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[Dossier] Vous n’avez rien compris au Marvel Cinematic Universe ? On vous explique tout !

3 phases et des ambitions demesurées

Le plan du Marvel Cinematic Universe est simple. Nous avons des films dédiés à un personnage en particulier, avec chacun sa propre histoire et ses propres enjeux. Tout ce petit monde se réunit ensuite dans les Avengers, points culminants des sorties Marvel. Un plan bien établi mais parfois mis à mal avec l’intervention de certains personnages ou d’événements importants dans d’autres films. Sur ce sujet, nous pouvons par exemple citer Civil War, mais nous y reviendrons. De même, l’apparition des séries dérivées tend parfois à perdre le spectateur.

The Avengers (2012)

Mais ce serait se tromper d’affirmer qu’il n’y a pas de scénario global dans le MCU. En réalité, il est distillé au compte-goutte depuis le début de la licence (depuis Captain America, en fait) via ces étranges objets appelés Pierres d’Infinité. Des Pierres qui aiguisent l’appétit d’un certain Thanos, le méchant ultime de l’univers Marvel.

2005, la naissance

À la fin des années 90, Marvel est sur le point de faire faillite et vend ses personnages les plus célèbres à divers studios. Universal hérite de Hulk, la Fox des X-Men ou Sony de Spider-Man. Les films Marvel se limitent donc à des films stand alone (sans liens entre eux) produits par différentes maisons de production. Mais Marvel Studios, qui s’est alors remis de ses déboires, a une autre idée en tête : Concevoir plusieurs films liés entre eux, à la manière des comics. Une idée ambitieuse. Peut-être un peu trop.

La première trace de projet a été trouvée en 2005. À l’époque, c’est Variety qui nous indique que Marvel a signé un partenariat avec Paramount pour faire des films autour des personnages qui lui restent. Un film sur Captain America et un autre sur Nick Fury sont alors envisagés. On parle alors de dix films.

2008, un premier pas

En 2008, le premier film du Marvel Cinematic Universe sort dans le salles : Iron Man. Succès aussi bien critique que public, le film pose la première pierre du MCU, sans pour autant trop se mouiller. Nous suivons juste les péripéties de Tony Stark, alias Iron Man, contre Obadiah Stane.

Réalisé par Jon Favreau, Iron Man est un film solide qui peut alors être n’importe quel film de super-héros. Marvel prend tout de même soin de poser les premières pierres de son univers. Par exemple, la mythique scène post-générique avec Nick Fury (Samuel L. Jackson) nous donne un avant-goût de la suite.

Nick Fury, le fil rouge de la phase 1

Cette logique est reprise dans le film suivant : L’Incroyable Hulk. N’ayant aucun rapport avec le film de 2003, le film est le vilain petit canard du MCU, Marvel ayant pendant longtemps tenté de ne faire aucune référence aux événements du long-métrage. Mais L’Incroyable Hulk, en plus d’être un stand alone, continue de tisser des liens qui se retrouveront dans tous les films, notamment avec la présence du SHIELD ou d’une nouvelle scène post-générique.

La même méthode est employée dans Iron Man 2 – souvent considéré comme une préquelle à AvengersThor et surtout Captain America, qui introduit la première Pierre d’Infinité (nous y reviendrons plus tard). Notons qu’en 2010, Marvel est racheté par Disney. Ainsi, le studio se voit complètement libéré de son contrat avec la Paramount et distribue ses films en plus de les produire.

2012, la consécration

Et en 2012, Marvel Studios réalise l’un des plus gros coups de son histoire. Un gros coup qui se nomme Avengers. Réalisé par Joss Whedon, le film reprend tous les codes et les standards des blockbusters. Cependant, le studio réunit pour la première fois plusieurs super-héros à l’écran, luttant contre un ennemi commun : Loki (apparu dans Thor).

Le film fait un carton au box-office (plus de 1,5 milliard de dollars de recettes) et établit la notion d’univers cinématographique auprès du grand public. Un succès critique et public qui conclut la Phase 1 du MCU. Avengers sorti, Marvel a passé la première étape de son plan titanesque. Le studio lance alors sa phase 2, qui suit scénaristiquement la phase 1. Une phase 2 en demi-teinte, mais qui renforce l’aspect d’univers partagé.

Une phase 2 sur les rails

Après une phase 1 maîtrisée qui a lancé le MCU, Marvel Studios se devait de rebondir pour continuer à surfer sur le succès. Et si succès il y a eu, on a pourtant l’impression que Marvel s’est quelque peu reposé sur ses lauriers. Sur six films, Marvel a donné quatre suites.

Quatre suites (Iron Man 3, Thor 2, Captain America 2 et Avengers 2) dont trois n’ont pas su renouveler leur licence. Il faut tout de même rendre justice à Captain America Le Soldat de l’Hiver qui a su donner une nouvelle impulsion au personnage, en plus de bousculer l’histoire du MCU avec la « disparition » du SHIELD. C’est également pendant cette période que Marvel a laissé le champ libre à James Gunn pour donner vie à sa licence la plus inadaptable : Les Gardiens de la Galaxie.

Captain America The Winter Soldier (2014)

Fait étonnant, la phase 2 ne se termine pas avec Avengers 2, puisque c’est Ant-Man, classique mais solide, qui se charge de finir le travail. Une décision étonnante qui peut s’expliquer par les tourments qu’a connu le film pendant sa production, avec un Edgar Wright qui décide de tout lâcher à quelques semaines du tournage, et qui ont pu bousculer sa date de sortie.

Une phase 3 sous le signe du renouveau

Avec la phase 3, Marvel espère bien corriger le tir. Ce sera la plus longue du studio, puisqu’elle sera composée de dix films. Déjà deux sont sortis : Civil War et Doctor Strange. Le premier termine non seulement la saga Captain America, mais apporte également un nouveau statu-quo dans le Marvel Cinematic Universe. Un film qui apporte en réalité une vraie conclusion à la phase 2 et qui bouscule comme jamais l’univers établi.

Doctor Strange (2016)

Doctor Strange apporte lui un vent de fraîcheur en introduisant non seulement un nouveau personnage, mais le concept de magie au sein de l’univers. Le reste des films sera composé de suites, de nouvelles licences et de reboot. Nous y reviendrons. Mais un coup d’œil au calendrier nous permet de comprendre que cette phase sera l’occasion pour Marvel de terminer les licences vieillissantes et d’en introduire de nouvelles, afin de laisser la place à des personnages frais (et des acteurs moins chers).

Le cas Spidey

Mais la phase 3 de Marvel, c’est également un gros coup de la part du studio. Alors que la phase 1 et la phase 2 faisaient leurs petits bonhommes de chemin, Sony était empêtré avec le personnage de Spider-Man, personnage dont la société avait acquis les droits à la fin des années 90. Devant le succès du MCU, Sony avait pour ambition de créer un Spider-Verse, en produisant moult suites à The Amazing Spider-Man ainsi que des spin-off consacrés aux méchants. Mais après l’échec (relatif) de The Amazing Spider-Man 2, les choses ont commencé à bouger.

Marvel et ses fans rêvaient de faire revenir le pilier vers la maison mère tandis que Sony cherchait désespérément un moyen de faire rebondir le personnage. Finalement, en février 2015, un accord est trouvé entre les deux firmes. Marvel produirait un film Spidey en compagnie de Sony, qui n’aurait pas son mot à dire sur la création. Amazing Spider-Man est donc jeté à la poubelle, Marvel voulant son propre personnage.

Le contrat stipule que Marvel a le droit de faire deux films (pour commencer) et d’introduire le personnage dans un autre. Ce qui sera fait dans Civil War avec une scène extraordinaire. Puis, le film Spider-Man Homecoming, mettant en scène un héros joué par Tom Holland, est mis en branle et vient s’incruster dans le calendrier déjà surchargé de Marvel Studios.

Homecoming est un film de la phase 3 et se love pleinement dans le MCU. Néanmoins, il est particulier, puisque produit aussi bien par Sony que Marvel. Un tache difficile que ce reboot pour Marvel Studios, qui devait bien faire comprendre au public que ce nouveau Spidey évoluait dans le même univers que Tony Stark ou Captain America. Pari réussi, notamment grâce à une promo agressive mettant Iron Man en avant.