Selon une étude, les habitants de l’Egypte ancienne n’ont pas grand-chose à voir avec ceux de l’Egypte d’aujourd’hui

Science

Par Pierre le

L’histoire humaine, c’est avant tout une histoire de migrations, de conquêtes, de mélanges génétiques. Difficile alors de savoir exactement à quoi ressemblaient les habitants d’anciennes civilisations, comme les égyptiens. Une équipe de chercheurs allemands a trouvé une méthode pour étudier la chose, une méthode scientifique qui pourrait apporter de grandes avancées dans le domaine de l’archéologie.

La Momie (1999)

A la recherche des anciens égyptiens

En effet, des chercheurs de l’institut Max Planck à Iénia et de l’université de Tubingen ont étudié l’ADN de 151 momies et en ont conclu une chose : les anciens égyptiens n’ont pas grand-chose à voir avec les égyptiens actuels. L’étude publiée dans Nature Communication indique en effet que les anciens égyptiens sont en réalité plus proches génétiquement des habitants actuels de pays du proche-orient comme Israël, la Jordanie ou le Liban, de la Turquie, voire de l’Euope.

L’ancienne Egypte, c’est plus de 3000 ans d’histoire, dont on acte généralement la fin soit à la période ptolémaïque (après la conquête d’Alexandre au IV siècle avant JC) soit à l’annexion de la région par l’Empire Romain (30 avant JC). Une longue période, donc, pendant laquelle se sont succédé nombre de dynasties, de régimes, mais également de migrations. Migrations qu’ont étudié les scientifiques avec la génétique.

L’équipe allemande a voulu en savoir plus et a réalisé des prélèvements sur 151 momies. Des momies découvertes au cours du XXème siècles et qui ont vécu (avant d’être des momies, qu’on soit bien d’accord) entre 1388 avant JC (Nouvel Empire, XVIIIe dynastie) et 426 après JC (haut moyen-âge). Ainsi, ils ont pu constater l’évolution de la génétique chez les anciens égyptiens. Surprise : la génétique égyptienne n’a connu que peu de changements en 1300 ans. Deuxième surprise : la civilisation égyptienne n’a connu que peu d’apport des civilisations sub-sahariennes au niveau de la génétique avant le premier millénaire après JC. Ainsi, ils se rapprochent génétiquement des Jordaniens ou des Libanais actuels, voire des Turcs ou des Européens.

Le fait que la génétique égyptienne soit restée stable pendant ces trois millénaires est d’autant plus étonnant que le pays est au carrefour de trois continents et représentait un pôle commercial d’importance dans l’Antiquité.

Les dix commandements (1956)

Les scientifiques ont également analysé le génome de 100 Égyptiens actuels ainsi que 125 Éthiopiens à titre de comparaison et génétiquement parlant, ils se montrent éloignés des antiques égyptiens. Le Professeur Johannes Krause explique qu’en réalité, la population égyptienne n’a été influencée par des migrations d’origine sub-saharienne seulement ces 1500 dernières années. Le professeur explique également qu’il reste maintenant à découvrir d’où viennent les anciens égyptiens, et ce sera une autre paire de manches, étant donné que trouver des restes bien conservés sera un défi.

La science à l’aide de la génétique ?

Si l’étude est intéressante, il ne faut pas forcément la prendre pour argent comptant. Comme l’expliquent les scientifiques, les 151 momies ont beau couvrir une période de 1300 ans d’histoire, elles ne proviennent que d’un seul site : à 100 kilomètres au sud du Caire. Ainsi, elles peuvent ne pas être représentatives des populations d’Egypte ancienne.

Néanmoins, la recherche est une avancée, car c’est la première fois que la génétique de momies est étudiée à une si grande ampleur. De plus, les scientifiques ont longtemps jugé que l’étude génétique sur des cadavres datant de plus de 2000 ans était impossible. Finalement, l’équipe a pu étudier les tissus restants compris dans les dents ou les os.

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