Répondant aux critiques apparues après l’élection de Donald Trump en novembre dernier, Facebook renforce sa lutte contre la diffusion de fausses informations et autres hoaxes, notamment en misant sur le fact checking.

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Batman V Superman

Peu enclin à bouger le petit doigt, ou concéder que la plateforme a pu jouer un rôle, même minime, dans l’élection américaine, Facebook change de discours depuis quelques semaines maintenant. La polémique a été suffisamment importante et planétaire pour pousser le réseau social à donner des gages de bonne volonté.

« En temps normal, nous garderions pour nous les détails de nos projets en cours de développement, mais vu l’importance de cette question et l’intérêt qu’elle suscite, je veux exposer les grandes lignes de nos travaux actuels », expliquait ainsi Mark Zuckerberg, le CEO de Facebook, sur sa propre page.

Signalement facilité et fact checking

Après avoir dévoilé des mesures pour s’attaquer à la propagation de fausses informations sur le réseau social aux 1,6 milliard de membres, notamment en s’attaquant, avec Google, aux portefeuilles des sites de fake news, Facebook détaille ces nouveaux outils.

Prudente, et toujours dans un souci de ne pas devenir elle-même « arbitre de la vérité », la firme place ses membres au cœur du dispositif. Facebook va simplifier le signalement des fausses actualités, il suffira pour cela de cliquer sur le coin supérieur droit d’un article litigieux et cocher « C’est une fausse actualité ».

Addressing Hoaxes and Fake News from Facebook on Vimeo.

Ensuite, ces signalements seront étudiés par des organismes de presse spécialisés dans le fact checking. Ceux-ci pourront confirmer la véracité d’une information ou rédiger un article rétablissant l’exactitude des faits.

Pas un « arbitre de la vérité »

Parmi les organes de presse partenaires (et signataires du code de principe international des vérificateurs des faits), nous retrouvons ABC News, l’agence AP, Snopes, The Washington Post Fack Checker et d’autres médias internationaux comme Africa Check (Afrique du Sud, Sénégal et Kenya), Chequeado (Argentine), El Objectivo La Sexta (Espagne) ou encore Observador (Portugal), mais aucun titre de presse français pour l’instant.

« De nombreuses autres organisations vont nous rejoindre au fur et à mesure », assure John Hegeman, vice-président en charge du fil d’actualité (news feed).

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Dans le cadre de l’élection US, cela aurait pu donner des articles expliquant que non, le pape n’a pas apporté son soutien au candidat républicain ou qu’Hillary Clinton n’a pas acheté pour 137 millions de dollars d’armes illégales et ne fait pas partie d’un réseau pédophile utilisant une pizzeria comme couverture, comme le site Snope (en lien) a pu le faire pendant plusieurs semaines.

Lutte contre les spams et le clickbait

Si ces organes de presse identifient une fausse actualité, elle sera accompagnée d’un avertissement signalant que son contenu est « contesté » et d’un lien renvoyant vers le site du fact checker expliquant pourquoi.

Autre élément intéressant, Facebook va analyser le taux de partage d’un article après sa lecture pour détecter d’éventuels spams ou clickbait. Si l’article est moins partagé après sa lecture, cela signifie peut-être que son contenu n’était pas pertinent et a induit en erreur les lecteurs.

Par ailleurs, les contenus signalés devraient apparaître plus bas dans le fil d’actualité et ne pourront pas intégrer de publicité ou être promu de quelque manière que ce soit.

Des mesures bienvenues, mais qui restent encore timorées, les fausses informations ne seront pas supprimées, simplement marquées comme telles, avec tous les risques de remise en cause des médias pratiquant ces vérifications, que cela pourrait entraîner.

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