On a passé un moment avec Farpoint et le fusil du Playstation VR

Jeux-Video

Par Henri le

Sony a réussi à écouler presque un million de Playstation VR, et doit désormais proposer des titres profitant des spécificités du casque. Farpoint aimerait être un porte-étendard, mais en a-t-il les moyens ?

Farpoint a beau sortir le 16 mai prochain, il était pour l’instant bien difficile de se faire une idée du titre. Ce dernier était certes jouable à la Paris Games Week, mais les conditions n’étaient pas optimales pour en profiter. La parution du titre s’accompagne aussi de la sortie du Playstation VR Aim Controller, un accessoire qui entend bien améliorer l’immersion dans les FPS et qui devrait être vendu environ 90 euros en bundle avec le jeu.

Nous avons pu passer un peu plus de temps sur le titre lors d’une présentation au centre MK2 Bibliothèque. L’occasion de vérifier l’ergonomie du fusil en question, et l’intérêt du titre.

Un fusil au design discutable mais à l’ergonomie soignée

Avouons-le tout de suite, ce Aim Controller est assez convaincant. Si son aspect un peu enfantin n’est certes pas du gout de tout le monde, ce point-là n’a que peu d’importance puisque vous ne passerez pas longtemps à le regarder. Donner un aspect trop réaliste au fusil aurait de toute façon été inutile et pas forcément esthétique dans votre salon. Ce design discutable laisse en revanche entrevoir une bonne prise en main. Il est léger, parait assez solide et ne fatiguera pas les jeunes sur des sessions de jeu de moyenne durée.

On note la présence d’un stick analogique, d’une croix directionnelle, d’un capteur de mouvement et des boutons du Playsation Move déportés à différents endroits du fusil. Les touches sont un poil rigide, mais on n’est pas forcement contre un peu de robustesse, surtout à ce prix-là. La détection est efficace, et le tracking permet de ressentir des bonnes sensations lorsque l’on vise un ennemi à distance.

Impulse Gear, le studio qui s’est occupé de Farpoint, a directement collaboré avec Sony pour la création de l’Aim Controller. On comprend donc pourquoi il s’agit du premier jeu compatible avec le gadget. Mais si celui-ci nous a convaincu, on reste encore sceptique concernant le jeu.

Farpoint doit encore convaincre

Vous y incarnez un scientifique perdu sur une planète évidemment hostile, et qui grouille de créatures en tout genre. Heureusement, vous disposez d’un arsenal assez varié pour vous frayer un chemin. Comme on pouvait s’y attendre, les graphismes ne sont pas aussi lisses que ceux que l’on peut apercevoir dans les différents trailers. On note tout de même encore pas mal de crénelages même si les décors sont plutôt agréables à parcourir. On pouvait s’attendre à mieux, mais cela s’oublie dans le feu de l’action.

On a certes pu tester une vue à la première personne avec le dernier Resident Evil (notre test), mais Farpoint demande naturellement plus de réflexes, surtout lorsque l’on est attaqué par plusieurs créatures à la fois. Pensé pour être joué assis ou debout, mais sans bouger, la maniabilité du titre peut au départ désarçonner. Il faudra se diriger en utilisant le joystick situé sur le manche avant. Il n’est donc pas vraiment question de tourner sur soi-même. Se retourner complètement prend d’ailleurs un peu trop de temps.

La marche est rapide et donne l’impression de glisser sur le sol. Personnellement, je n’ai pas ressenti autant de motion sickness que ça. Il n’est pas vraiment possible de strafer comme on est habitué à le faire dans un FPS à la manette. Il est donc un peu plus difficile d’éviter les tirs ennemis, ce qui donne une impression de lourdeur lorsque l’on tourne autour d’un adversaire imposant. Pour changer d’arme, il faudra porter le Aim controller au-dessus de son épaule, ce qui n’est pas pour nous déplaire.

L’immersion reste bonne, et l’attaque d’une araignée trois fois plus grande que nous fait toujours son petit effet. Notons aussi que les quelques armes testées offraient des bonnes sensations. Cela étant, l’utilisation d’un fusil sniper reste assez compliquée, notamment pour ajuster son œil à la lunette. Le jeu dispose d’un mode campagne, qui s’annonce comme une succession d’escarmouches plus ou moins inspirées. On espère d’ailleurs que la direction artistique sera un peu plus ambitieuse au fur et à mesure de la progression dans la campagne, car ce type de paysage désertique est déjà vu.

Il ne nous a pas été possible de jouer en coopération, mais il faut tout de même avouer que cela donne envie. Hélas, si la campagne solo propose une durée de vie de 6 à 7 heures, le mode jouable à deux est constitué de seulement quatre niveaux. On imagine que l’immersion est renforcée puisqu’un partenaire peut par exemple se servir du scan pour vous soigner, et inversement.

Farpoint semble donc avant tout avoir été pensé pour mettre en avant le Aim Controller. Malgré son design discutable, l’accessoire est bien pensé et vraiment ergonomique. Le titre en lui-même devrait assez vite être confronté à ses limites, mais il représente une bonne entrée en matière pour le futur du FPS dynamique. L’expérience de Resident Evil 7, probablement la meilleure à la première personne à l’heure actuelle, a en effet permis de placer la barre assez haut. Il faudra donc pratiquer plus longtemps le titre d’impulse pour savoir s’il s’agit d’un jeu à part entière ou d’une sympathique démo technique.