La Chine élève des porcs gros comme des ours polaires

Science

Par Julie Hay le

La peste porcine qui touche la Chine pourrait être responsable de la perte de 40 % de la production du pays. Pour lutter contre la crise qui se profile, les producteurs se lancent dans l’élevage d’animaux hors normes.

Découverte à l’été 2018 dans le nord du pays, la peste porcine entraînerait une perte de 40 % de la production chinoise. Des chiffres qui inquiètent les autorités, mais aussi les producteurs. Alors qu’à Pékin, le gouvernement puise désormais dans les réserves accumulées depuis 2007, les producteurs eux se lancent dans l’élevage d’animaux hors normes. Dans la province du Guangxi, à la frontière du Viêtnam, les animaux peuvent peser jusqu’à 500 kg, soit 5 fois plus que le poids moyen en France. Des bêtes qui se vendent à prix d’or à en croire Bloomberg qui parle d’un prix de vente moyen de 10 000 yuans soit 1280 euros. Une somme qui représente trois fois plus que le salaire moyen dans la région. Les petits producteurs ne sont d’ailleurs pas les seuls à augmenter considérablement le poids de leurs animaux puisqu’un analyste de Bric Agriculture notait une augmentation de 30 kg à l’abattage pour les animaux élevés par les grandes industries.

Une pénurie à l’aube de 2020

La Chine est le premier pays consommateur, mais aussi producteur de porc au monde, et cette diminution de 40% pourrait conduire à une pénurie dès le premier semestre 2020. Le gouvernement appelle à une reprise rapide de la production alors que les stocks de porcs ont chuté de 39 % par rapport à l’année dernière. La Chine devrait faire face à une pénurie de 10 millions de tonnes, soit beaucoup plus que la production mondiale, et le vice-premier ministre Hu Chunhua annonce que « la crise sera extrêmement sévère.»

Le gouvernement espère un retour à la normale d’ici à l’année prochaine et estime que cette production de gros animaux pourrait augmenter les profits des entreprises de plus de 30%.