[#DeleteUber] Miné par la polémique, Uber se fait distancer pour la première fois par Lyft aux États-Unis

Sur le web

Par Elodie le

Accusé d’avoir voulu tirer profit des manifestations consécutives au décret anti-immigration de Donald Trump, Uber s’est retrouvé au cœur de la polémique avec le mouvement #DeleteUber appelant à supprimer l’application. Et c’est Lyft, son principal rival aux États-Unis qui sourit.

deleteuber-polémique-lyft

Vendredi dernier, le nouveau président des Etats-Unis signait un décret anti-immigration qui a suscité une vague d’indignation mondiale. L’une des plus importantes manifestations dénonçant le #muslimban s’est déroulée à l’aéroport JFK de New York où près de 3 000 habitants sont venus apporter leur soutien aux nombreuses personnes originaires des pays visés par le décret (Iran, Irak, Yémen, Lybie, Somalie, Soudan et Syrie) et qui se trouvaient bloquées dans la confusion la plus totale.

En signe de solidarité, le syndicat des taxis new-yorkais, le New York Taxi Workers Alliance, a décrété une grève entre 18 et 19h.

Uber pris dans la polémique anti-Trump

En réponse, Uber a précisé sur son compte Twitter que « La hausse des prix a été suspendue à l’aéroport de JFK. Cela peut entraîner des temps d’attente plus longs. Patience. » En effet, l’algorithme d’Uber révise les prix à la hausse ou à la baisse en fonction de la demande.

Une initiative qui n’a pas été du gout de tous, même si l’annonce a été faite après la fin de la grève des NYTW, les manifestants ont estimé qu’Uber tentait de « casser la grève » et de profiter de la situation.

La polémique a pris une tout autre tournure lorsque les premiers tweets incitant à supprimer son compte Uber sont apparus sur la toile avec le hashtag #DeleteUber (supprimer Uber), très vite relayés par de nombreux internautes expliquant pourquoi ils supprimaient l’application de leur téléphone, capture d’écran à l’appui.

#DeleteUber est devenu viral

Dans le même temps, Lyft, principal rival d’Uber aux États unis, flairant peut-être l’opportunité, a condamné le décret et fait don d’un million de dollars à l’ACLU. L’Union américaine pour les libertés civiles, rejointe par d’autres associations de défense, attaque le décret en justice.
Le malheur des uns faisant le bonheur des autres, Lyft peut se frotter les mains. Il semble que les clients déçus d’Uber se soient tournés vers l’application concurrente. Pour la première fois depuis sa création, Lyft est passée devant Uber sur l’App Store en termes de téléchargement. En l’espace de quelques jours, elle a enregistrée une hausse des téléchargement de 180% par rapport au 22 janvier.

Lyft, grand gagnant ?

Le CEO d’Uber, Travis Kalanick, a bien tenté d’éteindre la polémique, mais le mal était fait et la fuite déjà bien entamée. Le patron d’Uber fait partie, avec Elon Musk et Ginni Rometty, la présidente d’IBM, du comité consultatif économique de la nouvelle administration Trump, il s’est d’ailleurs engagé à « soulever la question » avec lui et « défendre ce qui est juste ».

Pour ne rien arranger, certains usagers d’Uber ont relayé leur difficulté à supprimer leur compte ou assuré que leur demande n’avait pas été respectée. Selon le New York Times le processus de suppression de compte d’Uber est manuel et n’a jamais été automatique, l’important volume de demande a bloqué le processus. Depuis lundi, le système a été automatisé sans que la firme ne révèle le nombre de demandes qui lui ont été soumises.

Uber n’est pas resté les bras croisés et a annoncé une série de mesure à destination de ses chauffeurs, notamment la mise à disposition d’avocats pour ceux qui se trouveraient dans l’impossibilité de rejoindre les États-Unis ou empêchés par le décret, mais aussi la compensation des pertes de revenus pour ceux restés bloqués à l’étranger.

Source: Source