Le bras de fer continue entre l’État et les opérateurs pour mettre toute la France à l’ère du numérique

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Par Perrine.s le

2020, la France sera couverte par le (très) haut débit, du moins c’est ce dont rêve le pouvoir en place à l’heure actuelle. Pour réussir cette mission, les forces étatiques et celles des opérateurs devront évidemment être soudées, ce qui n’est pas encore au point.

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Promesse de campagne de notre nouveau président, la lutte contre les inégalités d’accès au numérique reste un objectif prioritaire qu’il souhaite remplir avant la fin de son mandat. À l’occasion de la Conférence nationale des territoires qui s’est tenue au Sénat lundi 17 juillet, le projet de couverture intégrale de la France en haut et très haut débit a été réaffirmé. Bien que 2022 était la première date butoir du plan « Très haut débit », Emmanuel Macron a choisi d’accélérer le processus pour l’abaisser ambitieusement à 2020. L’objectif étant d’amener la fibre optique sur 80% du sol français et pour les 20% restants, via d’autres moyens tels que la 4G.

Pour réussir cette mission, dans le prolongement des plans initiés par les précédents gouvernements, l’État doit évidemment s’appuyer sur les opérateurs téléphoniques. C’est pourquoi il leur a été demandé de donner leurs propositions pour mettre fin au problème le 31 juillet. Solutions qui devront également comprendre une cartographie précise des zones déficitaires.

Adieu les zones blanches

Si tout se déroule comme prévu entre les différents acteurs du projet, les zones blanches devraient être un lointain souvenir. Elles concernent quand même 15% de la population française et d’après les calculs de Jacques Mézard, ministre de la cohésion des territoires, cela nécessitera la construction de 10 000 poteaux pour déployer la 4G. Certaines zones n’ayant pas suffisamment de structures suffisamment élevées comme des châteaux d’eau ou pylônes, qui accueillent d’ordinaire le matériel.

Une menace de cafouillage plane

En plus de faire des zones blanches un épisode anecdotique, le plan haut débit entend agrandir la couverture de la fibre. Orange s’étant engagé avec SFR pour le faire respectivement à 90% et 10%. Mais leurs plans semblent trop optimistes pour être vrais aux yeux du Gouvernement, d’autant que SFR a surenchérit en déclarant qu’il planifiait de couvrir l’intégralité du territoire en très haut débit pour 2025, sans la participation des pouvoirs publics.

Entre l’appât et la cravache

Pour motiver les troupes, l’État a laissé entrapercevoir des éléments de négociations qui devraient plaire aux opérateurs. Notamment le renouvellement des fréquences mobiles, actuellement en négociation avec l’ARCEP (Autorité de Régulation des Communications Électroniques et des Postes). Si les mots doux ne suffisent pas, Jacques Mézard dégainerait des armes dissuasives dont le menaçant « constat de carence », si les promesses de SFR et Orange n’étaient pas tenues. Il pourrait aller jusqu’à user de l’ultime ouverture à la concurrence, représentée par Bouygues et Free.

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