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[Dossier] Coupe du Monde 2018 : Comment choisir son téléviseur 4K ?

Hardware

Par Nerces le

L’approche d’un événement sportif de l’importance de la Coupe du Monde de football est l’occasion pour de nombreux constructeurs de lancer de nouveaux produits. Pour les revendeurs, il s’agit de faire fondre les stocks d’anciens modèles. Pour le particulier, c’est un prétexte pour investir dans un nouveau téléviseur et profiter des avancées en la matière. Enfin, pour le journaliste hi-tech, c’est le moment opportun pour un dossier technique sur les critères à prendre en compte avant un tel achat. Vous êtes prêts ? Suivez le guide…

4K vs. UHD vs. Full HD

Il y a encore peu de temps, le Full HD régnait en maître dans les grandes surfaces. Pourtant, les téléviseurs 4K existent depuis 2011, mais le manque de contenus a limité leur adoption par leur public et, ce faisant, la baisse des prix liée à l’amortissement des chaînes de production. Netflix a été parmi les premières à multiplier les contenus 4K, mais comme souvent, c’est le sport qui accentue le phénomène et la Coupe du Monde de football organisée en Russie bénéficiera d’un traitement de faveur avec une diffusion 4K en direct sur TF1 et beIN Sports.

Standard largement adopté, le terme Full HD permet d’indiquer la définition d’image de votre téléviseur. Derrière cette expression se cache effectivement une télévision capable d’afficher – au maximum – des images en 1920 points à l’horizontale sur 1080 points à la verticale. Aujourd’hui, ce standard est en perte de vitesse et notre guide se focalise sur l’étape qui suit, la 4K. Attention toutefois, cette appellation est trompeuse. En effet, la véritable 4K est une définition qui n’est utilisée qu’au cinéma : 4096 points sur 2160 points.

Dans le monde de la télévision – ou de l’informatique – on emploie des dalles sensiblement plus petites capables d’afficher des images en 3840 points sur 2160 points. Afin de distinguer ces deux définitions d’image, un autre terme a donc émergé, même s’il est encore peu employé : l’UHD pour Ultra HD. Celui-ci illustre bien la montée en puissance par rapport au Full HD, mais perd la proximité avec la 4K. C’est pourquoi, certains utilisent aussi le terme 4K UHD pour associer les deux terminologies.

Nous l’avons dit, la diffusion de la Coupe du Monde sera en 4K et Netflix propose déjà des contenus en 4K. Ce n’est toutefois pas la seule manière de profiter de cette définition d’image et les Blu-ray adoptent cette norme. Ils sont estampillés 4K Ultra HD : leur définition d’image est bien de 3840 x 2160 points. Sachez enfin qu’il est possible d’afficher du contenu Full HD sur un téléviseur 4K UHD. Vous pourriez même profiter d’une meilleure image, pourvu que le module d’upscaling (chargé de redimensionner l’image) fasse du bon travail.

Quelle taille d’écran ? À quelle distance se placer ?

La question de la taille de votre téléviseur n’est pas là que pour l’esthétique. Peut-être qu’un modèle de 86 pouces ferait très bien dans votre salon, mais le plus important est le confort de vos yeux. Il convient donc de faire très attention à la distance qui vous sépare de votre téléviseur, une distance qui dépend évidemment de la taille de celui-ci, mais aussi de sa définition d’image. Attention, le graphique ci-dessous n’a aucune valeur médicale ou scientifique. Réalisé par Samsung, il a toutefois le mérite de cadrer un peu les choses.

On y découvre des surfaces colorées indiquant les distances les plus intéressantes en fonction de la taille de votre téléviseur et de sa définition d’image. Ainsi, pour profiter pleinement de la précision d’image d’une TV Ultra HD, il faudrait se trouver à 1,2m – 2,3m de distance pour un poste de 55 pouces de diagonale. Vous n’avez pas plus de distance dans votre salon ? Inutile donc de vous tourner vers les modèles 86 pouces !

Le mirage de la 3D

Afin de de distinguer les uns des autres, les constructeurs de téléviseurs – mais aussi de moniteurs informatiques – rivalisent selon le cas d’ingéniosité ou d’idées farfelues. Ainsi suite logique de l’équipement des salles de cinéma, sont arrivés les premiers modèles de téléviseurs en « 3D ». Il existe deux technologies qui cohabitent aujourd’hui : la 3D dite active et la 3D dite passive. Dans le premier cas, il est indispensable de disposer de lunettes alimentées, car ce sont elles qui vont obstruer alternativement l’œil gauche et l’œil droit afin de créer la sensation de troisième dimension. L’intérêt de cette technologie réside dans la qualité d’image – largement préservée – par rapport au modèle passif.

En revanche, il faut faire avec des lunettes plus lourdes et donc fatigantes en seulement quelques dizaines de minutes. A contrario, la technologie dite « passive » emploie de simples lunettes polarisées. En revanche, on perd nettement en qualité d’image avec, en particulier, une luminosité en retrait. Dans un cas comme dans l’autre, les lunettes ne suffisent toutefois pas et en plus d’un téléviseur compatible, il faut évidemment que le programme soit lui aussi en 3D. Certains téléviseurs peuvent réaliser la conversion d’un contenu 2D en 3D, mais le résultat est plus que discutable.
Sachez enfin qu’après une période faste, la 3D perd nettement du terrain ces derniers mois / années. Plusieurs fabricants ont même complètement abandonné la technologie. Nous vous déconseillons donc d’investir dans ce qui ressemble plus à un gadget passé de mode.

Vers un écran parfaitement plat… ou incurvé

Après l’épisode « 3D », les constructeurs ont imaginé un nouvel « accessoire » pour se distinguer de leurs concurrents. L’écran incurvé s’est ainsi largement répandu. Au premier coup d’œil sur un téléviseur de ce type, on est impressionné par sa forme audacieuse. Mais passé l’effet « waouh », ces téléviseurs semblent avoir un véritable argument. En effet, un téléspectateur se trouverait toujours à la même distance de l’image et profiterait donc d’un meilleur confort de vision. Par ailleurs, en dehors du surcoût –relatif – à la fabrication de la dalle incurvée, ces téléviseurs n’engendrent aucuns frais supplémentaires : pas de lunettes à se payer par exemple.

Reste que la promesse de ces télévisions incurvées ne repose pas sur un terrain très solide. En effet, si le spectateur situé bien en face du centre de l’écran profite d’un confort accru, il n’en est rien des autres et plus on s’éloigne sur les côtés, moins l’apport de la courbure de l’écran semble évident. L’avenir nous dira si les acheteurs se laissent convaincre par cette technologie, mais pour notre part, nous vous conseillons de ne pas tenir compte de ce qui reste à nos yeux un pur gadget.

LED, OLED ou Quantum dots

Jusqu’à présent, nous n’avions abordé que la partie émergée de l’iceberg. Avec ce chapitre, nous touchons au cœur du sujet, à ce qui va réellement différencier les téléviseurs du marché et justifier un écart de prix pouvant aller du simple au quintuple. Bien sûr, la diagonale d’écran a une place de choix dans ce critère prix, mais vous allez voir que la technologie mise en œuvre est ce qu’il y a de plus important.

Vous avez sans doute repéré diverses mentions sur les modèles commercialisés : LCD, LED, OLED, Triluminos, ULED, SUHD… Autant de termes abscons qui se réfèrent à la conception même de la dalle. Autrefois, tous les écrans plats étaient à cristaux liquides (LCD), mais des évolutions dans le rétroéclairage se sont succédé. Les constructeurs ont d’abord utilisé des tubes fluorescents. L’image souffrait alors souvent d’un manque d’homogénéité et cette technique a depuis cédé la place à celle des LED.

Aujourd’hui, tous les téléviseurs – ou presque – sont donc dits à LED, même si on trouve encore des différences entre l’edge LED et le full LED. Le premier emploie des diodes disposées sur les bordures de l’écran et réfléchies ensuite sur l’ensemble de la surface quand les modèles full LED emploient plus de diodes – réparties sur l’ensemble de la dalle – et garantissant une image encore plus homogène. Notez bien que l’on reste là dans le domaine des écrans LCD.

Pour changer de catégorie, il faut se tourner vers l’OLED dont on parle de plus en plus ces derniers mois. D’abord exorbitant, l’OLED a effectivement pris son temps pour devenir « accessible ». Entre guillemets, car il faut encore débourser au strict minimum 1200 euros pour profiter de la technologie. L’OLED n’utilise plus aucun rétroéclairage puisque ce sont les diodes elles-mêmes qui produisent la lumière. Sans entrer dans des détails techniques, l’intérêt est multiple. En premier lieu, notons que les diodes s’éteignent complètement pour « produire » du noir et l’OLED bénéficie donc d’un contraste parfait. Pour ne rien gâcher, le rendu des couleurs est lui aussi exceptionnel et les angles de vision sont plus importants. Enfin, la consommation électrique est meilleure que sur les LCD.

Nous l’avons dit, le problème de l’OLED est son coût. C’est pourquoi plusieurs constructeurs tentent de faire émerger une technologie alternative pour faire évoluer le LCD. Les quantum dots ou boîtes quantiques se présentent sous la forme d’une sorte de filtre que l’on intègre aux écrans LCD. Si la solution est plus économique que l’OLED, nous estimons que le rendu est légèrement inférieur en particulier en ce qui concerne le contraste ou les angles de vision. Reste que la majorité des constructeurs y vont de leur solution boîtes quantiques avec différents termes à la clé : Triluminos chez Sony, SUHD pour Samsung, ULED chez HiSense, ColorPrime pour LG…

Kézako HDR ?

Plus récent encore que l’OLED, le sigle HDR se multiplie ces derniers mots dans les rayonnages. Il s’agit évidemment d’un acronyme anglais qui signifie high dynamic range ou imagerie à grande gamme dynamique dans la langue de Molière. L’idée est ici d’améliorer encore la restitution des couleurs en enregistrant les images en 1024 niveaux de luminosité (contre 256 niveaux auparavant). Ce faisant, on peut obtenir d’impressionnantes nuances et éviter les zones trop sombres et leurs noirs bouchés ou les zones trop lumineuses avec des blancs brûlés.

Comme toujours lorsque l’on parle de télévision, la mise en place d’une nouvelle technologie ne vaut que par son adoption par l’ensemble des producteurs de contenus. Pour le moment, on compte bien quelques Blu-Ray ou quelques programmes sur Netflix par exemple, mais cela ne va pas loin. Reste que pour une fois, la majorité des acteurs du marché de la télévision semblent s’accorder sur l’intérêt du HDR. Dans la mesure où votre budget vous le permet, nous vous conseillons donc de jeter un œil curieux aux modèles compatibles.

Téléviseurs connectés, Smart TV et Internet

Il y a encore quelques années, disposer d’un port Ethernet sur son téléviseur était exceptionnel. Aujourd’hui, la majorité des constructeurs y vont de leur solution pour connecter la télévision et la rendre aussi « intelligente » que possible. Dans ce domaine, la France a toujours eu une place particulière dans la mesure où de très nombreux foyers sont équipés d’une box qui rend n’importe quelle télévision « intelligente », mais la France n’est pas seule au monde et pour de nombreux fabricants, l’idée de la Smart TV permet d’insister sur la plus-value que peut en retirer le consommateur.

Que cela passe par une connexion Ethernet (prise RJ45) ou le Wi-Fi, le principe reste globalement le même. La télévision est connectée à Internet et permet de profiter de services très variés allant de la diffusion de contenus (Netflix, CanalPlay…) à la navigation Internet en passant par l’affichage de la météo ou l’accès aux réseaux sociaux. Pour ce faire, il faut toutefois passer par une interface utilisateur et là, les solutions sont presque aussi nombreuses que les constructeurs. LG dispose de son WebOS quand Samsung fait confiance à Tizen. Panasonic s’appuie sur Firefox OS quand Sony et Philips emploie Android TV.

L’idée reste toutefois la même partout et nous vous conseillons donc vivement d’essayer ladite interface avant de faire votre choix.

Quid de la connectique ?

Impossible de terminer ce guide du b.a.-ba de la télévision sans faire un tour du côté de la connectique. Nous venons d’évoquer le cas du port RJ45 pour bénéficier d’une connexion réseau dite « Ethernet », ce n’est évidemment pas la seule prise que l’on trouve sur les téléviseurs actuels. Puisque l’on parle d’appareils 4K, il est un connecteur que l’on peut éliminer presque complètement, la prise Péritel. Vestige d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître, elle peut encore être utile pour brancher un magnétoscope – et récupérer d’anciennes VHS – de vieilles consoles de jeu. La loi n’importe toutefois plus d’intégrer cette prise et les téléviseurs modernes s’en dispensent presque tous.

La Péritel a été détrônée par le HDMI. Plus compact et plus performant, l’HDMI est un format numérique combinant l’image et le son. Plusieurs normes ont fait leur apparition et, pour compliquer un peu les choses, rien ne permet physiquement de distinguer une prise HDMI 1.4 d’une prise HDMI 2.0. Si les deux normes sont à même de diffuser des contenus 4K, seule la 2.0 gère des évolutions comme la fluidité d’animation en 60 images par seconde. Notez d’ailleurs que seul l’HDMI 2.0a prend en charge le HDR évoqué précédemment. À ce petit jeu, pas de mystère, il faut regarder la fiche technique d’autant qu’une télévision avec plusieurs ports HDMI mélange les normes (1x HDMI 2.0a, 2x HDMI 1.4).

Un téléviseur ne se limite généralement pas à des prises HDMI et sa connectique intègre souvent d’autres normes comme le composite (pour de vieux appareils analogiques) ou le composante (pour de vieux appareils HD). Dans certains – rares – cas, on peut également compter sur du Display port, un connecteur très proche de l’HDMI utilisé pour brancher un ordinateur. De nombreux téléviseurs intègrent des prises plus accessoires, mais ô combien pratiques. On peut ainsi disposer d’une prise casque ou d’une sortie audio numérique et, surtout, de ports USB. Ce dernier cas permet évidemment de connecter clés USB et disques durs externes, pourvu que la télé soit capable de décoder les fichiers contenus.

Conclusion

Notre guide technique touche maintenant à sa fin. Nous espérons qu’il vous permettra d’y voir un peu plus clair au moment de choisir votre téléviseur 4K. Bien sûr, nous vous invitons plus que jamais à prendre le temps de regarder les modèles exposés avant de faire votre choix, mais gardez toutefois à l’esprit que l’éclairage ambiant et les réglages (ou plutôt l’absence de réglages) des magasins changent considérablement la donne. Terminons en soulignant le fait qu’un guide d’achat avec une sélection précise de produits que nous estimons devrait arriver très bientôt.