Des planeurs en forme de raie pourraient bientôt survoler Vénus ?

Espace

Par Felix Gouty le

Des aéronefs en forme de raie pour survoler le ciel de Vénus et en apprendre plus sur ses conditions atmosphériques extrêmes. Ce projet financé par la NASA est un magnifique exemple de bio-mimétisme.

Vue d’artiste des aéronefs BREEZE (Crédits : CRASH Lab / University at Buffalo).

Sur cette planète, les vents soufflent à plus de 360 kilomètres par heure. Ils poussent dans le ciel des nuages de soufre très acides et des vagues de chaleur atteignant les 470 °C. Vénus, cette voisine de notre planète Terre aux conditions extrêmes, pourrait bientôt être survolées par des planeurs en forme de raie. Cette idée originale fait partie des dix-huit projets financés par l’Agence aérospatiale américaine (NASA) en avril 2019. et se dévoile aujourd’hui plus en détails dans un communiqué. Proposé par des chercheurs et ingénieurs de l’université de Buffalo, aux États-Unis, BREEZE (ou « Bio-inspired Ray for Extreme Environments and Zonal Explorations ») est un curieux concept de bio-mimétisme. « En nous inspirant de la nature, en particulier les raies, nous voulons maximiser l’efficacité de vol (de notre engin) », a expliqué Javid Bayandor, maître de conférences en mécanique et ingénierie aérospatiale au laboratoire chargé du projet. Tel qu’il l’imagine, le BREEZE serait capable de battre ses ailes en forme de nageoires pectorales de raie pour braver les massifs courants d’air de Vénus. Ses ailes comporteraient, de plus, des panneaux solaires permettant à l’engin de se recharger lui-même. L’aéronef serait doté de multiples appareils de mesure afin de mieux comprendre les conditions atmosphériques de la planète et d’en savoir plus sur son activité volcanique, à l’origine de ses nuages de soufre.

Idéalement, les BREEZES voleraient à plusieurs à 50 kilomètres au-dessus de la surface, en en faisant le tour tous les deux-trois jours. Une telle expérience aurait aussi pour but d’en apprendre davantage sur le nuage gigantesque en forme de banane découvert en 2017 ainsi que sur les propriétés de la « face obscure » de Vénus. En effet, la durée du jour sur la planète équivaut à 116 jours terrestres, et celle d’une année à 225 jours : autrement dit, le Soleil n’éclaire en majorité qu’une seule et même zone de Vénus au fil de sa rotation.