Dans l’optique de protéger l’humanité contre l’arrivée d’un astéroïde tueur, les autorités américaines ont publié un document exposant une stratégie de défense. Cette dernière ne repose pas sur une mission suicide mais sur la coopération internationale.

armageddon

Le 30 décembre dernier, la Maison-Blanche a dévoilé un rapport de 25 pages sur la stratégie à adopter au cas où un astéroïde menacerait la survie de l’humanité. Loin de compter sur la puissance seule des États-Unis pour protéger le monde, le gouvernement américain en appelle à la coopération entre les diverses agences spatiales de la planète.

Coopérer pour mieux survivre

Interrogé par Motherboard, Lindley Johnson, officier américain de Défense planétaire explique ainsi que «si nous étions sérieusement menacés par un impact d’astéroïde, le travail de la Nasa serait insuffisant pour intervenir dans l’espace (…) il faudra nous engager avec beaucoup d’autres agences pour nous préparer.»

La NASA, la Maison-Blanche et plusieurs agences gouvernementales de défense, dont le bureau du directeur du renseignement national, ont donc mis en place le projet DAMIEN. Non, il ne s’agit pas d’envoyer votre petit cousin de 8 ans sur l’astéroïde pour y déposer une arme atomique, tel un Bruce Willis prépubère, mais de l’acronyme de Detection and Mitigating the Impact of Earth-bound Near-Earth Object (bon ok, techniquement cela donne un titre du genre DMIENEO, mais c’est le gouvernement américain qui décide pas nous).

meteor

Ce nom désigne une équipe de scientifiques et d’agents gouvernementaux, chargés de surveiller la trajectoire des astéroïdes. DAMIEN s’appuie également sur la mise en place d’un centre d’observation spatial international, qui coopérerait avec toutes les agences spatiales et tous les observatoires de par le monde. L’idée est de détecter les astéroïdes bien à l’avance afin de mieux se préparer à les contrer.

Car, comme le souligne Lindley Johnson, ces opérations prennent du temps : «Il y a le temps nécessaire pour préparer et lancer une mission, le temps pour atteindre le corps céleste, et pour finir, le temps pour que notre mécanisme de déviation agisse.» L’officier estime qu’il faudrait entre 5 et 6 ans pour mener à bien une mission internationale contre un astéroïde, et qu’il est donc nécessaire d’être prévenu entre 8 et 10 ans à l’avance de l’arrivée de ce dernier.

Le temps, c’est de l’argent

Malheureusement, la concrétisation du projet DAMIEN n’est pas pour tout de suite. En effet, ce dernier se heurte à un problème de taille, celui du financement. Car si la Maison-Blanche compte sur une levée de fonds internationale, tous les gouvernements ne sont pas prêts à mettre la main au portefeuille, à commencer par les Européens. Ainsi, la mission AIDA, menée par l’Agence Spatiale européenne conjointement avec la NASA, qui consiste à envoyer un satellite « impacteur » sur un astéroïde pour le dévier d’ici 2022, n’est toujours pas parvenue à récupérer la moitié des fonds nécessaires à sa mise en oeuvre.

Pas la peine, cependant, de commencer à stocker des provisions en vue du jugement dernier. Le document de Washington rappelle qu’il est «improbable qu’il y ait un impact d’astéroïde qui mette fin à notre civilisation dans les deux siècles à venir». Et pour ce qui est des astéroïdes plus petits, mais suffisamment larges pour éventuellement déclencher une catastrophe naturelle d’envergure, ils sont assez rares, et n’échouent sur Terre qu’une fois, en moyenne, par siècle. Le dernier en date est la météorite qui s’est écrasée près de la ville russe de Chelyabinsk en 2013. Lorsque cette dernière est entrée en contact avec notre atmosphère, elle s’est désintégrée en libérant une puissance de 500 kilotonnes, soit 33 fois la bombe larguée sur Hiroshima (15 kt).

Source

Une erreur dans l'article ? Proposez-nous une correction