[La sélection de la rédaction] Ces 8 jeux de caisses qui ont marqué la simulation automobile

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Par Redac JDGe le

Du neuf et du moins neuf, voire du carrément préhistorique. À l’occasion de la sortie récente de Project Cars 2 et avec une rentrée riche en sorties sur ce même créneau, nous avons voulu revenir sur les simulations automobiles « majeures » qui ont jalonné l’histoire du jeu vidéo. Bien sûr, ce ne sont pas les seules à avoir imposé leur marque, mais elles font partie de cette quinzaine de jeux au destin exceptionnel qui restent dans les mémoires de tous les fans de bagnoles.

Project Cars 2

Test Drive 2 : The Duel (1989, Distinctive Software / Accolade)

Difficile aujourd’hui de regarder Test Drive 2 sans trouver l’animation abominable, la réalisation graphique indigente ou l’ambiance sonore aux fraises. Pourtant, il y a exactement vingt ans, Test Drive premier du nom faisait figure de petite révolution et sa suite sous-titrée The Duel enfonçait le clou. À l’époque, il n’y avait que très peu de jeux à représenter avec un tel luxe de détail des bolides de rêve comme la Porsche 959 ou la Ferrari F40. Les tableaux de bord étaient différents en fonction de la voiture sélectionnée et le principe du duel – une course poursuite contre l’ordinateur façon Canonball – bouleversait nos habitudes de joueurs. Il fallait également se méfier de la police qui n’appréciait pas vraiment de nous voir faire du 250km/h. sur les routes américaines. Quelques mois après la sortie du jeu, le contenu en était enrichi avec des supercars, des muscle cars, des paysages californiens et des paysages européens. Sans le savoir, Accolade lançait la mode des DLC, mais nous appelions ça des extensions.

Daytona USA (1994, SEGA)

Alors que nous parlons ici de simulation, il peut sembler étonnant de voir figurer un titre comme Daytona USA. Nous l’avons choisi comme représentant plus général de ce qui se faisait dans le monde des salles d’arcade des années 90. Ainsi, nous ne retenons que Daytona USA, mais il faut aussi se rappeler de Virtua Racing ou de SEGA Rally. L’idée n’était alors pas de proposer un style de conduite réaliste, mais de favoriser la vitesse et les sensations fortes. Pour autant, n’allez pas croire que le bolide se maîtrisait en deux temps, trois mouvements et pour réaliser des temps références, il fallait être capable d’une exceptionnelle précision. Entre les mains des joueurs les plus experts, le dérapage devenait un art. Daytona USA se focalisait sur l’univers du stock car plus populaire en Amérique du Nord quand Virtua Racing mettait l’accent sur la Formule Un. Enfin, SEGA Rally n’a pas besoin d’explication. Ces titres connurent tous un grand succès et des remakes ont été réalisés sur le Xbox Live par exemple : il aurait toutefois mieux valu nous laisser avec nos chouettes souvenirs. Snif.

Grand Prix Legends (1998, Papyrus / Sierra)

Nous aurions pu citer Indianapolis 500 ou Grand Prix 3, mais pour illustrer les simulations des années 90, nous préférons celui qui reste une des références du genre, Grand Prix Legends. Commercialement parlant, il aurait été plus porteur de représenter Michael Schumacher ou David Coulthard, mais les développeurs de Papyrus avaient décidé de se focaliser sur l’année 1967, et ce, pour plusieurs raisons. Ce fût la dernière année où les monoplaces arboraient une livrée liée à leur nationalité et la puissance des moteurs avaient nettement progressé rendant les grands prix spectaculaires, mais la conduite dangereuse. À sa sortie, Grand Prix Legends avait été salué par la critique pour son réalisme. Jamais un jeu n’avait à ce point été précis dans la modélisation des monoplaces et de leur comportement. Pour ne rien gâcher, l’enrobage était lui aussi de qualité avec des graphismes impressionnants… et trop lourds pour de nombreuses configurations. Grand Prix Legends ne s’est pas très bien vendu, mais fait aujourd’hui figure de référence. Les plus grands ne sont jamais salués de leur « vivant », il paraît.

Need for Speed : Porsche 2000 (2000, Eden Studios / Electronic Arts)

Dans un dossier focalisé sur l’histoire de la simulation automobile dans le jeu vidéo, il est délicat de ne pas citer la franchise Need for Speed. Pourtant, celle-ci est loin de rallier tous les suffrages à sa cause, et ce, du fait des différentes orientations prises au cours des années. Porsche 2000 est d’ailleurs un titre très particulier, autant pour la franchise NFS que pour les simulations dans leur ensemble. Comme son nom l’indique, il s’agit effectivement d’un jeu tout entier dédié à la marque allemande, mais il n’est toutefois pas question d’une commande Porsche. Les développeurs d’Eden Studios proposent ainsi de conduire 74 modèles de Porsche différents allant de 1948 à 2000. Plusieurs modes de jeu sont disponibles avec un soin tout particulier apporté au mode Histoire qui permet de progresser vers des modèles de plus en plus chers. L’intérêt principal de Porsche 2000 reste bien sûr l’hommage à la marque allemande, mais alors que la mode est soit au réalisme soit à l’arcade, il se démarque en proposant un équilibre intéressant entre simulation et accessibilité. Notez qu’un mode écran partagé permet à quatre joueurs de s’affronter simultanément.

Gran Turismo 3 – A-Spec (2001, Polyphony Digital / Sony)

Un temps prévu pour accompagner le lancement de la PlayStation 2 dont il devait être l’un des fers-de-lance, Gran Turismo accuse un retard important sur le planning, la faute à la complexité de la machine et à l’ambition des développeurs. Pour certains joueurs, cette ambition est d’ailleurs à l’origine de coupes sombres dans le contenu proposé. Alors que son prédécesseur flirtait avec les 600 voitures, Gran Turismo 3 ne dispose que de 180 véhicules. Pour Sony, il s’agissait de faire du jeu une véritable vitrine technologique de son nouveau processeur, l’Emotion Engine. Si le résultat est à la hauteur, Polyphony Digital n’était tout simplement pas en mesure de modéliser 600 voitures avec le même niveau de détails ! Gran Turismo 3 se distingue également par la prise en compte des conditions météos au travers, notamment, de fantastiques courses sous la pluie. Enfin, le fameux mode de jeu « Gran Turismo » est l’occasion de participer à une carrière de très, très, mais alors très longue durée où la montée en puissance des voitures va de paire avec l’exigence de la conduite pour finir avec des courses d’endurance épuisantes.

Richard Burns Rally (2004, Warthog / SCi)

À une époque où tous les amateurs de rallyes ne jurent que par la franchise Colin McRae, les Anglais de Warthog ont créé la surprise. En 2004, en partenariat avec l’éditeur SCi, ils commercialisent Richard Burns Rally, logiquement développé sous les conseils avisés du champion du monde WRC 2001. Parfois critiqué pour son aridité et la difficulté de sa prise en main, Richard Burns Rally est également loué pour la qualité de la simulation. Tous les amateurs ont ainsi grandement apprécié l’excellence de son moteur physique qui reproduit à merveille les spécificités de la conduite rallye. Rarement un jeu vidéo n’avait permis un tel ressenti lors des courses, même s’il faut nécessairement passer d’abord par l’école de pilotage intégrée au jeu et ensuite par de longues séances de réglage pour en retirer toute la substantifique moelle. Richard Burns Rally est un jeu gratifiant, mais qui nécessite un investissement important que tous les joueurs ne sont pas prêts à accepter. Enfin, il faut faire avec une réalisation un rien datée… même pour un jeu de 2004.

Forza Motorsport 4 (2011, Turn 10 Studios, Microsoft Games)

Nous avons évoqué la franchise Gran Turismo en prenant le premier opus sur PlayStation 2. Nous choisissons de parler de Forza Motorsport au travers du dernier volet sur Xbox 360. Distribué en 2011, Forza Motorsport 4 est une véritable claque graphique et, aujourd’hui encore, on a parfois du mal à se dire que le jeu tourne sur une simple Xbox 360 à 60 images par seconde. Pour ce faire, les développeurs de Turn 10 ont été obligés de concéder certains éléments clés comme la course de nuit ou les effets météorologiques, mais en dehors de ces quelques lacunes, la réussite est presque totale. Forza Motorsport 4 n’est peut-être pas la plus réaliste des simulations du début des années 2010, mais la modélisation des différentes voitures atteint des sommets tant sur le plan du graphisme que du comportement. Une réussite d’ailleurs largement mise en avant au travers de l’outil Autovista qui permet littéralement d’explorer sa voiture. Enfin, Forza Motorsport 4 est reconnu pour avoir popularisé le head tracking. Bien sûr, divers jeux PC l’ont expérimenté avant lui, mais la présence de Kinect a considérablement élargi l’audience d’une telle fonctionnalité.

Project Cars (2015, Slightly Mad Studios / Bandai Namco)

Certains joueurs viendront sans doute nous chercher des poux en mentionnant Assetto Corsa ou rFactor 2, pour ne citer que quelques-unes de nombreuses simulations de qualité actuellement disponibles sur PC, mais nous resterons droits dans nos bottes : Project Cars, c’est la simulation automobile parvenue à maturité. Au premier lancement du jeu, impossible de ne pas être impressionné par la bande-son : moteur, transmission, pneumatiques… et aucune voiture ne produit le même son qu’une autre. Project Cars est également devenu une référence en matière de prise en charge météo : conduire sous une averse est une expérience incroyable ! Enfin, Slightly Mad Studios a particulièrement travaillé le moteur physique de son jeu. Le comportement des voitures est stupéfiant de justesse, mais la physique va plus loin, par exemple en faisant réagir différemment les panaches de fumée en fonction des circonstances.