Des rats de laboratoire ont appris à conduire

Science

Par Felix Gouty le

Non seulement, ils en sont capables mais cela les déstresse. Des rats de laboratoire ont appris à conduire des voiturettes électriques grâce à des neuroscientifiques américains.

Crédits : Kelly Lambert / University of Richmond.

Les chats sont peut-être les maîtres insoupçonnés du monde mais les rats, eux, peuvent conduire des voitures ! Kelly Lambert, professeure en neurosciences comportementales de l’université de Richmond, aux États-Unis, l’affirme et le prouve dans son partage au New Scientist de résultats préliminaires filmés d’une étude sur la psychologie de rats de laboratoire. La chercheuse et son équipe ont appris à onze mâles et six femelles rats adultes à se diriger dans l’espace uniquement à l’aide d’une petite voiturette électrique. Cette dernière consiste en une large bouteille en plastique installée sur une grille de fils de cuivre qui, une fois pressée contre un circuit électrique sous-jacent, actionne quatre roues. Autrement dit, il suffit au rat présent dans l’habitacle du véhicule d’exercer une pression sur le support avec ses pattes pour avancer. En s’appuyant sur un système classique de récompense, à base de friandises, les neuroscientifiques américains leur ont enseigné toutes sortes de manœuvres – y compris des demi-tours !

Cette expérience atteste à nouveau des capacités d’apprentissage de ces rongeurs ou, comme le précise Kelly Lambert, de « leur plasticité cérébrale ». « Les rats et la majorité des animaux sont vraiment plus intelligents que ce que la plupart des gens pensent », ajoute-elle. Ces premiers tests démontrent surtout les bénéfices psychologiques de l’apprentissage et de l’accomplissement de nouveaux défis. En effet, durant toutes les phases d’apprentissage, l’équipe du professeure Lambert a observé les taux de corticostérone, un marqueur hormonal du stress équivalent au cortisol chez l’humain, et de déhydroépiandrostérone (DHEA), hormone connue notamment pour combattre la dépression chez l’animal, présents dans l’urine des petits apprentis conducteurs.

A la fin de leur formation, les rats présentaient tous un ratio DHEA/corticostérone positif, tendant à prouver l’action anti-stress du gain d’une nouvelle compétence. « Un phénomène psycho-physiologique similaire au sentiment d’auto-efficacité chez l’homme », explique Kelly Lambert. Avant de pouvoir publier leurs découvertes, cette dernière et ses collègues tentent actuellement de trouver quelles parties du cerveau permettent aux rats d’apprendre de telles choses.