Google va bloquer les publicités sur Chrome, mais n’a pas encore choisi lesquelles

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Par Elodie le

Google va bientôt intégrer un bloqueur de publicité par défaut sur son navigateur Chrome, desktop et mobile. Quand le chantre de la publicité en ligne se fait garant de l’anti-pub (ou presque).

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En 2016, les bloqueurs de publicité ont connu une croissance de 30 % tout appareils confondus, 600 millions d’appareils dans le monde en serait équipés et les adblockers sont de plus en plus plébiscités sur mobile (dont l’installation est désormais plus importante que sur PC). Une étude PageFair/Adobe estimait à 22 milliards de dollars le manque à gagner causé par les adblockers aux sites internet en 2015. Cela n’a donc rien de surprenant que les géants du web et autre éditeur investissent ce secteur. Même de la part de Google, mastodonte de la publicité en ligne, qui lui rapporte plus de 90 % de ses revenus.

Google prend le train en marche

Après avoir fait la guerre aux bloqueurs de publicités, et à Adblock Plus en particulier, les grands noms du web ont changé leur fusil d’épaule. Plutôt que de combattre ces logiciels tant plébiscités par les internautes, pourquoi ne pas se résoudre à en proposer ?

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Google prévoit ainsi d’inclure un bloqueur de publicité sur la version mobile et PC de son navigateur Chrome, rapporte le Wall Street Journal. Une fonctionnalité opt-in, c’est-à-dire par défaut, qui bloquera toutes les annonces jugées « inacceptables » par le Coalition for Better Ads industry group : les pop-up, les publicités vidéo en auto play et les annonces dites « prestitial » ou interstitielle, celles qui s’ouvrent avant la home page et couvrent l’intégralité de l’écran, et toutes les autres publicités intempestives.

Un adblocker par défaut

Ça, c’est pour la théorie, dans la pratique, la manière de mettre en œuvre cette fonctionnalité est encore en débat. L’une des options avancées est de bloquer toute publicité présente sur un site web, même si seulement l’une d’entre elles est jugée illicite, ce qui obligerait les éditeurs à mettre toutes les annonces aux normes. L’autre option prévoit de bloquer simplement les publicités incriminées. Mais rien n’indique quelle solution sera privilégiée par Google, indique The Verge, Mountain View n’a pas souhaité s’exprimer sur le sujet.

Ce revirement n’est pas nouveau et Google – qui étudie la question depuis plusieurs mois – n’en a pas la primeur. Alertée par l’adoption toujours plus galopante des adblockers, l’industrie de la pub en ligne (IAB) a fait son mea culpa, concédant sa part de responsabilité dans ce phénomène irrésistible.

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Prévenir plutôt que guérir

Confrontés à la prolifération des bloqueurs de publicités, certains médias ont opté pour la manière forte, en coupant l’accès à leur contenu tant que l’internaute n’avait pas désactivé son adblocker, d’autres ont opté pour la conciliation. Ainsi, plusieurs médias français et étrangers proposaient des abonnements à prix réduits ou un bloqueur alternatif, comme My AdFilter (un seul format publicitaire, non intrusif par page), à l’instar du groupe Prisma Media – Voici, Gala, Télé Loisirs et Vice France depuis peu.

Ce n’est pas la première fois que le moteur californien prend les devants face aux pratiques publicitaires qu’il juge nuisibles pour son business et l’internaute. Avec cette initiative, Google tente de reprendre la main sur un phénomène susceptible de lui nuire. La firme s’assure que les internautes privilégient son outil et pas un logiciel bloqueur de pub concurrent, tout en ayant la main sur les critères définissant une publicité « acceptable » ou non.

Publicité acceptable autrefois définit par Eyeo, société éditrice d’Adblock Plus, qui a depuis ajouté une corde à son arc : la vente de publicité. La boucle est bouclée !

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