’expérience une seconde fois. Enfin, quand bien même il y aurait bien une poussée, quelle énergie serait nécessaire pour avoir une poussée digne de ce nom ? Probablement une véritable centrale électrique, bien loin des panneaux solaires que l’on pourrait intégrer à un vaisseau spatial.

Dernier point : en supposant que ce propulseur fonctionne bien sur Terre et dans un laboratoire, comment se comportera-t-il dans l’espace ? Bref, ce n’est pas demain que l’on sortira du système solaire avec un EmDrive.

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