J’ai passé une éprouvante journée avec le nouveau Nokia 3310 (et c’était très long)

Général

Par Elodie le

Son retour annoncé par HMD lors du dernier MWC de Barcelone a autant intrigué qu’excité les foules (de hipster). Flagship phare du début des années 2000, vénéré pour sa solidité et son fameux jeu « Snake », le 3310 va-t-il s’offrir une résurrection glorieuse ou accuse-t-il son âge même passé le filtre d’un relooking version 2017 ? J’ai passé une journée avec le 3310 (et c’est déjà beaucoup).

Lorsque le 3310 est arrivé au bureau, je suis retournée sur les bancs du collège et du lycée. Mes premiers pas « mobile », c’est sur le Ola d’Itineris/Alcatel (ma cabine téléphonique était jaune) que je les ai effectués, avant de migrer sur ce qui deviendra LE mobile culte de Nokia. Mon favori à l’époque.

9h : j’ouvre sa petite boite carrée joliment pop art, esprit 90’s. À l’intérieur, le téléphone, son chargeur et des écouteurs, ni plus, ni moins. Première prise en main : il est léger, avec ses 79,6 grammes. Beaucoup plus que mon iPhone 5C (132 g). De jolis bords arrondis, un écran plus grand que le précédent et en couleurs.

9h15 : première difficulté au moment de détacher la coque pour insérer ma carte SIM. Je ne sais plus comment l’ouvrir sans risquer de la briser en deux. Elle me résiste, mais pas ma manucure. Après plusieurs essais infructueux, j’ai enfin chopé le coup de main et le boitier s’ouvre sans grande difficulté.

9h30 : Les difficultés ne sont pas derrière moi. C’était sans compter l’insertion de la carte SIM. Grand moment de solitude en tentant de rentrer une carte nano-SIM dans un lecteur de carte SIM prévu pour une micro-SIM. Epic Fail.

9h55 : mon adaptateur de carte SIM en main, j’essaie tant bien que mal de l’introduire dans le lecteur prévu à cet effet. Une catastrophe qui érodera ma patience : la SIM se désolidarise de l’adaptateur et bloque sur le pavé du lecteur. Mathieu, du Buzz, vient à la rescousse sans plus de résultat. Après, dix bonnes minutes Gaël réussit enfin à l’insérer. Dommage que Nokia n’a pas pensé à placer un lecteur de carte SIM mobile comme il en existe sur d’autres téléphones.

La persévérance

10h20 : habituée à allumer mon téléphone d’une simple pression, le 3310 nécessite une loooooongue pression sur la touche Power avant de s’allumer. Je fouille un peu le menu qui comprend 24 onglets, sans trouver grand chose à y faire, si ce n’est les réglages de bases (heure, date, sonnerie, réveil, etc.).

11h : je reçois mon premier SMS et retrouve ma dextérité et cette furieuse envie d’écrire en abrégé lorsqu’il s’agit de répondre depuis le pavé numérique. J’ai 16 ans ! L’occasion aussi de me rendre compte qu’aucun de mes contacts ne se trouve dans le téléphone. Je vais dans les paramètres, demande à ce qu’ils soient copiés depuis la carte SIM : impossible, aucun contact trouvé. Bon, à l’ancienne, je vais devoir faire marcher ma mémoire. Aujourd’hui, qui retient les numéros de ses contacts ? Je n’en connais que trois sur le bout des doigts. Dilemme : répondre à un appel sans connaitre l’appelant… ou laisser sonner.

La suite de la journée sera bien longue : aucune notification, pas de possibilité d’aller sur Instagram ou de consulter mes mails. Les réflexes ayant la vie dure, je regarde machinalement du côté de mon téléphone à tout moment : non, toujours pas de notifications.

Alors oui, le 3310 version 2017 permet effectivement d’aller sur internet, mais certainement pas d’y surfer, plutôt d’y faire une brasse coulée. Il faut s’armer de patience pour ouvrir une page, il est possible de faire pivoter l’écran pour afficher les pages web en mode paysage (*#). Le clavier permet également de faire défiler les pages plus rapidement (2/4/6/8).

Lecture d’un article du JDG sur le Nokia 3310

Opera Mini est le software installé sur Nokia 3310, avec Adblocker intégré semble-t-il et encore heureux, sinon il faudrait attendre des heures avant qu’une page web s’affiche.

L’Opera Mobile Store

16h : je me décide à fouiller l’Opera Mobile Store à la recherche d’une application à installer. Pas de Twitter, Facebook & Co, mais des jeux, et des jeux, en majorité. J’abandonne et file user le Snake espérant retrouver le Snake de mon adolescence.

Peine perdue, lui aussi a été relooké, par Gameloft en l’occurrence. Dans mon souvenir, le serpent se maniait avec les 4 touches du clavier : 2,4,6 et 8, ici seuls le 4 et le 6 peuvent être utilisés, avec des directions inversées selon que le serpent se trouve au-dessus ou en dessous des briques situées au centre de l’écran. Tout fout le camp, je suis perdue !

18h : je prends quelques photos en sortant du travail, mais avec 16Mo de mémoire, je ne vais pas bien loin. Retour du téléphone dans le sac.

Bref, j’ai passé une journée à côté d’un téléphone qui sert à téléphoner et à envoyer des messages. Parfait pour ceux qui voudraient faire une cure de désintoxication (internet lent, aucune application récente). Impossible de regarder ses mails, Instagram, ou Twitter avant de s’endormir. Le droit à la déconnexion fait téléphone !

24 heures plus tard, avant de retrouver 2017, un petit crash test était de rigueur pour éprouver la solidité de ce nouveau Nokia 3310. La coque plastique et la légèreté du téléphone ne laissaient rien augurer de bon, et pourtant. Maintes fois mis à terre du haut de mes 1m63, pas une égratignure, le téléphone fonctionne parfaitement.

En revanche, lancé du premier étage de la rédaction, soit de trois mètres environ, le 3310 a souffert. Un peu. La coque et la batterie se sont désolidarisées et la bordure supérieure de l’écran est désormais abimée. Mais une fois les éléments remis à leur place, le téléphone s’allume sans problème et est reparti comme en 40. Je n’ose imaginer l’état de mon 5C après pareille chute.

Trentenaire nostalgique, passez votre chemin, la bête risque de vous décevoir, sauf si vous désirez un téléphone qui ne sert qu’à téléphoner. Aujourd’hui, j’avoue qu’il est difficile de s’en contenter.